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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2101763

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2101763

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2101763
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP GROS-HICTER ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2021 et un mémoire enregistré le 9 juin 2023, non communiqué, Monsieur A B, représenté par Me Lacherie, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Courrières (Pas-de-Calais) a refusé de lui délivrer un permis de construire pour l'édification d'un bâtiment à usage de stockage et une maison d'habitation, sur un terrain situé rue de la Gare, sur le territoire communal, d'autre part, la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le maire de Courrières a refusé de lui délivrer un certificat de non-opposition tacite à ce permis de construire, et, enfin, la décision du 5 janvier 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Courrières de lui délivrer le certificat d'obtention tacite de ce permis de construire, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Courrières la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est bénéficiaire d'un permis de construire tacitement né le 4 août 2020 en raison du silence gardé par le maire de Courrières à l'issue du délai d'instruction de sa demande de permis de construire et l'arrêté du 25 septembre 2020 doit être regardé comme constituant une décision de retrait de ce permis de construire tacite ;

- l'arrêté du 25 septembre 2020 est entaché d'un vice de procédure en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-2 et L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur de droit dès lors que les travaux nécessaires sont de simples travaux de raccordement ;

- la décision de refus de délivrance du certificat de permis de construire tacite méconnait les dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2021, la commune de Courrières, représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter et associés, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable car le recours gracieux exercé par le pétitionnaire est tardif ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zoubir, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Chavda, représentant la commune de Courrières.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a déposé le 4 juin 2020 une demande de permis de construire un bâtiment à usage de stockage et une maison d'habitation, sur un terrain de 7 425 m² recouvrant les parcelles cadastrées n° AT 199, 383, 388, 418, 416 et 414 situé rue de la Gare sur le territoire de la commune de Courrières (Pas-de-Calais). Par un arrêté du 25 septembre 2020, le maire de la commune a refusé de délivrer à M. B le permis sollicité. Par un courrier du 26 novembre 2020, le maire de la commune a refusé de délivrer à l'intéressé un certificat de permis de construire tacite. Le 3 décembre 2020, M. B a exercé un recours gracieux contre ces décisions, qui a été rejeté par le maire de la commune de Courrières le 5 janvier 2021. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur la requalification de l'arrêté du 25 septembre 2020 et l'existence d'un permis tacite :

2. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. ". Aux termes de l'article R. 423-18 du même code : " Le délai d'instruction est déterminé dans les conditions suivantes : a) Un délai de droit commun est défini par la sous-section 2 ci-dessous. En application de l'article R. 423-4, il est porté à la connaissance du demandeur par le récépissé ; / b) Le délai de droit commun est modifié dans les cas prévus par le paragraphe 1 de la sous-section 3 ci-dessous. La modification est notifiée au demandeur dans le mois qui suit le dépôt de la demande ; / c) Le délai fixé en application des a ou b est prolongé dans les cas prévus par le paragraphe 2 de la sous-section 3 ci-dessous, pour prendre en compte des obligations de procédure qui ne peuvent être connues dans le mois qui suit le dépôt de la demande. ". Aux termes de l'article L. 423-42 aux termes duquel " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; b) Les motifs de la modification de délai ; c) Lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article R. 424-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis ". Aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction. / Un décret en Conseil d'Etat précise les cas dans lesquels un permis tacite peut être acquis ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / () / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le 26 mai 2020, M. B a déposé une demande de permis de construire une maison d'habitation d'une surface de 254,30 m2 et un bâtiment à usage de stockage d'une surface de 418 m2, pour laquelle un récépissé lui a été remis le 4 juin 2020, mentionnant qu'à l'issue d'un délai d'instruction de deux mois, sa demande fera l'objet d'un permis tacite. Si la commune de Courrières soutient avoir adressé au pétitionnaire, le 29 juin 2020, un courrier l'informant de ce que le délai d'instruction de son dossier était majoré et porté à quatre mois, elle ne produit aucune preuve de ce que ce courrier serait parvenu à l'intéressé dans le délai d'un mois prescrit par les dispositions précitées de l'article R. 423-42 du code de l'urbanisme précitées.

4. Dans ces conditions, M. B, dont la demande de permis de construire portait sur une maison à usage d'habitation et un bâtiment à usage de stockage, doit être regardé comme ayant été titulaire, à l'issue du délai de droit commun de trois mois prévu à l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme, d'un permis de construire tacite, soit à la date du 4 septembre 2020.

