mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2101086 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février et 11 mai 2021, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la contrainte émise le 12 janvier 2021 par le directeur régional de l'agence Pôle emploi, signifiée par acte d'huissier le 21 janvier suivant, relative à un indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) d'un montant de 7 912,17 euros pour la période comprise entre le 1er avril 2016 et le 31 juillet 2020 et d'enjoindre à Pôle emploi de lui restituer les sommes retenues aux fins de recouvrement de cet indu ;
2°) d'annuler les décisions des 16 et 20 octobre 2020 par lesquelles le directeur régional de l'agence Pôle emploi a, prononcé à son encontre, d'une part, une cessation d'inscription et, d'autre part, une radiation de la liste des demandeurs d'emploi à compter du même jour et pour une durée de six mois.
Elle soutient que :
- elle n'a exercé aucune activité professionnelle entre les mois de mars à juin 2020 ;
- ses salaires ont été déclarés par ses employeurs à compter du mois de décembre 2016 ;
- elle a été hospitalisée entre le 9 et 17 mars 2020 ;
- la décision de cessation d'inscription ne lui a pas été notifiée ;
- le montant de la contrainte est disproportionné ;
- elle n'a pas dissimulé ses activités professionnelles ;
- elle justifie de la précarité de sa situation financière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2021, Pôle emploi, représenté par Me Zimmermann, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- Mme B, bénéficiaire de l'ASS entre les 23 septembre 2014 et 28 décembre 2018 puis entre les 9 juin 2019 et 30 juillet 2020, a exercé au titre des mois d'octobre 2014 à août 2020, des activités professionnelles salariées ; or, le montant de l'ASS versé aurait dû être diminué des revenus perçus ;
- ainsi à compter du mois d'avril 2016 jusqu'au mois de décembre 2018, au cours duquel le plafond de 750 heures a été atteint, pour une durée de 781,69 heures d'activité ; la reprise de ces activités professionnelles salariées a eu pour effet de reporté la date d'épuisement des droits à l'aide au retour à l'emploi (ARE) de Mme B, fixée initialement le 8 juin 2019, au 16 juin 2020 ; ainsi, l'intéressée ne pouvait prétendre au versement de l'ASS pour la période litigeuse dès lors qu'elle n'avait pas épuisé ses droits à l'ARE ;
- la requérante ayant cumulé une activité professionnelle avec l'ASS jusqu'au mois de décembre 2018 , sans arrêt pendant un an elle ne pouvait prétendre au bénéfice de l'ASS pour la période allant du 17 juin au 31 juillet 2020.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en ce qu'elle conteste le bien-fondé de l'indu d'allocation spécifique de solidarité réclamé, dès lors que Mme B n'a pas exercé de recours administratif préalable obligatoire contre cet indu.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Michel, conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été admise au bénéfice de l'ASS et a été indemnisée à compter du 23 septembre 2014. Par la suite, l'intéressée a été admise dans ses droits à l'ARE, entre les 5 janvier 2019 au 8 juin 2019 puis à l'ASS, entre les 9 juin 2019 au 31 juillet 2020. Après avoir constaté que Mme B avait exercé différentes activités salariées à entre les mois d'octobre 2014 à juillet 2020, Pôle emploi a notifié à l'intéressée, par un courrier du 21 septembre 2020, un trop-perçu d'ASS d'un montant de 7 912,17 euros pour la période du 1er avril 2016 au 31 juillet 2020 et l'a mis en demeure, le 4 novembre 2020, de s'acquitter de cette dette. En l'absence de paiement, Pôle emploi a émis, le 12 janvier 2021 une contrainte afin de recouvrer le montant de l'indu, qui a été signifiée par voie d'huissier le 21 janvier suivant. Par des décisions des 16 et 20 octobre 2020, le directeur régional de l'agence Pôle emploi a, prononcé à l'encontre de Mme B, d'une part, une " cessation d'inscription " et, d'autre part, une décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi à compter du même jour pour une durée de six mois. Par la présente requête, Mme B forme opposition à cette contrainte. Elle doit être regardée, en outre, comme demandant l'annulation des décisions des 16 et 20 octobre 2020.
