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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2101111

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2101111

mercredi 5 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2101111
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (3)
Avocat requérantSCP MASSON ET DUTAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2021, M. B A, représenté par la SCP Masson et Dutat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 20 janvier 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder la remise de sa dette portant sur un trop-perçu d'allocation au logement d'un montant initial de 1 890 euros ;

2°) à titre principal, de lui accorder une remise de dette totale de son indu d'allocation au logement ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise de dette partielle de son indu d'allocation au logement ;

4°) de mettre à la charge du président du conseil départemental du Nord au profit de

Me Dutat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 31 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de donner acte à Me Dutat de ce qu'elle s'engage à renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle, dans les conditions prévues à l'article 108 du décret du 19 décembre 1991 s'il parvient, dans les douze mois de la délivrance de l'attestation de fin de mission, à recouvrer auprès du Conseil départemental du Nord la somme ainsi allouée.

Il soutient que :

- il est de bonne foi, ayant déclaré en toute transparence ses changements de situation personnelle ;

- il se trouve dans une situation d'extrême précarité, et n'est donc pas en mesure d'honorer ses dettes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une décision du 7 juin 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Féménia a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. À l'issue du réexamen des droits de M. A, la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié son intention de recouvrer la somme de 1 890 euros correspondant à un indu d'allocation au logement qui a pour origine une déclaration erronée. Par un courrier du

10 novembre 2020, M. A a demandé au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord une remise de dette portant sur l'indu d'aide personnelle au logement (référence IN4/1). Par décision du 4 février 2021, le président de la caisse d'allocations familiale du Nord a accordé une remise partielle d'un montant de 291,30 euros. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision ainsi que la remise totale de sa dette.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement de paiement indu de l'aide personnalisée au logement en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. (). ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité du débiteur à la date du présent jugement et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. Il résulte de l'instruction que la bonne foi de M. A n'est pas en cause. C'est donc au seul regard de la situation de précarité financière du requérant que doit être examinée sa demande de remise gracieuse. Il résulte de l'instruction que le quotient familial actuel de

M. A s'élève à 299 euros. Il établit ainsi être dans une situation de précarité financière telle qu'il n'est pas en mesure de s'acquitter de l'intégralité du reliquat de sa dette. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder à M. A la remise totale de sa dette d'aide personnalisée au logement restant due à la date du présent jugement, soit la somme de 1 208 euros.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord la somme demandée au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est accordé à M. A une remise totale de sa dette d'aide personnalisée au logement restant due à la date du présent jugement, d'un montant de 1 280 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Dutat et à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.

La magistrate désignée,

Signé

J. FÉMÉNIA La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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