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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2101002

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2101002

jeudi 27 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2101002
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCOLSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 février 2021, 29 juin 2021, 24 mai 2022 et 10 mai 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. et Mme A et B C demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 août 2020 par lequele maire de la commune de Noordpeene ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société VRD France en vue de la pose de deux containers sur un terrain situé 940 Langhemast Straete.

Ils soutiennent que :

- l'avis de dépôt de la déclaration préalable n'a pas été affiché pendant toute la durée de son instruction ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de la section A du Thème 2 du Chapitre 15 applicable à la zone 1AUE du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes de Flandre Intérieure relatives à l'implantation par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnait les dispositions de la section B du même thème du même chapitre applicable à la zone 1AUE de ce règlement dès lors que les constructions ne s'intègrent pas dans le paysage environnant.

Par un mémoire enregistré le 26 mai 2021, la commune de Noordpeene, représentée par Me Colson, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive, que les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir et qu'elle méconnait les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme;

- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 21 avril 2022, la société VRD France, représentée par la SELARL Odexia Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de

2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir, qu'elle méconnait les dispositions des articles R. 600-1 et R. 600-4 du code de l'urbanisme ainsi que celles des articles R. 412-1 et R. 412-2 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que le projet en litige, au regard de son emprise au sol, relève du champ d'application du permis de construire par application des dispositions de l'article R. 421-1 et du f) de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme et non de celui de la déclaration préalable.

Par un mémoire enregistré le 20 juin 2023, la commune de Noordpeene a présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.

En application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pour permettre la régularisation des vices tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme et de celles de la section A du Thème 2 du chapitre 15 du règlement applicable à la zone 1AUE du PLUi de la communauté de communes de Flandre Intérieure relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites de zones.

Par un mémoire enregistré le 30 juin 2023, la société VRD France a présenté des observations sur cet éventuel sursis à statuer.

Par un mémoire enregistré le 3 juillet 2023, la commune de Noordpeene a présenté des observations sur cet éventuel sursis à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Liénard,

- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,

- les observations de M. et Mme C,

- les observations de Me Colson, représentant la commune de Noordpeene.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 août 2020, le maire de Noordpeene ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société VRD France en vue de l'installation de deux containers sur une parcelle cadastrée ZE 76 située 940 Langhemast Straete. Par la requête susvisée,

M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet de la société VRD France, dont l'objet social est l'exécution de travaux de démolition, de désamiantage et de dépollution des sols, consiste en l'installation de deux containers et d'une rampe d'accès. L'arrêté attaqué autorise ainsi la pose de ces containers en tout point de la parcelle constituant le terrain d'assiette du projet. La propriété de M. et Mme C, qui s'inscrit dans un secteur rural, peu bâti et ayant conservé en grande partie une vocation agricole, n'est séparée de ce terrain que par le chemin communal du Moulin. Eu égard à la configuration des lieux, les intéressés doivent être regardés comme étant des voisins immédiats du projet, même si leur maison d'habitation est située en retrait sur leur parcelle. Pour justifier de leur intérêt leur donnant qualité à agir, les requérants soutiennent qu'ils subiront des nuisances visuelles, sonores ainsi qu'une pollution de l'air due aux particules de poussières en suspension liées à l'exercice des activités de la société VRD France. Il ressort des pièces du dossier que l'utilisation des containers, qui pourront, selon la déclaration préalable attaquée, être déplacés par grutage, créera des nuisances sonores pour M. et Mme C. Eu égard à la nature des activités menées par la société VRD France, à la proximité des installations en cause, le projet litigieux est susceptible de porter atteinte aux conditions dans lesquelles M. et Mme C occupent le bien dont ils sont propriétaires. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société VRD France et la commune de Noordpeene, tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants, doit être écartée.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des accusés de réception postaux versés par les requérants au format papier, que M. et Mme C ont notifié à la société VRD France et à la commune de Noordpeene leur requête le

19 février 2021. Contrairement à ce qui est soutenu par la société VRD, le recours gracieux des intéressés en date du 13 octobre 2020 a été préalablement adressé à la commune qui mentionne l'avoir implicitement rejeté en toute connaissance de cause. Par ailleurs, la société pétitionnaire a réceptionné le 15 octobre 2020 une copie de ce recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article

R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code, dans sa version applicable au litige : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis () ".