Sur l'opposition à contrainte :
2. Aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d'emploi, ceux dont le contrat de travail a été rompu conventionnellement (), aptes au travail et recherchant un emploi, ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Selon les dispositions de l'article L. 5421-2 du même code : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : / 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre I ; / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre II () ".
3. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".
4. En vertu de l'article R. 5426-19 du code du travail : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. () ". Selon l'article L. 5429-8-2 du même code : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par l'institution prévue à l'article L. 5312-1, pour son propre compte, pour le compte de l'État, du fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24 ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de l'institution prévue à l'article L. 5312-1 ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". En outre, aux termes de l'article R. 5426-22 du même code : " Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification. ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur général de Pôle emploi ordonnant le reversement d'un indu de prestations n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle emploi dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent.
6. Il résulte de l'instruction que dans ses conclusions dirigées contre la contrainte litigieuse émise par le directeur régional adjoint de l'agence de Pôle emploi Hauts-de-France, Mme B conteste le bien-fondé de l'indu d'ASS mis à sa charge en faisant valoir qu'elle n'a pas exercé d'activité salariée entre les mois de mars à juin 2020, que ses employeurs ont déclaré ses revenus, que le montant de l'indu est disproportionné et qu'elle a été hospitalisée entre les 9 et 17 mars 2020. Mme B ne justifie cependant pas de l'exercice d'un recours administratif préalable contre la décision du 21 septembre 2020 lui notifiant l'indu d'ASS, alors même qu'elle mentionnait les voies et délais de recours. Dans ces conditions, la requérante ne peut, comme en ont été informée les parties, invoquer devant le tribunal des moyens tirés de l'absence de bien-fondé de l'indu à l'origine de la contrainte litigieuse émise 12 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 16 et 20 octobre 2020 :
7. Aux termes de l'article L. 5426-2 du code du travail : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2. / Il est également supprimé en cas de fraude ou de fausse déclaration. Les sommes indûment perçues donnent lieu à remboursement. ". Aux termes de l'article R. 5426-3 du même code : " Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 supprime le revenu de remplacement mentionné à l'article L. 5421-1 pour une durée limitée ou définitivement selon les modalités suivantes : () 3° () en application du deuxième alinéa de l'article L. 5426-2, en cas d'absence de déclaration, ou de déclaration mensongère du demandeur d'emploi, faites en vue de percevoir indûment le revenu de remplacement, il supprime ce revenu de façon définitive. () ".
8. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Dès lors, la requérante ne peut utilement invoquer le moyen tiré de l'absence de notification de la décision portant cessation d'inscription
9. En second lieu, il résulte de l'instruction que Mme B n'a pas déclaré ses revenus professionnels salariés notamment pendant la période du 1er avril 2016 au 30 août 2020, période pendant laquelle elle a perçu l'allocation spécifique de solidarité Si l'intéressée soutient que ces ressources ont été déclarées à Pôle emploi, notamment par ses divers employeurs, elle n'apporte aucun élément de nature à établir ses allégations. Dans ces conditions, eu égard à la nature des revenus non déclarés ainsi que la durée et la réitération de ces omissions, Mme B doit être regardée comme s'étant abstenue de déclarer son activité professionnelle en vue de percevoir indûment le revenu de remplacement. C'est, dès lors, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa proportion avec le manquement reproché que le directeur régional de Pôle emploi l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de six mois.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la requête, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 16 et 20 octobre 2020 par lesquelles le directeur régional de l'agence Pôle emploi a, prononcé à son encontre, d'une part, une cessation d'inscription et, d'autre part, sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi à compter du même jour et pour une durée de six mois.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Pôle emploi présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
C. VIEILLARD
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026