mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2101307 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PERINAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2021, M. D A, représenté par Me Perinaud, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Lille a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil à compter du 18 décembre 2020, sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part dudit conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée a été signée par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations avant son adoption ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 744-7 et R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
-les conclusions à fin d'injonction n'ont plus d'objet, la demande d'asile du requérant ayant été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 10 décembre 2020, notifiée le 18 décembre 2020 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 24 octobre 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Monteil a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 20 février 1988 en Syrie, de nationalité syrienne, est entré en France le 12 août 2020. Il a présenté une demande d'asile le 26 août 2020, a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'OFII et a alors bénéficié des conditions matérielles d'accueil, et notamment d'une place en centre d'hébergement. Cette structure d'hébergement a informé les services de l'OFII le 24 novembre 2020 que le requérant avait quitté l'établissement depuis le 17 novembre 2020. Par une décision du 18 décembre 2020, dont M. A sollicite l'annulation, l'OFII lui a alors suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. A, qui n'a d'ailleurs jamais déposé de demande d'aide juridictionnelle dans la présente instance, n'établit pas en quoi sa demande d'attribution de l'aide juridictionnelle à titre provisoire présenterait un caractère urgent. Dès lors, cette demande doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision contestée a été prise par M. B C, directeur territorial de l'OFII à Lille, qui était compétent pour ce faire en vertu d'un arrêté du directeur général de cet office du 1er septembre 2020, régulièrement publié sur son site internet et au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision contestée mentionne les dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et indique que le requérant, d'une part, a abandonné son lieu d'hébergement depuis le 17 novembre 2020 et, d'autre part, ne présente pas de facteur de vulnérabilité particulier ni de besoins particuliers en matière d'accueil. La décision en litige, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est ainsi suffisamment motivée.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision contestée, qui est suffisamment motivée, que le directeur territorial de l'OFII a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre la décision en litige.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'OFII a adressé à l'intéressé le 24 novembre 2020 un courrier l'informant de son intention de suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil et l'informant de la possibilité dont il disposait de faire valoir, sous quinze jours, ses observations. Par un courriel du 28 novembre 2020, M. A s'est saisi de cette faculté et a présenté des observations préalablement à l'édiction de la décision litigieuse. Par suite, le vice de procédure invoqué, tiré du non-respect du contradictoire, doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour, dans sa version applicable à la date de son admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil : " () Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. () ". Et aux termes de l'article R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable à la date de son admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil : " () II.- Pour l'application du quatrième alinéa de l'article L. 744-7, un demandeur d'asile est considéré comme ayant quitté son lieu d'hébergement s'il s'en absente plus d'une semaine sans justification valable. / Dans ce cas, le gestionnaire du lieu en informe sans délai, en application de l'article L. 744-4, l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui met fin aux conditions matérielles d'accueil. ".
9. M. A conteste dans le présent litige l'exactitude matérielle du motif de fait selon lequel il aurait abandonné son lieu d'hébergement et soutient s'en être seulement absenté quelques jours pour se présenter à l'entretien auquel il était convoqué par l'OFPRA le 12 novembre 2020. Cependant, il ne produit aucun élément permettant d'établir sa date de retour dans le lieu d'hébergement à la suite dudit entretien tandis que l'OFII verse au dossier le courrier en date du 24 novembre 2020 du gestionnaire de cet établissement qui confirme la sortie définitive du requérant à compter du 17 novembre 2020. L'OFII fait également valoir que M. A lui-même, dans son courrier d'observation du 28 novembre 2020, déclarait avoir quitté définitivement son lieu d'hébergement pour emménager chez un ami. La décision attaquée n'est par suite entachée d'aucune erreur de fait.
10. En sixième et dernier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de son admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil : " À la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. " Il résulte de ces dispositions que tout demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien personnel, destiné à évaluer sa vulnérabilité, lors de la présentation de sa première demande d'asile. En revanche, ces dispositions n'imposent pas qu'un tel entretien soit de nouveau mené préalablement à la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil.
11. Il ressort des pièces du dossier que, à la suite de l'enregistrement de sa demande d'asile le 26 août 2020, M. A a bénéficié, le même jour, d'un entretien personnel réalisé par un agent de l'OFII. Par ailleurs, le requérant ne fait état d'aucun élément nouveau qui serait survenu postérieurement à cet entretien et aurait été de nature à caractériser une situation de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'évaluation préalable de sa situation de vulnérabilité doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
Le Greffier
Signé
A. DEWIERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026