mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, M. E G, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2020 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
3°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le même préfet l'a assigné à résidence et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant deux dans ;
4°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 8 avril 2021 pris dans son ensemble :
- il n'est pas établi qu'il ait été pris par une autorité habilitée ;
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- il est fondé à invoquer l'illégalité de l'arrêté du 21 décembre 2020, lequel est entaché d'un vice d'incompétence et d'une insuffisance de motivation ; s'agissant plus particulièrement de la décision portant refus de séjour, elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, d'une violation des stipulations du titre III du protocole de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, de l'article 6-5 de l'accord franco algérien précité, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation ; s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est entachée d'illégalité en conséquence de celle de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; s'agissant des décisions portant octroi d'un délai de départ volontaire et fixation du pays de destination, elles sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il est fondé à invoquer l'illégalité de l'arrêté du 21 décembre 2020, lequel est entaché d'un vice d'incompétence et d'une insuffisance de motivation ; s'agissant plus particulièrement de la décision portant refus de séjour, elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, d'une violation des stipulations du titre III du protocole de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, de l'article 6-5 de l'accord franco algérien précité, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation ; s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est entachée d'illégalité en conséquence de celle de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; s'agissant des décisions portant octroi d'un délai de départ volontaire et fixation du pays de destination, elles sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation.
Des pièces, enregistrées le 20 mai 2021, ont été produites par le préfet du Nord.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 décembre 2020 sont irrecevables en l'absence de moyen développé à leur soutien en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Des pièces produites par le préfet du Nord ont été enregistrées le 30 juin 2022.
M. G a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juin 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme D au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E G, ressortissant algérien né le 17 août 2002 à Oran (Algérie), déclare être entré en France le 3 avril 2019, alors âgé de 16 ans. Il a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du département du Nord par une décision du juge des enfants en date du 18 juillet 2019. Le 11 juin 2020, il a présenté une demande de titre de séjour qui a été rejetée par un arrêté du préfet du Nord du 21 décembre 2020. Par ce même arrêté, le préfet l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination. A la suite d'un contrôle d'identité, le même préfet du Nord a pris à son encontre un arrêté le 8 avril 2021 portant assignation à résidence et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans. Par la présente requête, l'intéressé demande au tribunal d'annuler, d'une part, l'arrêté du 21 décembre 2020 et, d'autre part, celui du 8 avril 2021.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 21 juin 2021, M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet de telle sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 21 décembre 2020 :
3. Aux termes des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
4. Si le requérant demande l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2020 par lequel le préfet lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, il ne soulève aucun moyen à l'appui de telles conclusions et se borne à développer des moyens au soutien des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2020 sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
S'agissant de l'incompétence de son auteur :
5. Par un arrêté du 24 mars 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 72 des actes administratifs de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A C, directrice de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions telles que celle en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
S'agissant de l'insuffisance de motivation :
6. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, qu'il vise notamment les dispositions de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'arrêté du 21 décembre 2020 obligeant l'intéressé à quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de trente jours et évoque la suspension temporaire des liaisons aériennes vers l'Algérie, sans date de reprise officielle, la circonstance que l'intéressé justifie d'un domicile ainsi que la durée et les modalités d'exécution de l'assignation. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté serait entaché d'une insuffisance de motivation.
S'agissant de l'exception d'illégalité :
6. En premier lieu, par un arrêté du 1er décembre 2020, publié le même jour au recueil spécial n° 310 des actes administratifs de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à Mme F B de la Perrière, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et fixation du pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 21 décembre 2020 invoqué par voie d'exception manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
7. En second lieu, les décisions objet de l'arrêté du 21 décembre 2020, qui n'ont pas à comporter l'ensemble des circonstances de fait caractérisant la situation de l'intéressé, énoncent l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. G en mesure d'en discuter les motifs. Elles sont ainsi suffisamment motivées au regard des exigences du code des relations entre le public et l'administration Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, il y est fait mention de son placement auprès de l'aide sociale à l'enfance à son arrivée en France. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
8. En troisième lieu, s'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui précise en outre dans la décision contestée que l'accord franco-algérien ne prévoit pas la délivrance d'un titre de séjour spécifique pour les mineurs placés auprès de l'aide sociale à l'enfance, contrairement aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de M. G. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " () ". Aux termes des stipulations de l'article 9 de cet accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent. ". Il résulte de la combinaison de ces stipulations que l'obtention d'un visa de long séjour est nécessaire pour la délivrance, à un ressortissant algérien, d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant ".
10. Il est constant qu'à la date d'enregistrement de sa demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture du Nord, M. G ne disposait pas d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. La circonstance qu'il soit entré mineur sur le territoire ne l'exonère pas de la condition de détention d'un visa long séjour pour bénéficier de ces stipulations. Il n'est, par ailleurs et en tout état de cause, ni établi, ni même allégué, que l'intéressé aurait acquitté le droit de visa de régularisation prévu par les dispositions du D de l'article L. 311-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur version alors applicable. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
11. En cinquième lieu, n'ayant pas présenté de demande sur le fondement des stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien, l'intéressé ne peut utilement soutenir, par voie d'exception, que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaitrait ces stipulations.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
13. En l'espèce, si M. G a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 29 mai 2019, il est constant qu'il résidait en France depuis moins de deux ans à la date de la décision contestée. Par ailleurs, s'il établit s'être inscrit en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " Boulangerie " au titre des années 2020/2022 et avoir conclu un contrat d'apprentissage, il n'établit par aucune pièce le bon déroulement de cette formation, ni que celle-ci et son apprentissage se poursuivaient à la date de la décision contestée, alors qu'il soutenait, lors de son audition par les services de police, travailler dans un autre établissement que celui dans lequel il était supposé être en apprentissage. M. G ne fait par ailleurs état d'aucun lien d'une particulière intensité sur le territoire français, alors que ses parents résident toujours en Algérie, ce qu'il a reconnu lors de son audition par les services de police, où il a vécu la majeure partie de son existence. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. G une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont seraient entachées les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision portant refus de séjour doivent, par suite, être écartés.
14. En septième lieu, compte tenu de ce qui précède, les exceptions d'illégalité soulevées s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, de l'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et de la décision fixant le pays de destination, doivent, en tout état de cause, être écartées.
S'agissant de l'erreur de droit :
15. Il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. G. Si le requérant soutient qu'il n'a pas été tenu compte sa situation scolaire, il n'établit pas, par les seules pièces produites, qu'il poursuivait toujours sa formation et son apprentissage à la date de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
S'agissant de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
16. Ainsi, qu'il a été dit au point précédent, l'intéressé n'établit pas qu'il poursuivait encore sa formation et son apprentissage à la date de la décision en litige et ne fait état d'aucune autre circonstance susceptible d'établir une méconnaissance de ces stipulations. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors applicable : " () / III. ' L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. / () / Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. / () Lorsque l'étranger ne faisant pas l'objet d'une interdiction de retour s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative prononce une interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que M. G a fait l'objet, par un arrêté du 21 décembre 2020, d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par suite, en se fondant sur les dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 511-1 pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans, alors que l'intéressé n'a aucunement fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, le préfet du Nord a entaché sa décision d'erreur de droit.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. G est seulement fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
19. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission de M. G au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 8 avril 2021 portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E G, à Me Dewaele et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. D
Le président,
signé
Ch. BAUZERAND
La greffière,
signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026