vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2101937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DENYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2021 et le 14 février 2022, M. B C, représenté par Me Denys, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité lui a refusé la délivrance d'un agrément pour effectuer des palpations de sécurité ;
2°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée;
- la décision est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 613-8 du code de la sécurité intérieure ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 octobre 2021 et le 6 avril 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 7 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité délivrée pour cinq ans le 22 octobre 2018, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 14 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer l'autorisation de procéder à des palpations de sécurité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les activités qui consistent, en vertu du 1° de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure, " / () A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; / () " sont règlementées et soumises à un régime de contrôle et d'autorisation préalable de l'administration. Il en va ainsi des actes de palpation de sécurité réalisées par des agents privés de sécurité prévues aux articles L. 613-2 et L. 613-3 du code précité qui commandent la délivrance d'un agrément. Aux termes des première et deuxième phrases du second alinéa de l'article L. 613-2 du même code : " Les personnes physiques exerçant l'activité mentionnée au 1° de l'article L. 611-1, spécialement habilitées à cet effet et agréées par le représentant de l'Etat dans le département ou, à Paris, par le préfet de police dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, peuvent, en cas de circonstances particulières liées à l'existence de menaces graves pour la sécurité publique ou lorsqu'un périmètre de protection a été institué en application de l'article L. 226-1, procéder, avec le consentement exprès des personnes, à des palpations de sécurité. Dans ce cas, la palpation de sécurité doit être faite par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet () ". En application du premier alinéa de l'article L. 613-3 du même code : " Pour l'accès aux enceintes dans lesquelles est organisée une manifestation sportive, récréative ou culturelle rassemblant plus de 300 spectateurs, les personnes physiques exerçant l'activité mentionnée au 1° de l'article L. 611-1, agréées par la commission d'agrément et de contrôle territorialement compétente dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, ainsi que celles, membres du service d'ordre affecté par l'organisateur à la sécurité de la manifestation sportive, récréative ou culturelle en application des dispositions de l'article L. 211-11, titulaires d'une qualification reconnue par l'Etat et agréées par la commission d'agrément et de contrôle territorialement compétente, peuvent procéder, sous le contrôle d'un officier de police judiciaire et avec le consentement exprès des personnes, à des palpations de sécurité. Dans ce cas, la palpation doit être effectuée par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet ". Aux termes de l'article R. 613-6 alors applicable, du même code : " Les employés exerçant une activité de surveillance ou de gardiennage mentionnée au 1° de l'article L. 611-1 dans une entreprise ou dans un service interne d'entreprise mentionné à l'article L. 612-25 doivent avoir été habilités par leur employeur, puis agréés par le préfet de département () pour procéder aux palpations de sécurité prévues à l'article L. 613-2. Pour procéder aux palpations de sécurité ainsi qu'à l'inspection visuelle des bagages à main et à leur fouille dans les conditions prévues à l'article L. 613-3, ces employés doivent avoir été habilités par leur employeur et agréés par la commission locale d'agrément et de contrôle ". Aux termes de l'article R. 613-8 du code de la sécurité intérieure : " L'agrément est refusé lorsque la moralité de la personne ou son comportement apparaissent incompatibles avec l'exercice des missions pour lesquelles l'agrément est demandé ".
3. En vertu des articles R. 613-8 et R. 613-14 alors applicables, du code de la sécurité intérieure, l'agrément conférant le droit de procéder à des palpations de sécurité est refusé lorsque la moralité ou le comportement de l'agent privé de sécurité apparaissent incompatibles avec l'exercice des missions pour lesquelles l'agrément est demandé.
4. En application des articles L. 612-20, L. 114-1, R. 114-1 et des dispositions du i) du 4° de l'article R. 114-2 du même code dans leur rédaction applicable au litige, la délivrance de l'agrément spécial dont les agents privés de sécurité doivent être titulaires pour procéder à des palpations de sécurité peut être précédée d'une enquête administrative. Cette dernière est destinée à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. En vertu du deuxième alinéa du paragraphe I de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, cette enquête peut s'accompagner de la consultation " / () des traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification / () ", parmi lesquels figure le traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) défini aux articles R. 40-23 à R. 40-34 du code de procédure pénale.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article 230-8 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Le traitement des données à caractère personnel est opéré sous le contrôle du procureur de la République territorialement compétent, qui, d'office ou à la demande de la personne concernée, ordonne qu'elles soient effacées, complétées ou rectifiées, notamment en cas de requalification judiciaire, ou qu'elles fassent l'objet d'une mention. () Lorsque les données à caractère personnel relatives à la personne concernée font l'objet d'une mention, elles ne peuvent faire l'objet d'une consultation dans le cadre des enquêtes administratives prévues aux articles L. 114-1 et L. 234-1 à L. 234-3 du code de la sécurité intérieure et à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité. Les décisions du procureur de la République prévues au présent alinéa ordonnant le maintien ou l'effacement des données à caractère personnel ou ordonnant qu'elles fassent l'objet d'une mention sont prises pour des raisons liées à la finalité du fichier au regard de la nature ou des circonstances de commission de l'infraction ou de la personnalité de l'intéressé. () ".
6. Pour refuser à M. C la délivrance de l'agrément de procéder à des palpations de sécurité, la CNAC a retenu qu'il avait été mis en cause pour des faits de violences conjugales du 29 avril 2020, dont la matérialité était établie par le rappel à la loi par le procureur de la République auxquels ils avaient donné lieu. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et particulièrement des éléments de l'enquête administrative, résultant notamment de la consultation du fichier TAJ le 27 novembre 2020, que ces faits ont donné lieu, antérieurement à la décision attaquée, à une décision de classement sans suite par le procureur de la République de Lille le 7 janvier 2021 en raison de l'impossibilité d'établir l'infraction, ainsi qu'à une décision du 30 décembre 2020 par laquelle le procureur de la République près le tribunal d'instance de Lille a ordonné que les faits ayant donné lieu à la condamnation susvisée fassent l'objet d'une mention, les rendant inaccessibles et empêchant leur consultation dans le cadre d'enquête administrative. Ainsi, M. C est fondé à soutenir que la commission nationale d'agrément et de contrôle a méconnu les dispositions de l'article R. 613-8 du code de la sécurité intérieure et entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 14 janvier 2021 par laquelle la CNAC du CANPS lui a refusé l'agrément pour procéder à des palpations de sécurité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, le jugement implique qu'il soit enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de procéder à un nouvel examen de la situation de M. C, dans le délai d'un mois à compter de sa notification.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
10. Les conclusions présentées au titre de l'article R.761-1 par M. C, lequel n'établit pas avoir exposé des frais au titre des dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. C l'agrément pour procéder à des palpations de sécurité est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de procéder au réexamen de la situation de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. C une somme de 1 500 (mille cinq cent) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Bergerat, première conseillère,
Mme Dang, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La rapporteure,
signé
L. A
Le président,
signé
M. D La greffière,
signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026