7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du constat d'huissier produit par la société VRD France, que la décision de non-opposition à déclaration préalable en litige a été affichée de manière continue en faisant mention des voies et délais de recours entre le 28 août 2020 et 28 octobre 2020. Si les parties défenderesses font valoir que l'arrêté du 19 août 2020 est purement confirmatif de la décision tacite de non opposition intervenue le 25 juin 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier que les formalités précitées prévues par les dispositions de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme ont été exécutées en ce qui concerne la décision tacite de non opposition à déclaration préalable, de sorte que celle-ci n'est pas devenue définitive. L'arrêté du 19 août 2020 ne peut, dès lors, être regardé comme purement confirmatif de cette décision tacite de non opposition. Par ailleurs, il est constant que les formalités prévues par les dispositions de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme relatives à l'arrêté du 19 août 2020 ont été exécutées à partir du 28 août 2020. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux à l'encontre de la décision de non-opposition à déclaration préalable contestée a commencé à courir à compter de cette même date. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. et Mme C ont introduit un recours gracieux à l'égard de cette décision qui a eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux. En raison du silence gardé pendant deux mois par l'administration, ce recours a fait l'objet d'une décision implicite de rejet survenue le 13 décembre 2020. La requête de M. et Mme C, enregistrée au greffe du tribunal le 8 février 2021 l'a ainsi été dans le délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

8. En quatrième lieu, M. et Mme C justifient, par la production de l'acte notarié d'achat, être propriétaires du bien situé 600 chemin du Moulin à Noordpeene. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article

R. 600-4 du code de l'urbanisme doit être écartée.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie. ". Aux termes de l'article R. 412-2 du même code : " Lorsque les parties joignent des pièces à l'appui de leurs requêtes et mémoires, elles en établissent simultanément un inventaire détaillé. Sauf lorsque leur nombre, leur volume ou leurs caractéristiques y font obstacle, ces pièces sont accompagnées d'une copie. Ces obligations sont prescrites aux parties sous peine de voir leurs pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. / L'inventaire détaillé présente, de manière exhaustive, les pièces par un intitulé comprenant, pour chacune d'elles, un numéro dans un ordre continu et croissant ainsi qu'un libellé suffisamment explicite. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C ont établi un inventaire détaillé des pièces produites à l'appui de leur requête comprenant pour chacune d'elles un numéro dans un ordre continu et croissant et un intitulé explicite. Ils en ont fait de même en ce qui concerne les pièces produites à l'appui de leurs mémoires. La circonstance que les inventaires détaillés accompagnant ces mémoires n'ont pas fait mention de l'intégralité des pièces produites antérieurement, ni repris la numérotation à compter de l'inventaire accompagnant la requête introductive d'instance est sans incidence sur la recevabilité des pièces produites par les requérants dont l'arrêté contesté. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par la société VRD sur ce point et doit être écartée.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / a) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-2 à

R. 421-8-2 qui sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme ; / b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Aux termes de l'article R. 421-17 de ce code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () / f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : / - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; / - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. () ".

12. Lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, le maire est tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.

13. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies aériennes du 17 avril 2020 jointes à la déclaration préalable localisant l'emplacement des containers, qui étaient alors déjà installés, et sur lesquelles figurent également des automobiles permettant d'apprécier par comparaison la longueur et la largeur des containers, que l'emprise au sol cumulée des deux constructions autorisées excède 20 mètres carrés. Dans ces conditions, et alors même que l'installation de ces containers a un caractère provisoire et qu'ils sont susceptibles d'être déplacés sur des chantiers, une telle installation doit être précédée de la délivrance d'un permis de construire, et non pas d'une déclaration préalable. Il s'ensuit que la décision attaquée méconnaît les dispositions mentionnées au point 10 du présent jugement, le maire étant tenu de s'opposer aux travaux déclarés.

14. En deuxième lieu, le défaut d'affichage, à le supposer établi, de l'avis de dépôt du dossier de déclaration préalable durant toute sa phase d'instruction n'est pas de nature à entacher la légalité de ladite déclaration.

