jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 12 avril 2021 et 28 septembre 2022, la société civile immobilière Kris Immo, représentée par Me Guey-Balgairies, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision en date du 12 février 2021 par laquelle le collège territorial de second examen des demandes de rescrits de Lille s'est prononcé sur sa demande de prise de position relative à la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée se rapportant aux dépenses supportées pour la construction ou l'entretien d'une partie d'immeuble affectée à l'hébergement du gardien.
Elle soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 260, 2° du code général des impôts en ce que les fonctions de gérant de M. A, garant de la marchandise entreposée dans ses locaux la nuit et le week-end vis-à-vis de ses clients, impliquent par nature et au vu de son activité au sein de la société J.A.Q Logistic, une résidence permanente sur le lieu de travail, compte tenu de sa situation dans une zone portuaire ;
- la décision méconnaît les dispositions du 2° du 2 du IV de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts, qui prévoient un coefficient d'admission nul pour le logement du personnel de gardiennage, de sécurité ou de surveillance sur les chantiers ou dans les locaux de l'entreprise, dès lors que les fonctions de gardien assurées par M. A le soir et le week-end sont permanentes ;
- la décision méconnaît les énonciations du paragraphe n° 30 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-TVA-DED-30-30-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par la société Kris Immo ne sont pas fondés ;
- en tout état de cause, les dispositions du 2° du 2 du IV de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts ne peuvent concerner que le preneur du logement, à savoir la société J.A.Q Logistic.
Par une ordonnance en date du 30 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 octobre 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'en l'absence d'effets notables autres que fiscaux, et compte tenu de la possibilité d'un recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt, la décision du collège territorial de second examen des demandes de rescrits de Lille en date du 12 février 2021 n'est pas susceptible d'être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Kris Immo, dont le gérant est M. A, est propriétaire de locaux nus à usage professionnel situés dans la zone portuaire du Grand Port Maritime de Dunkerque, qu'elle a donnés en location le 1er avril 2019 à la société J.A.Q Logistic, également gérée par M. A. Le 2 septembre 2019, les deux sociétés ont sollicité de l'administration fiscale, sur le fondement du 1° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, une prise de position quant à la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée se rapportant aux dépenses supportées pour la construction ou l'entretien d'une partie de l'immeuble affectée à l'hébergement de M. A. Par un courrier du 10 juillet 2020, l'administration fiscale a considéré que ces dépenses ne pouvaient pas ouvrir droit à déduction. Les sociétés ont alors sollicité un second examen, conformément à l'article L. 80 CB du livre des procédures fiscales. Par une décision en date du 12 février 2021, le collège de second examen des demandes de rescrits de Lille a confirmé la position de l'administration fiscale. La société Kris Immo doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision, qui s'est substituée à la prise de position initiale.
2. Aux termes de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. / () ".
3. Une prise de position formelle de l'administration sur une situation de fait au regard d'un texte fiscal en réponse à une demande présentée par un contribuable sur le fondement des 1° à 6° et du 8° de l'article L. 80 B ou de l'article L. 80 C du livre des procédures fiscales présente, eu égard aux effets qu'elle est susceptible d'avoir pour le contribuable et, le cas échéant, pour les tiers intéressés, le caractère d'une décision. En principe, une telle décision ne peut pas, compte tenu de la possibilité d'un recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt, être contestée par le contribuable par la voie du recours pour excès de pouvoir. Toutefois, cette voie de droit est ouverte lorsque la prise de position de l'administration, à supposer que le contribuable s'y conforme, entraînerait des effets notables autres que fiscaux et qu'ainsi, la voie du recours de plein contentieux devant le juge de l'impôt ne lui permettrait pas d'obtenir un résultat équivalent. Il en va ainsi, notamment, lorsque le fait de se conformer à la prise de position de l'administration aurait pour effet, en pratique, de faire peser sur le contribuable de lourdes sujétions, de le pénaliser significativement sur le plan économique ou encore de le faire renoncer à un projet important pour lui ou de l'amener à modifier substantiellement un tel projet.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier et la société Kris Immo n'allègue d'ailleurs pas, alors que l'immeuble en cause a été construit et loué avant même la demande qu'elle a présentée avec la société J.A.Q Logistic, sur le fondement du 1° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, afin que lui soit reconnue la possibilité d'opter pour l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée de la location du logement de M. A, en application de l'article 260 du code général des impôts, qu'entraînerait des effets notables autres que fiscaux la décision que l'administration fiscale a prise en réponse à cette demande. Dans ces circonstances, les conclusions de la société Kris Immo tendant à l'annulation de cette décision ne sont pas recevables.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la société Kris Immo doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Kris Immo est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Kris Immo et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026