mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 janvier 2021, 29 novembre 2021 et 6 janvier 2023, M. C A E, représenté par Me Garcia-Mora, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle Pôle emploi a rejeté son recours formé le 29 novembre 2020 à l'encontre de la décision du 15 octobre 2020 par laquelle le directeur de Pôle emploi lui a notifié son intention de recouvrer la somme de 2 800,87 euros correspondant à un indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
2°) de condamner Pôle Emploi à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice financier qu'il a subi ;
3°) de mettre à la charge de Pôle Emploi une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 15 octobre 2020 est entachée d'illégalité dès lors qu'entre les mois de septembre 2019 et décembre 2020 il n'a exercé aucune activité professionnelle. S'il a conclu un contrat de portage salarial à durée indéterminée le 6 janvier 2019, l'entreprise de portage ne lui a adressé aucune proposition. Ses déclarations mentionnant qu'il était à la recherche d'un emploi correspondaient alors à sa situation professionnelle ;
- s'agissant de la période allant de janvier 2019 à mai 2019, ayant travaillé seulement quelques heures, il pouvait cumuler ses revenus avec l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Dès lors, ses droits d'allocation au retour à l'emploi ne devaient pas être décalés ni le versement de l'ASS ;
- les retenues auxquelles a procédé Pôle emploi lui ont engendré un préjudice financier.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 février 2021 et 14 décembre 2021, Pôle emploi, représenté par Me Zimmermann, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. A E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
M. A E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2021.
Les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par M. A, faute d'avoir été précédées d'une demande préalable d'indemnisation, selon les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Une réponse au moyen d'ordre public, enregistrée le 30 décembre 2022, a été présentée pour M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Bruneau, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E, ayant épuisé ses droits d'ARE a été admis au bénéfice de l'ASS, à compter du 27 décembre 2019. Après avoir constaté que l'intéressé avait omis de déclarer son activité professionnelle en janvier, février, mars et mai 2019 au titre de périodes également indemnisées par l'ARE et à compter de juin 2020 alors même qu'il était indemnisé par l'ASS, Pôle emploi lui a notifié, par un courrier du 15 octobre 2020, un trop-perçu d'ASS d'un montant de 2 800,87 euros au titre de la période allant de 27 décembre 2019 au 30 septembre 2020 et l'a mis en demeure le 21 décembre 2020 de s'acquitter de cette dette. M. A E a formé, conformément à l'article R. 5426-19 du code du travail, un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cet indu. En l'absence de réponse de Pôle emploi, par la présente requête, M. A E doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation la décision implicite rejetant son recours à l'encontre de la décision du 15 octobre 2020 et la condamnation de Pôle emploi à l'indemniser des préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. " Aux termes de l'article R. 5423-1 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, les personnes mentionnées à l'article L. 5423-1 : 1° Justifient de cinq ans d'activité salariée dans les dix ans précédant la fin du contrat de travail à partir de laquelle ont été ouverts leurs droits aux allocations d'assurance. () ; / 2° Sont effectivement à la recherche d'un emploi au sens de l'article L. 5421-3, sous réserve des dispositions de l'article R. 5421-1 ; / 3° Justifient, à la date de la demande, de ressources mensuelles inférieures à un plafond correspondant à 70 fois le montant journalier de l'allocation pour une personne seule et 110 fois le même montant pour un couple. ". Aux termes de l'article, R. 5423-2 de ce code : " Les ressources prises en considération pour l'application du plafond prévu au 3° de l'article R. 5423-1 comprennent l'allocation de solidarité ainsi que les autres ressources de l'intéressé et, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, telles qu'elles doivent être déclarées à l'administration fiscale pour le calcul de l'impôt sur le revenu avant déduction des divers abattements. Toutefois ces dispositions ne s'appliquent pas lorsque le conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin du demandeur est dirigeant d'une entreprise entrant dans le champ d'application de l'article 50-0 du code général des impôts () Le montant pris en compte est le douzième du total des ressources perçues pendant les douze mois précédant celui au cours duquel la demande a été présentée () ".
3. Le requérant soutient qu'au cours de la période allant du 27 décembre 2019 au 30 septembre 2020, il a exercé une activité professionnelle seulement au cours des mois de janvier, février, mars et mai 2019 et que bien qu'ayant conclu un contrat de portage salarial à durée indéterminée le 9 janvier 2019, son employeur ne lui ayant proposé aucun travail, il n'a perçu aucune rémunération, à compter de juin 2019.
