mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 janvier et 20 septembre 2021, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 juin 2018 par laquelle Pôle emploi a refusé de renouveler ses droits à l'allocation de solidarité spécifique ;
2°) d'enjoindre à Pôle emploi de le rétablir dans ses droits à compter du mois de juin 2018 ;
3°) de condamner Pôle emploi à l'indemniser des préjudices subis en raison de l'illégalité de la décision du 20 juin 2018.
Il soutient que :
- Pôle emploi ne pouvait légalement refuser de renouveler ses droits à l'allocation spécifique de solidarité en l'absence de variation de ses revenus ;
- il a déclaré dans sa demande, dans la rubrique dédiée dénommée " Revenus et plus-values des professions non salariées " ses revenus qui ont le caractère de bénéfices industriels et commerciaux de type profession non salarié et qui ne doivent pas être pris en compte pour le calcul de ses droits ;
- il a subi en raison de l'illégalité de la décision un préjudice matériel ainsi que moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2021, Pôle emploi, représenté par Me Zimmermann, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et par suite, irrecevable ;
- conformément à l'article R. 5423-2 du code du travail, les revenus des locations meublées de M. C, avant abattement, devaient être pris en compte pour déterminer ses droits à l'allocation de solidarité spécifique.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Michel, conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été admis au bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique et a été indemnisé jusqu'au 29 juin 2018. Par un courrier du 20 juin 2018, Pôle emploi a refusé de renouveler les droits de M. C à l'allocation de solidarité spécifique. Par la présente requête, M. C demande au tribunal, d'une part, l'annulation de la décision du 20 juin 2018, d'autre part, d'enjoindre à Pôle emploi de lui verser ses droits à l'allocation de solidarité spécifique à compter de juin 2018 et enfin de condamner Pôle emploi à l'indemniser des préjudices subis en raison de l'illégalité de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable à la date à laquelle M. C aurait pu se voir ouvrir le droit à l'allocation : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance ou à l'allocation de fin de formation prévue par l'article L. 5423-7 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources ". Selon l'article R. 5423-1 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, les personnes mentionnées à l'article L. 5423-1 : / [] 3° Justifient, à la date de la demande, de ressources mensuelles inférieures à un plafond correspondant à soixante-dix fois le montant journalier de l'allocation pour une personne seule et cent-dix fois le même montant pour un couple ". En vertu de l'article R. 5423-2 du même code : " Les ressources prises en considération pour l'application du plafond prévu au 3° de l'article R. 5423-1 comprennent l'allocation de solidarité ainsi que les autres ressources de l'intéressé et, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, telles qu'elles doivent être déclarées à l'administration fiscale pour le calcul de l'impôt sur le revenu avant déduction des divers abattements. Toutefois ces dispositions ne s'appliquent pas lorsque le conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin du demandeur est dirigeant d'une entreprise entrant dans le champ d'application de l'article 50-0 du code général des impôts. Le montant pris en compte est le douzième du total des ressources perçues pendant les douze mois précédant celui au cours duquel la demande a été présentée. ". Enfin, l'article R. 5423-3 de ce code, dans sa rédaction applicable à la date à laquelle M. C aurait pu se voir ouvrir le droit à l'allocation , dispose que : " Ne sont pas prises en compte pour la détermination du droit à l'allocation de solidarité spécifique, les ressources suivantes : 1° L'allocation d'assurance précédemment perçue par l'intéressé ; 2° La majoration de l'allocation de solidarité ; 3° Les prestations familiales ; 4° La prime exceptionnelle de retour à l'emploi instituée par le décret n° 2005-1054 du 29 août 2005 créant une prime exceptionnelle de retour à l'emploi en faveur de certains bénéficiaires de minima sociaux ; 5° La prime de retour à l'emploi instituée par l'article L. 5133-1 ; 6° Les primes forfaitaires instituées respectivement par les articles L. 5425-3 du présent code, L. 262-11 du code de l'action sociale et des familles et L. 524-5 du code de la sécurité sociale ; 7° L'allocation de logement prévue aux articles L. 831-1 et suivants du code de la sécurité sociale. ".
3. Il résulte de ces dispositions combinées que doivent être prises en compte les ressources du bénéficiaire de l'allocation et de son conjoint ou concubin telles qu'elles doivent être déclarées à l'administration fiscale pour le calcul de l'impôt sur le revenu avant déduction des divers abattements.
4. Il résulte de l'instruction que pour rejeter la demande formée par M. C de lui accorder le renouvellement de ses droits à l'allocation de solidarité spécifique, le directeur de l'agence Pôle emploi de Hem s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne remplissait pas la condition de ressources dès lors que la moyenne mensuelle des ressources déclarées, comprenant ses revenus professionnels et fonciers, pour les douze derniers mois précédant sa demande s'élevaient à 1 199,83 euros et dépassaient ainsi le plafond de 1 153,60 euros fixé conformément aux dispositions précitées du 3° de l'article R. 5423-1 du code du travail. Contrairement à ce que soutient M. C, il résulte de l'instruction, et notamment de l'avis d'imposition sur les revenus de 2017 produit à l'instance, que les revenus constituant des bénéfices industriels et commerciaux de type profession non salarié, à l'instar des revenus fonciers, constituent des ressources déclarées à l'administration fiscale et entrent, par suite, conformément aux dispositions citées au point 2, avant déduction des divers abattements, dans le calcul des ressources à prendre en compte pour déterminer les droits de l'allocataire à l'allocation de solidarité spécifique. En outre, le requérant, qui ne bénéficie pas d'un droit acquis au renouvellement de ses droits à l'allocation de solidarité spécifique, n'établit ni l'existence de déficits enregistrés en matière de bénéfices industriels et commerciaux ni l'absence de variation de ses revenus les années précédant la décision litigieuse. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions précitées que le directeur de l'agence Pôle emploi de Hem a refusé de renouveler les droits de M. C au bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 juin 2018 par laquelle Pôle emploi a refusé à M. C de renouveler ses droits à l'allocation de solidarité spécifique doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions tendant à enjoindre à Pôle emploi de rétablir le requérant de ces droits à compter du mois de juin 2018.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Faute d'illégalité entachant la décision du 20 juin 2018 refusant de renouveler les droits de M. C à l'allocation de solidarité spécifique, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant et tendant à ce que Pôle emploi l'indemnise des préjudices subis en raison de l'illégalité de cette décision doivent, sans qu'il y ait besoin d'examiner leur recevabilité, être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Pôle emploi présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
C. VIEILLARD
La République mande et ordonne ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026