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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2100925

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2100925

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2100925
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire de pièces et un mémoire, enregistrés les 9 février 2021, 25 avril 2021 et 2 mai 2021, M. A B, représenté par Me Navy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2021 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence sous astreinte de cinquante euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2021, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 16 novembre 1980 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France le 17 décembre 2017, selon ses déclarations, démuni des documents et visas requis pour être en situation irrégulière. Il s'est marié le 2 août 2019, à Lille, avec Mme D, née le 2 janvier 1982 en Algérie, de nationalité algérienne, titulaire d'un certificat de résidence algérien de dix ans, valable du 5 avril 2018 au 5 avril 2028. De leur union est née une fille, prénommée Jenna, née le 4 décembre 2019 à Lille. Le 30 septembre 2020, M. B a présenté en préfecture du Nord une demande de titre de séjour " vie privée et familiale " pour raisons de santé, sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé

nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des

conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas

effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une demande de certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et non sur celles du 5) de ce même article. Par ailleurs, le préfet du Nord, qui n'y était d'ailleurs pas tenu, n'a pas examiné de lui-même le droit pour l'intéressé à bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement du 5) de l'article 6 de l'accord précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté comme inopérant.

4. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1/ Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ".

5. A la date de l'arrêté attaqué, M. et Mme B ont une fille, prénommée Jenna, Mme B étant par ailleurs enceinte. Pour autant, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. B du reste de sa famille présente en France. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit par suite être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Fabre, président,

- Mme Monteil, première conseillère,

- Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 202Le président-rapporteur,

Signé

X. CL'assesseur le plus ancien,

Signé

A.-L. MONTEIL

La greffière,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

5

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