5. Il suit de là que M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée constitue, en réalité, une décision de retrait de ce permis de construire tacitement obtenu.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Un recours gracieux formé contre une décision dans le délai initial du recours contentieux ouvert à son encontre a pour effet de proroger ce délai jusqu'à l'intervention de la décision explicite le rejetant, laquelle fait naître un nouveau délai de recours contentieux de deux mois.

7. Contrairement à ce que soutient la commune de Courrières, l'arrêté du 25 septembre 2020 ne peut être réputé avoir été notifié à M. B à la date à laquelle le pli adressé en recommandé a été présenté pour la première fois à son adresse, soit le 2 octobre 2020, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit, cet arrêté constitue non pas une décision de refus de délivrance d'un permis de construire mais une décision portant retrait d'un permis de construire tacitement obtenu le 4 septembre 2020. Dès lors, ce sont les délais de droit commun de l'article R. 421-1 du code de justice administrative qui trouvaient à s'appliquer. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 25 septembre 2020 a été effectivement notifié à M. B le 5 octobre 2020 et que ce dernier a formé, le 3 décembre 2020, un recours gracieux que la commune de Courrières reconnait avoir réceptionné par voie de télécopie, le 5 décembre 2020, et qui a été régularisé par l'envoi d'un courrier recommandé avec accusé de réception du 8 décembre 2020. Le recours gracieux exercé par le pétitionnaire dans le délai initial du recours contentieux de deux mois a par conséquent eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux et la fin de non-recevoir opposée par la commune de Courrières tirée de la tardiveté de la requête doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2020 :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () " et aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ".

9. La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du même code constitue une garantie pour le titulaire d'un permis de construire que cette autorité entend retirer. La décision de retrait est illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le bénéficiaire a été effectivement privé de cette garantie.

10. En l'espèce, l'arrêté attaqué doit, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, s'analyser comme une décision de retrait du permis de construire tacitement obtenu le 4 septembre 2020. En l'espèce, si la commune fait valoir des échanges oraux et téléphoniques avec le pétitionnaire avant l'intervention de cette décision, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'adoption de cette décision de retrait ait été précédée de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et cette omission a été de nature à priver M. B d'une garantie.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. () " et aux termes de l'article L. 111-11 du même code : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ".

12. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être accordée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

13. En l'espèce, le maire de la commune de Courrières a fondé la décision litigieuse sur le motif tiré de ce qu'une extension du réseau électrique était nécessaire pour la réalisation du projet et qu'elle n'avait pas prévu de délai pour la réalisation des travaux nécessaires. Toutefois, eu égard tant à la consistance des travaux tenant en un raccordement de 35 mètres au réseau existant, qu'à leur coût d'un montant hors taxe de 3 717,60 euros, les travaux nécessaires ne relevaient pas d'une extension au sens de l'article L. 111-11 précité du code de l'urbanisme. Par suite, M. B est fondé à soutenir que c'est irrégulièrement que le maire de Courrières lui a opposé ce motif pour procéder au retrait du permis de construire dont il était titulaire.

14. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de Courrières a retiré le permis de construire tacite dont M. B était titulaire à compter du 4 septembre 2020 doit être annulé.

Sur la légalité de la décision du 26 novembre 2020 :

15. Aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit. Ce certificat mentionne la date d'affichage en mairie de l'avis de dépôt prévu à l'article R.* 423-6. En cas de permis tacite, ce certificat indique la date à laquelle le dossier a été transmis au préfet ou à son délégué dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ".

16. M. B était titulaire d'un permis de construire tacite et l'arrêté du 25 septembre 2020 procédant au retrait de ce permis de construire doit être annulé. Dès lors, le maire de Courrières était tenu, en application des dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, de lui délivrer le certificat de permis de construire tacite qu'il avait sollicité. Par suite, la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Courrières a refusé de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite doit être annulée.

17. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 25 septembre 2020, la décision du 26 novembre 2020 et la décision du 5 janvier 2021 du maire de Courrières doivent être annulés.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au maire de Courrières de délivrer à M. B un certificat de permis de construire tacite, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Courrières demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

20. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la commune de Courrières la somme de 1 500 euros à verser à M. B sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Courrières a retiré le permis de construire tacite dont M. B était titulaire à la date du 4 septembre 2020, la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Courrières a refusé de délivrer au pétitionnaire un certificat de permis de construire tacite et la décision du 5 janvier 2021 de rejet du recours gracieux dirigé contre ces décisions sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Courrières de délivrer à M. B un certificat de permis de construire tacite dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Courrières versera une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Courrières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Courrières.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Borget, premier conseiller,

Mme Zoubir, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

N. ZOUBIR La présidente

Signé

A-M. LEGUIN

La greffière,

Signé

S. SING

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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