mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 janvier 2021 et 17 mai 2022, M. A C, représenté par Me Abrassart, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2020 par lequel le président du conseil départemental du Nord l'a suspendu de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre au département du Nord de se prononcer sur le bénéfice de la protection fonctionnelle dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 6 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas d'une gravité et d'une vraisemblance suffisantes pour justifier légalement l'arrêté attaqué dès lors qu'ils sont mensongers et dénotent une volonté de lui nuire dans un contexte de harcèlement moral ;
- la mesure de suspension est irrégulière dès lors qu'il se trouvait en situation de congé maladie et qu'il n'existait aucune urgence à le suspendre.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er octobre 2021 et le 30 juin 2022, le département du Nord, représenté par Me Fillieux, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département du Nord fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fillieux représentant le département du Nord.
Une note en délibéré, présentée pour M. C, a été enregistrée le 9 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est agent contractuel recruté par le département du Nord en 2017 pour durée indéterminée en qualité d'administrateur territorial hors classe afin d'exercer les fonctions de directeur au sein de la direction territoriale d'Avesnes-sur-Helpe. En août 2020, le département a été destinataire de quatre fiches de signalement dénonçant des agissements sexistes et des faits de harcèlement sexuel de la part de M. C. Par arrêté du 24 août 2020, il a fait l'objet d'une mesure de suspension à titre conservatoire et provisoire. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / (.) ".
3. La mesure provisoire de suspension prévue par ces dispositions législatives ne présente pas, par elle-même, un caractère disciplinaire mais est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
4. En premier lieu, pour prononcer la suspension de fonctions de M. Dheilly, le président du conseil départemental du Nord s'est fondé sur des signalements dont il a été destinataire en août 2020, émanant de quatre agentes dénonçant des agissements sexistes et des faits de harcèlement sexuel commis par M. C à l'occasion de l'exercice de ses fonctions de directeur au sein de la direction territoriale d'Avesnes-sur-Helpe. Il ressort de ces signalements que M. C est suspecté d'avoir eu des attitudes susceptibles de relever d'une qualification de harcèlement sexuel au sens de l'article 6 ter de la loi du 13 juillet 1983, selon lequel : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les faits : / a) Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; / b) Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers ". Trois des agentes ayant rédigé les signalements font état de propos et comportements déplacés de la part de l'intéressé, relatifs à leur physique, ainsi que d'avances sexuelles précises. La rédactrice du quatrième signalement indique pour sa part avoir été témoin de certains des comportements dénoncés par ses collègues. En outre, un des signalements est accompagné de captures d'écran d'échanges de messages venant étayer les faits dénoncés. Si le requérant conteste les accusations portées, en produisant notamment des attestations établies postérieurement à la décision attaquée, réfutant toute attitude déplacée de sa part, les faits dénoncés présentent, au regard des éléments ainsi exposés, un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant justifiant légalement la mesure de suspension prise. Enfin, la double circonstance que M. C se trouvait en congé de maladie au moment de sa suspension et que les agentes ayant dénoncé les faits auraient quitté la direction territoriale de l'Avesnois entre temps n'est pas de nature à rendre la mesure inutile dès lors, d'une part, que le département ne pouvait connaître la date à laquelle le requérant reprendrait le travail et que, d'autre part, la suspension visait à prévenir la réitération de tels comportement de la part de l'intéressé, y compris à l'égard d'autres agents que ceux concernés à l'origine, et à préserver le fonctionnement normal du service.
5. En second lieu, il résulte des dispositions rappelées au point 4 que la mesure de suspension provisoire est uniquement prise dans l'intérêt du service afin d'écarter temporairement un agent, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. La circonstance selon laquelle l'agent concerné est en congé maladie ne saurait faire obstacle à la mesure, qui n'entre alors en vigueur qu'à compter de la date à laquelle le congé maladie prend fin, sa durée étant toutefois décomptée à partir de la signature de la décision qui la prononce.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 août 2020 par lequel le président du conseil départemental du Nord a prononcé sa suspension. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département du Nord, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. C demande au titre des frais qu'il a exposés. Il y a lieu en revanche de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C la somme de 800 euros à verser au département du Nord au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera au département du Nord la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département du Nord.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. B
La présidente,
Signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
Signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026