4. Il est constant que M. A E a conclu un contrat de portage à durée indéterminée le 9 janvier 2019 et qu'il a perçu des revenus pour les mois de janvier, février, mars et mai 2019. Il résulte de l'instruction que M. A E a bénéficié de l'ARE à compter du 11 novembre 2017 pour une période indemnisable fixée à 773 jours, puis de l'ASS à compter du 27 décembre 2017. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A E a exercé une activité professionnelle rémunérée par la société à responsabilité limitée Ventoris consulting entre les mois de janvier et mai 2019. Ainsi, M. A E ayant perçu des salaires pour une durée de 51 jours, n'avait pas épuisé ses droits à l'ARE au 26 décembre 2019. En raison de l'activité salariale non déclarée de M. A, ce qu'il ne conteste pas sérieusement, la date d'épuisement de ses droits à l'ARE, ont été reportés au 15 janvier 2020. Or, en application des dispositions de l'article L. 5423-1 du code du travail, l'ASS est versée aux travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits aux allocations d'assurance, et qui satisfont à des conditions d'activités antérieures et de ressources. Ainsi, M. A E ne pouvait prétendre au bénéfice de l'ASS entre le 27 décembre 2019 et le 15 janvier 2020.
5. En outre, aux termes de l'article L. 1254-1 du code du travail : " Le portage salarial désigne l'ensemble organisé constitué par : / 1° D'une part, la relation entre une entreprise dénommée " entreprise de portage salarial " effectuant une prestation et une entreprise cliente bénéficiant de cette prestation, qui donne lieu à la conclusion d'un contrat commercial de prestation de portage salarial ; / 2° D'autre part, le contrat de travail conclu entre l'entreprise de portage salarial et un salarié désigné comme étant le " salarié porté ", lequel est rémunéré par cette entreprise. ". Le III de l'article L. 1254-2 du même code dispose que " L'entreprise de portage n'est pas tenue de fournir du travail au salarié porté. ". Par ailleurs, le deuxième alinéa de l'article 17.2 de la convention collective de branche des salariés en portage salarial du 22 mars 2017 stipule que : " Le contrat est établi par écrit avec la mention " contrat de travail de portage salarial à durée indéterminée ". Lorsque le contrat ne précise pas une telle mention, il est présumé conclu pour une durée indéterminée. Dans ce cas, l'employeur ne peut pas se prévaloir de la règle de l'absence de rémunération pour les périodes sans prestations. ". En outre, aux termes de l'article 22.2 de la même convention : " En l'absence de prestation à réaliser, le contrat de travail est suspendu. / Pendant cette période, sauf demande contraire du salarié porté, une indemnité peut être versée selon ce que permet le compte d'activité du salarié porté. / Dès lors afin d'éviter que le salarié porté se trouve sans ressource le temps de trouver une nouvelle mission, celui-ci peut bénéficier d'une allocation prospection dans la limite maximale de 3 mois, sauf demande contraire du salarié, prise en charge sur la réserve établie à cet effet sur le compte d'activité du salarié porté. Son montant mensuel sera au moins égal à 1 journée () ".
6. Il résulte de l'instruction que M. A E a déclaré auprès de Pôle emploi être à la recherche d'un emploi au cours des mois de décembre 2019 puis de juin 2020 à décembre 2020 alors même, ainsi qu'il a été dit plus haut, qu'il a conclu un contrat de portage salarial à durée indéterminée le 9 janvier 2019. S'il soutient que cette activité ne lui a procuré sur ces périodes aucune rémunération en l'absence de travail fourni par l'entreprise de portage, il résulte des stipulations de la convention de branche que pendant les périodes d'inactivité, le contrat de travail est suspendu et le salarié bénéficie, sauf s'il s'y oppose, du versement d'une allocation en cas de non-prestation. Il ne résulte pas de l'instruction que M. A E ait refusé de bénéficier de cette indemnité. Il s'ensuit que ce dernier, titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, ne peut pas être regardé comme étant un travailleur privé d'emploi au sens des dispositions de l'article L. 5423-1 du code du travail pour la période allant de juin à septembre 2020. Ainsi, le requérant ne pouvait pas légalement bénéficier de ses droits à l'ASS sur cette période.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite rejetant son recours préalable formé contre la décision du 15 octobre 2020 par laquelle le directeur de Pôle emploi lui a notifié un indu de 2 800,87 euros correspondant à un indu d'allocation de solidarité spécifique. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'indemnisation.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Pôle emploi, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A E la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A E la somme demandée par Pôle emploi au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens présentés sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de A E est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A E et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
M. D
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026