15. En troisième lieu, selon la section A du Thème 2 du chapitre 15 du règlement applicable à la zone 1AUE du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes de Flandre Intérieure, " toutes les constructions doivent être édifiées de telle manière que la distance de tout point du bâtiment au point le plus proche de la limite de la zone soit au moins égale à 5 mètres () Des implantations différentes de celles définies ci-dessus peuvent être autorisées pour garantir la préservation des éléments de patrimoine bâti à protéger reportés au plan de zonage ". Aux termes de l'article 2.5 du chapitre 2 de la partie 1 intitulée " dispositions règlementaires générales, applicables à l'ensemble des zones " dans sa version applicable au litige : " Les règles et servitudes définies par le PLUi ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation autre que celles prévues par les articles L. 152-4 à L. 152-6, à l'exception des adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige autorise l'installation de deux containers en tout point de la parcelle cadastrée ZE 76 située en zone 1AUE, y compris à moins de 5 mètres de la limite entre la zone 1AUE et la zone agricole voisine. Il méconnaît donc les dispositions précitées du règlement du PLUi. En raison de son importance et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait rendue nécessaire par la nature du sol, le caractère des constructions avoisinantes ou la configuration de la parcelle en cause, l'atteinte ainsi portée à ces dispositions ne saurait être assimilée à une adaptation mineure de la règle applicable en zone 1AUE interdisant l'implantation de constructions à moins de 5 mètres de la limite de la zone. Par ailleurs, il n'apparait pas que des éléments du patrimoine bâti à protéger seraient situés dans ce secteur et dont la protection nécessiterait de déroger aux règles d'implantation au regard des limites séparatives. Par suite, l'arrêté attaqué méconnait les dispositions citées au point 15 en tant qu'il permet l'installation des containers à moins de 5 mètres de la limite entre la zone 1AUE et la zone agricole.

17. En quatrième lieu, selon la section B du Thème 2 du chapitre 15 du règlement applicable à la zone 1AUE du PLUi de la communauté de communes de Flandre Intérieure, " L'emploi à nu des matériaux destinés à être recouverts est interdit sur les parements extérieurs des constructions (). Les murs seront recouverts de bardage tôle acier pré-peint ou d'enduits peints. L'emploi de la brique et du bois, ainsi que les structures verrières, est toléré. ".

18. Il ressort des pièces du dossier que les containers en litige ne sont pas constitués de matériaux destinés à être recouverts. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées est inopérant et doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 19 août 2020 du maire de Noordpeene est entaché de vices tenant à la méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme ainsi que des dispositions de la section A du Thème 2 du chapitre 15 du règlement applicable à la zone 1AUE du PLUi de la communauté de communes de Flandre Intérieure relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites de zones.

Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme:

20. En vertu de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

21. Il résulte de ces dispositions que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

22. En l'espèce, le vice tenant à la méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme a trait à la seule nature juridique de l'autorisation d'urbanisme délivrée en lieu et place de celle devant l'être en pareil cas. Une telle différence de nature juridique n'a pas d'incidence sur la nature même du projet en cause, le maire étant au demeurant tenu, dans une telle hypothèse, d'inviter le pétitionnaire à présenter la demande d'autorisation adéquate. Dans ces conditions, le vice en cause est susceptible d'être régularisé en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de la section A du Thème 2 du chapitre 15 du règlement applicable à la zone 1AUE du PLUi de la communauté de communes de Flandre Intérieure relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites de zones peut, quant à lui, être régularisé par des modifications du projet qui n'impliquent pas de lui apporter un bouleversement tel qu'ils en changeraient la nature même. Dès lors, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société VRD France et à la commune de Noordpeene un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de transmettre au tribunal la mesure de régularisation nécessaire.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme C jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement imparti à la société VRD France et à la commune de Noordpeene pour transmettre au tribunal la mesure de régularisation qu'impliquent les vices mentionnés aux points 13 et 16 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et B C, à la société VRD France et à la commune de Noordpeene.

Délibéré après l'audience du 6 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Chevaldonnet, président,

- Mme Grard, première conseillère,

- M. Liénard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.

Le rapporteur,

signé

Q. LIENARD

Le président,

signé

B. CHEVALDONNETLa greffière,

signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme

La greffière,

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