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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2102684

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2102684

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2102684
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL LASSHAB AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 avril 2021 et le 9 mai 2021, la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) Jebo, représentée par Me Lasshab, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la somme de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale et celle de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais d'acheminement ;

2°) d'annuler les titres de perception n° 091000 009 001 075 250509 2020 0007622 d'un montant de 18 100 euros et n°091000 009 001 075 250510 2020 0007623 d'un montant de 2 124 euros, émis le 23 novembre 2020, pour le recouvrement des sommes précitées et de la décharger des sommes qu'ils mentionnent ;

3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant des contributions mises à sa charge ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision du 10 novembre 2020 :

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation, en ce qu'elle est stéréotypée ;

- le principe général des droits de la défense a été méconnu, dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas été informée avec une précision suffisante de l'ensemble des griefs pouvant être retenus contre elle et susceptibles d'influer sur le montant de la sanction financière prononcée et, d'autre part, que la décision contestée est intervenue quatre jours seulement après la réception des pièces sollicitées pour pouvoir produire des observations ;

- les procès-verbaux d'infraction du 9 septembre 2019 établis à 11h50 et à 14h45 sont irréguliers à défaut d'avocat et d'interprète ;

- la matérialité de l'infraction fondant les contributions litigieuses n'est pas démontrée, compte tenu des contradictions et insuffisances des procès-verbaux de police ;

En ce qui concerne les titres de perception émis le 23 novembre 2020 :

- ces titres n'ont pas été assortis des éléments permettant de connaître les bases de la liquidation des créances qu'ils mentionnent ;

- ils sont illégaux du fait de leur émission avant l'expiration du délai de recours à l'encontre de la décision du 10 novembre 2020 ;

- ils sont illégaux en raison de l'illégalité de la décision du 10 novembre 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable à défaut de production de la décision du 10 novembre 2020 ;

- le moyen tiré de l'irrégularité du procès-verbal du 9 septembre 2019 est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par la société Jebo ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement serait susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les deux titres de perception contestés émis le 23 novembre 2020, en l'absence d'exercice du recours préalable obligatoire prévu par l'article 118 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 septembre 2019, au cours d'une retenue administrative à fin de vérification de son droit au séjour, les services de police ont relevé que M. A D, ressortissant tunisien dépourvu de titre l'autorisant à travailler et à séjourner en France, déclarait travailler pour un restaurant dénommé Le Must, situé rue d'Amiens à Lille, correspondant au restaurant exploité par la société Jebo. Par un courrier du 25 septembre 2020, reçu le 29 septembre 2020, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé l'employeur de son intention de lui appliquer la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'a invité à présenter des observations. Le directeur général de l'OFII, par une décision du 10 novembre 2020, lui a appliqué la contribution spéciale à hauteur de 18 100 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement pour un montant de 2 124 euros. Le 23 novembre 2020, la direction générale des finances publiques a émis les titres de perception n° 091000 009 001 075 250509 2020 0007622 d'un montant de 18 100 euros et n° 091000 009 001 075 250510 2020 0007623 d'un montant de 2 124 euros pour le recouvrement des créances résultant de la décision du 10 novembre 2020 du directeur général de l'OFII. Par courrier adressé le 21 décembre 2020, la société Jebo a formé un recours gracieux à l'encontre de cette dernière décision, recours rejeté par décision du 19 janvier 2021. Par la présente requête, la société Jebo demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal l'annulation de la décision du directeur général de l'OFII du 10 novembre 2020, ainsi que l'annulation des titres de perception précités.

Sur la fin de non-recevoir opposée par l'OFII :

2. D'une part, aux termes du 2ème alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée (). ".

3. D'autre part, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.

4. Il résulte de l'instruction que la société Jebo conteste, dans le dernier état de ses écritures, d'une part, les deux titres exécutoires émis le 23 novembre 2020 par l'OFII, et d'autre part, la décision du 10 novembre 2020. Si cette société a produit la copie des deux titres de perception contestés à l'appui de son mémoire enregistré le 9 mai 2021, elle n'a en revanche pas transmis, alors qu'elle visait cette pièce dans son bordereau de pièces communiqué le 9 mai 2021 et en dépit de deux invitations successives, la décision du 10 novembre 2020. Dès lors, et sans qu'importe la circonstance que l'OFII ait, à la suite d'une mesure d'instruction et après clôture d'instruction, communiqué cette pièce, l'Office est fondé à se prévaloir de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre cette décision du 10 novembre 2020. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre la décision du 10 novembre 2020 doivent être rejetées.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre les titres émis le 23 novembre 2020 :

5. D'une part, l'article L. 8253-1 du code du travail dispose : " () / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. / L'Etat est ordonnateur de la contribution spéciale. A ce titre, il liquide et émet le titre de perception. / Le comptable public compétent assure le recouvrement de cette contribution comme en matière de créances étrangères à l'impôt et aux domaines ". Aux termes de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent. "

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ".

7. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 21 décembre 2020 adressé au directeur général de l'OFII, la société requérante a contesté non seulement la décision du 10 novembre 2020 mais également les deux titres de perception émis le 23 novembre 2020, de sorte qu'elle a bien exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article 118 du décret précité du 7 novembre 2012, en dépit de la circonstance, indifférente au regard des dispositions citées au point précédent du code des relations entre le public et l'administration, que ce recours n'a pas été adressé directement au comptable en charge du recouvrement des titres contestés. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Jebo dirigées contre les deux titres de perception émis le 23 novembre 2023 sont recevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception n° 091000 009 001 075 250509 2020 0007622 et n°091000 009 001 075 250510 2020 0007623 :

8. D'une part, aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / () ". Aux termes de l'article L. 5221-8 du même code : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1. ". Le premier alinéa de l'article L. 8253-1 du même code dispose que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. () ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / (). / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Aux termes de l'article R. 626-1 du même code, alors applicable : " I. - La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui, en violation de l'article L. 8251-1 du code du travail, a embauché ou employé un travailleur étranger dépourvu de titre de séjour. / () ".

10. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 8251-1, L. 8253-1 et R. 8253-2 du code du travail que les employeurs qui emploient, pour quelque durée que ce soit, des ressortissants étrangers dépourvus de titre les autorisant à exercer une activité salariée en France sont redevables d'une contribution spéciale au bénéfice de l'OFII pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler. L'OFII est chargé de constater et de liquider cette contribution.

11. La qualité de salarié suppose nécessairement l'existence d'un lien juridique de subordination du travailleur à la personne qui l'emploie, le contrat de travail ayant pour objet et pour effet de placer le travailleur sous la direction, la surveillance et l'autorité de son cocontractant, lequel dispose de la faculté de donner des ordres et des directives, de contrôler l'exécution dudit contrat et de sanctionner les manquements de son subordonné. Pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 8251-1 du code du travail et de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient en conséquence à l'autorité administrative de relever, sous le contrôle du juge, les indices objectifs de subordination permettant d'établir la nature salariale des liens contractuels existant entre un employeur et le travailleur qu'il emploie.

12. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point 8, ou en décharger l'employeur.

13. Il résulte de l'instruction que la présence de M. A D, ressortissant tunisien en situation irrégulière, n'a pas été constatée au sein de la société Jebo, en dépit d'un contrôle réalisé par les services de police le 11 septembre 2019, au cours duquel la présence de quatre étrangers en situation régulière mais non déclarés a été constatée. Au cours d'une mesure de retenue administrative le 9 septembre 2019, M. D a certes affirmé travailler pour la société Jebo depuis le 2 septembre 2019, précisant un peu plus tard avoir réalisé quatre jours d'essai à compter du 23 août 2019 et a notamment donné le numéro de téléphone de M. Mohsen Jeboui, président de la société requérante, ainsi que les prénoms de deux associés. Toutefois, les déclarations circonstanciées de M. D, qui se contredit notamment sur le nombre de jours de repos, ont été fermement contestées par M. B, qui justifie qu'il était en Tunisie du 28 août 2019 au 3 septembre 2019, de sorte qu'il n'a pu être présent à la date alléguée par M. D de son embauche, et ne sont pas davantage corroborées par l'audition de M. E C qui, lorsqu'il a répondu " il n'a pas travaillé longtemps ", répondait à la question " Avez-vous des nouvelles de M. B ' ". Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction que M. D ait, comme il le déclare, effectivement perçu une somme de M. B ou de la société Jebo. Dans ces circonstances, la société requérante ne peut être regardée comme ayant employé M. D.

14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les titres de perception émis le 23 novembre 2020 à l'encontre de la société Jebo pour le recouvrement des sommes de 18 100 euros, au titre de la contribution spéciale, et de 2 124 euros, au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais d'acheminement, doivent être annulés.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Jebo et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les titres de perception n° 091000 009 001 075 250509 2020 0007622 d'un montant de 18 100 euros et n° 091000 009 001 075 250510 2020 0007623 d'un montant de 2 124 euros, émis le 23 novembre 2020, sont annulés.

Article 2 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à la société Jebo une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Jebo est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) Jebo et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J.-M. RIOU La greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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