mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 janvier 2021, 2 avril 2021 et 24 juin 2021, M. C B et Mme F A, représentés par Me Marcilly, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 17 novembre 2020 les rendant redevables d'une astreinte administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne pour leur immeuble sis 111-111bis, rue du Faubourg des Postes à Lille ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;
- il est dénué de base légale ;
- il est entaché d'erreur de fait.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 février 2021, 4 juin 2021 et 30 décembre 2021, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Féménia ;
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public ;
- et les observations de Me Dantec substituant Me Marcilly, représentant M. B et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 juillet 2018, le préfet du Nord a déclaré insalubre, avec possibilité d'y remédier, l'immeuble comportant dix logements, sis 111-111bis, rue du Faubourg des Postes à Lille (Nord), appartenant à M. C B et à Mme F A et fixé la liste des travaux à réaliser, à une échéance fixée au 1er septembre 2019. Du fait de l'absence d'exécution des mesures prescrites, le préfet du Nord a, par arrêté du 17 novembre 2020, rendu les requérants redevables d'une astreinte administrative journalière d'un montant de 50 euros par jour et par logement, jusqu'à réalisation complète des mesures prescrites. Par leur requête, M. B et Mme A demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1331-28 du code de la santé publique, dans sa rédaction en vigueur à la date d'édiction de l'arrêté contesté : " () II.-Lorsque la commission ou le haut conseil conclut à la possibilité de remédier à l'insalubrité, le représentant de l'Etat dans le département prescrit par arrêté les mesures adéquates ainsi que le délai imparti pour leur réalisation sur avis de la commission ou du haut conseil et prononce, s'il y a lieu, l'interdiction temporaire d'habiter et, le cas échéant, d'utiliser les lieux. / Ces mesures peuvent comprendre, le cas échéant, les travaux nécessaires pour supprimer le risque d'intoxication par le plomb prévus par l'article L. 1334-2 ainsi que l'installation des éléments d'équipement nécessaires à un local à usage d'habitation, définis par référence aux caractéristiques du logement décent. / () V.-L'arrêté d'insalubrité prévu au premier alinéa des I et II précise que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, le propriétaire est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 1331-29-1. ". Aux termes de l'article L. 1331-29-1 de ce code, dans sa version alors en vigueur : " I.-Si les mesures et travaux prescrits par les arrêtés, mises en demeure et injonctions prévus aux articles L. 1331-22 à L. 1331-25 et L. 1331-28 n'ont pas été réalisés à l'expiration du délai fixé, les personnes à qui ils ont été notifiés sont redevables d'une astreinte d'un montant maximal de 1 000 € par jour de retard. L'astreinte est prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département. Son montant est modulé en tenant compte de l'ampleur des mesures et travaux prescrits et des conséquences de la non-exécution. / () III.-L'astreinte court à compter de la date de notification de l'arrêté la prononçant et jusqu'à la complète exécution des mesures et travaux prescrits. () ".
3. Le recours dont dispose le propriétaire d'un immeuble contre la décision par laquelle l'autorité préfectorale déclare un immeuble insalubre et prescrit la réalisation de travaux en application des dispositions des articles L. 1331-26 et suivants du code de la santé publique est un recours de pleine juridiction. Il appartient dès lors au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue.
4. En premier lieu, par un arrêté du 23 octobre 2020, régulièrement publié, le préfet du Nord a donné délégation à M. H D, sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de la région Hauts-de-France, préfet de la zone de défense et de sécurité Nord, préfet du Nord, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que par courrier du 5 octobre 2020, le service communal d'hygiène et de santé de la ville de Lille, après avoir relevé que la mise en demeure notifiée à M. B le 7 juin 2019 était restée sans réponse, a informé l'intéressé de la survenue prochaine, suite à la décision du comité de suivi des arrêtés préfectoraux d'insalubrité de l'arrondissement de Lille, du prononcé d'une astreinte administrative sur les travaux exigés par l'arrêté du 6 juillet 2018. Dans son courrier en réponse, notifié le 19 octobre 2020, M. B a entendu expliquer les causes de la non-réalisation des travaux, faisant valoir des problèmes financiers. Dans ces circonstances, les requérants ne sauraient se prévaloir de n'avoir pu faire valoir leurs observations préalablement à la prise de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne saurait prospérer.
6. En troisième lieu, si l'arrêté litigieux vise les article L. 1331-28 et L. 1331-29 du code de la santé publique, il ne fait pas mention de l'article L. 1331-29-1 qui, à compter du 1er mars 2019 et jusqu'à son abrogation au 1er janvier 2021, prévoyait seul la possibilité, pour le représentant de l'État dans le département, de prononcer une astreinte pour l'exécution des mesures prescrites sur le fondement de l'article L. 1331-28 du même code. Toutefois, il résulte de l'instruction que les différences rédactionnelles entre les dispositions applicables de l'article L. 1331-29-1 et celles de l'article L. 1331-29, dans sa rédaction résultant de la loi du 27 janvier 2017 et antérieure au 1er mars 2019 sont, dans les circonstances de l'espèce, dénuées de conséquences, dès lors, notamment, que l'astreinte a été prononcée postérieurement à l'expiration du délai fixé par l'arrêté d'insalubrité remédiable du 16 juillet 2018. Par suite, cette omission doit être regardée comme une erreur matérielle sans incidence sur la base légale qui en constitue le fondement et, partant, sur sa légalité.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que dans le courrier du 5 octobre 2020 mentionné au point 5, le service communal d'hygiène et de santé de la ville de Lille a relevé qu'à cette même date, deux personnes qui occupaient l'immeuble à la date de l'arrêté d'insalubrité, M. G et M. E, étaient toujours hébergés par la ville de Lille et n'avaient pas résilié leurs baux de location. Dans sa lettre de réponse du 19 octobre 2020, M. B, qui se justifie sur la non-réalisation des travaux, ne conteste aucunement ce fait. Si, postérieurement, les requérants ont produit deux attestations de témoins du 9 février 2021, tendant à établir, pour la première, que M. G aurait remis en main propre les clés de son logement au propriétaire fin mai 2019 et, pour la seconde, que M. E aurait remis les clés de son logement à un mandataire le 1er octobre 2019, les faits allégués ne sauraient être tenus, en l'absence de tout commencement matériel de preuve, comme établis. Au surplus, il est versé au dossier une attestation contraire de M. E, selon laquelle il n'aurait jamais remis les clés aux propriétaires et les aurait toujours en sa possession. Enfin, s'il est constant que M. G a signé un bail locatif le 28 janvier 2021 et que, en ce qui concerne le logement qu'il occupait, l'astreinte cesse nécessairement à cette date, ce fait, s'il doit être pris en compte pour le calcul du montant de l'astreinte mis en recouvrement, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté dont les prescriptions, rédigées dans des termes généraux, trouvent toujours à s'appliquer. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. B et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme F A et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La présidente-rapporteure,
J. FÉMÉNIAL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
T. BOURGAU
La greffière,
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026