mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT D'ARMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Clément, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 février 2020 par laquelle le directeur de la direction territoriale de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) à Lille a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre l'OFII de procéder au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil à compter de la date de la décision litigieuse, à savoir le 26 février 2020, de procéder au versement des sommes non perçues depuis cette date et de lui fournir un hébergement adapté à ses besoins ;
3°) à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure par méconnaissance des dispositions de l'article R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a informé l'OFII de son état de santé par la remise du formulaire médical confidentiel dédié mais qu'aucun avis n'a été émis par un médecin de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023, le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 23 novembre 2020.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet 2023 par une ordonnance du 22 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fabre a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 3 octobre 1996 au Sénégal, de nationalité sénégalaise, a déposé une demande d'asile en préfecture du Nord le 11 avril 2019 et, le même jour, a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII, bénéficiant ainsi des conditions matérielles d'accueil. Après avoir fait l'objet, le 18 juin 2019, d'un arrêté de transfert aux autorités italiennes, responsables de sa demande d'asile, décision confirmée par un jugement du tribunal administratif de Lille en date du 17 juillet 2019, devenu définitif, il ne s'est pas présenté le 21 janvier 2020 à la convocation qui lui avait été remise en main propre le 16 décembre 2019 pour la remise de la feuille de route précisant ses modalités de transfert, ni le 22 janvier 2020 à l'embarquement du vol devant le transférer en Italie. Il a été déclaré en fuite par la préfecture du Nord le 22 janvier 2020. Par une décision du 26 février 2020, dont le requérant demande l'annulation, le directeur territorial de l'OFII de Lille a suspendu ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 744-14, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté en défense, que M. A a adressé un pli médical confidentiel au médecin coordonnateur de l'OFII le 2 juillet 2019 pour attester de ses difficultés de santé. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces documents auraient été examinés par un médecin de l'OFII, alors que l'avis médical produit en défense a été rédigé en réponse d'une demande d'avis médical en date du 2 avril 2021, soit postérieure de près d'un an à la décision attaquée. Par suite, le requérant, qui a été privé d'une garantie, est fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que la décision du 26 février 2020 prise par le directeur territorial de l'OFII de Lille à l'encontre de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif seul retenu, le présent jugement implique seulement que l'OFII procède au réexamen de la situation de M. A. Il y a lieu de fixer à l'OFII pour ce faire un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Clément, conseil de M. A, renonce au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Clément de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 février 2020 par laquelle le directeur territorial de l'OFII de Lille a suspendu les conditions matérielles d'accueil de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFII versera à Me Clément, conseil de M. A, une somme de 1 000 (mille) euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Clément.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
X. FABRE
L'assesseur le plus ancien,
Signé
X. LARUE
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026