mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier 2021 et 17 mai 2022, M. A C, représenté par Me Abrassart, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département du Nord sur sa demande formulée le 11 septembre 2020 de se voir accorder la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au département du Nord de se prononcer sur le bénéfice de la protection fonctionnelle dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 6 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- il a été victime, à travers les signalements dont il a fait l'objet en août 2020 mais également en raison des conditions de mise en œuvre de l'enquête interne dont il a fait l'objet, de la décision de licenciement dont il a fait l'objet, de la décision de refus d'octroi d'un congé longue maladie dont il a fait l'objet, de l'absence de versement de la totalité de son traitement et de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'un trop-perçu de rémunération, de faits constitutifs de harcèlement moral ;
- la décision de refus de protection fonctionnelle est entachée d'une erreur de droit en ce que la situation de harcèlement moral dénoncée est avérée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er octobre 2021 et le 30 juin 2022, le département du Nord, représenté par Me Marcilly, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département du Nord fait valoir que :
- les conclusions en annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fillieux représentant le département du Nord.
Une note en délibéré, présentée pour M. C, a été enregistrée le 9 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est agent contractuel recruté par le département du Nord en 2017 pour durée indéterminée en qualité d'administrateur territorial hors classe afin d'exercer les fonctions de directeur au sein de la direction territoriale d'Avesnes-sur-Helpe. En août 2020, le département a été destinataire de quatre fiches de signalement dénonçant des agissements sexistes et des faits de harcèlement sexuel de la part de M. C. Par arrêté du 24 août 2020, il a fait l'objet d'une mesure de suspension à titre conservatoire et provisoire. Par courrier du 11 septembre 2020, il a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison de faits de harcèlement moral dont il s'estimait victime. Dans une requête, enregistrée le 14 janvier 2021 sous le numéro 2100271, M. C a sollicité l'annulation de l'arrêté du 24 août 2020 ainsi que l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle née le 15 janvier 2021. Invité par le greffe de la juridiction à régulariser son recours par la présentation de requêtes distinctes, M. C a déposé la présente requête par laquelle il demande l'annulation de la décision rejetant sa demande tendant à se voir accorder la protection fonctionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ". Aux termes de l'article 11 de cette loi, dans sa version alors en vigueur : " I. - A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / () ".
3. D'une part, ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
5. M. C soutient que les signalements dont il a fait l'objet en août 2020 de la part de quatre agentes de son service dénonçant des agissements sexistes et des faits de harcèlement sexuel de sa part à l'occasion de l'exercice de ses fonctions de directeur au sein de la direction territoriale d'Avesnes-sur-Helpe, constituent des déclarations mensongères s'inscrivant dans une démarche concertée visant à compromettre son avenir professionnel. Pour autant, l'affirmation peu circonstanciée selon laquelle les rédactrices des signalements ayant conduit à la décision de suspension dont M. C a fait l'objet n'auraient pas obtenu par le passé de sa part les avantages qu'elles attendaient, n'est étayée par aucune pièce produite par le requérant. En outre, si M. C entend contester tant la portée que la réalité des éléments évoqués dans ces plaintes, il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les éléments circonstanciés, précis et concordant figurant dans ces témoignages. Enfin, si M. C soutient que l'enquête administrative diligentée après les signalements, la décision de licenciement dont il a fait l'objet par arrêté du 27 mai 2021, ainsi que celle lui refusant l'octroi d'un congé longue maladie, et la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'un trop-perçu de rémunération, révèlent un exercice anormal du pouvoir hiérarchique caractérisant un " acharnement " de la part du département à son encontre, ces éléments sont tous postérieurs à la décision en litige lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle pour harcèlement moral et n'étaient pour cette raison pas évoqués dans la demande formulée auprès du département du Nord le 11 septembre 2020. En tout état de cause, la circonstance que l'employeur de M. C ait décidé de mettre en œuvre une procédure disciplinaire à son encontre et ait accompagné cette mise en œuvre des mesures de gestion statutaires en découlant n'est pas par elle-même de nature à caractériser un harcèlement moral au sens de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983.
6. Il résulte de ce qui précède que les éléments avancés par M. C ne sont pas susceptibles de laisser présumer qu'il aurait été victime d'agissements réitérés constitutifs de harcèlement moral.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département du Nord, que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle le président du département du Nord a refusé à M. C le bénéfice de la protection fonctionnelle doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction de se prononcer sur l'octroi de ladite protection.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département du Nord, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. C demande au titre des frais qu'il a exposés. Il y a lieu en revanche de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C la somme de 800 euros à verser au département du Nord au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera au département du Nord la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département du Nord.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. B
La présidente,
Signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
Signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026