mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2101933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 mars 2021, 27 mai et 13 juillet 2022, la société Alpha Ambulance, représentée par Me Fillieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 27 mai 2014 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a autorisé le transfert, au profit de la société Alpha Ambulance 2.0, de trois autorisations de mise en service de véhicules sanitaires terrestres dont était titulaire la société Alpha Ambulance ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 8 janvier 2021 par laquelle le directeur général de l'ARS des Hauts-de-France a refusé de retirer la décision du 27 mai 2014 ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'ARS des Haut-de-France de lui restituer les autorisations de mise en service litigieuses ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le directeur de l'ARS ne pouvait légalement autoriser ce transfert dès lors que la société Alpha Ambulance 2.0 n'était pas propriétaire des véhicules en cause mais locataire-gérante du fonds de commerce comprenant ces véhicules ;
- la décision d'autorisation de transfert a été obtenue par fraude dès lors qu'elle a été prise au vu d'un compromis de vente portant sur les véhicules en cause conclu entre la société Alpha Ambulance et la société Alpha Ambulance 2.0, alors que la vente n'a finalement pas eu lieu et que les parties n'ont conclu qu'un contrat de location-gérance.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 avril et 24 juin 2022, le directeur général de l'ARS des Hauts-de-France conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que les autorisations de mise en service ont été transférées à la société APA par décision du 9 février 2021 ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par la société Alpha Ambulance ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société Alpha Ambulance 2.0 qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 19 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Riou, vice-président,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique ;
- les observations de Me Dantec substituant Me Fillieux, représentant la société Alpha Ambulance.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que les sociétés Alpha Ambulance et Alpha Ambulance 2.0 ont conclu un compromis portant sur la vente par la première à la seconde de trois véhicules de transport sanitaire, mais que la société Alpha Ambulance 2.0 n'ayant pas obtenu le financement nécessaire à l'acquisition projetée, la vente n'a pas eu lieu et les deux sociétés ont conclu, le 26 mai 2014, un contrat de location-gérance comprenant les trois véhicules en cause. Par décision du 27 mai 2014, le directeur général de l'ARS des Hauts-de-France a autorisé, à la demande de la société Alpha Ambulance 2.0, le transfert au profit de cette dernière des trois autorisations de mise en service de véhicules sanitaires dont était titulaire la société Alpha Ambulance. Par courrier du 12 novembre 2020, la société Alpha Ambulance a demandé au directeur de l'ARS des Hauts-de-France de retirer sa décision du 27 mai 2014. Cette demande a été rejetée par décision du 8 janvier 2021. Par sa requête, la société Alpha Ambulance demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le directeur de l'ARS des Hauts-de-France
2. Si le directeur de l'ARS des Hauts-de-France fait valoir qu'à la suite du jugement du tribunal de commerce de Lille-Métropole du 3 novembre 2020 ordonnant la cession des actifs de la société Alpha Ambulance 2.0 à la société APA, les autorisations de mise en service litigieuses ont été transférées à la société APA par décision du 9 février 2021 devenue définitive, cette décision n'a pas eu pour effet de faire disparaître de l'ordonnancement juridique les décisions attaquées. Les conclusions dirigées contre ces dernières par la société requérante conservent donc un objet. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision du 27 mai 2014 :
3. Aux termes de l'article L. 6312-4 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Dans chaque département, la mise en service par les personnes mentionnées à l'article L. 6312-2 de véhicules affectés aux transports sanitaires terrestres est soumise à l'autorisation du directeur général de l'agence régionale de santé. () ". Aux termes du point II, 1° de l'article R. 6312-37 du même code, dans sa version applicable au litige : " II. 1° Le transfert de l'autorisation initiale de mise en service d'un véhicule sanitaire est soumis à l'accord préalable du directeur général de l'agence régionale de santé en cas de : / () -cession du véhicule ou du droit d'usage de ce véhicule, au profit et à la demande du cessionnaire au titre de la même catégorie et du même département. / L'absence de réponse dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande vaut accord tacite. "
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par contrat de location-gérance du 26 mai 2014, la société requérante a confié à la société Alpha Ambulance 2.0, contre versement mensuel d'une redevance, la gestion de son fonds de commerce de transport sanitaire, lequel comprenait notamment, aux termes des stipulations de l'article 1.2, la disposition du matériel servant à l'exploitation du fonds, ce qui inclut nécessairement les trois véhicules sanitaires pour lesquels elle s'était vu délivrer une autorisation de mise en service par le directeur de l'ARS des Hauts-de-France. Eu égard à ce contrat, qui conférait au locataire-gérant le droit d'usage à titre onéreux, la société Alpha Ambulance 2.0 était donc titulaire, à la date de la décision attaquée, du droit d'usage de ces véhicules et pouvait donc être regardée comme cessionnaire de ce droit d'usage pour le transfert de l'autorisation prévu par les dispositions précitées de l'article R. 6312-37 du code de la santé publique. Par suite, le directeur de l'ARS pouvait légalement autoriser le transfert au profit de la société Alpha Ambulance 2.0 des autorisations de mise en service de ces véhicules, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que cette dernière n'ait pas été titulaire d'un droit de propriété sur les véhicules en cause. Le moyen doit donc être écarté.
5. En second lieu, la société requérante soutient que la décision du 27 mai 2014 aurait été obtenue par fraude, laquelle serait révélée par la circonstance que cette décision vise un compromis de vente portant sur les trois véhicules en cause conclu entre la société requérante et la société Alpha Ambulance 2.0, ainsi qu'une cession, alors présentée comme en cours, alors que la vente n'a finalement pas eu lieu et que les parties lui ont préféré un contrat de location-gérance. Toutefois, cette seule circonstance, alors que la location-gérance, ainsi qu'il a été dit plus haut, ne faisait pas obstacle au transfert, n'est pas de nature à révéler une intention de tromper l'administration en vue d'obtenir une décision indue. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 27 mai 2014 aurait été obtenue par fraude doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 27 mai 2014, que la société requérante n'est pas fondée à en demander l'annulation.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 8 janvier 2021 :
7. Un tiers justifiant d'un intérêt à agir est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter soit du maintien de l'acte litigieux soit de son abrogation ou de son retrait.
8. Pour les motifs exposés au point 5, la décision du 27 mai 2014 n'a pas été obtenue par fraude. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 janvier 2021 par laquelle le directeur de l'ARS des Hauts-de-France a refusé de procéder à son retrait.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Alpha Ambulance, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ARS des Hauts-de-France, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la société Alpha Ambulance au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par la société Alpha Ambulance doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Alpha Ambulance est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Alpha Ambulance, au directeur général de l'agence régionale de santé des Hauts-de-France et à la société Alpha Ambulance 2.0
Copie en sera adressée au ministre de la santé et de la prévention.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J.M. Riou
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
V. Fougères
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026