vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 avril 2021 et le 23 juillet 2022, Mme D A, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2020 par laquelle la responsable des ressources humaines du centre communal d'action sociale de Roubaix lui a fait part de ce qu'elle devait reprendre son service en mi-temps thérapeutique le 26 octobre 2020 ;
2°) d'annuler la décision de la directrice générale du centre communal d'action sociale de Roubaix du 27 octobre 2020 suspendant sa rémunération jusqu'à sa reprise à mi-temps thérapeutique ;
3°) d'annuler la décision de la directrice générale du centre communal d'action sociale de Roubaix du 26 novembre 2020 l'informant que la période du 27 octobre 2020 au 15 novembre 2020 sera non rémunérée pour absence de service fait ;
4°) d'annuler la décision du vice-président du centre communal d'action sociale de Roubaix du 19 janvier 2021 lui refusant le bénéfice d'un congé de longue maladie ou d'un congé de longue durée ;
5°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Roubaix une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision du 14 octobre 2020 :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle lui fait grief en ce qu'elle s'approprie les conclusions du médecin agréé ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en méconnaissance de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, son état de santé justifiant qu'elle bénéficie d'un congé de maladie.
En ce qui concerne la décision du 27 octobre 2020 :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle justifie d'arrêts de travail pour raison de santé et doit être placée en congé de maladie et ne peut être regardée comme en absence injustifiée ;
- elle ne pouvait saisir le comité médical plus tôt, faute d'avoir été destinataire de l'avis émis par le médecin agréé ;
- il appartenait au CCAS de se rapprocher du médecin de prévention pour apprécier si les arrêts de travail apportaient un élément nouveau ;
- l'avis de reprise est contredit par les attestations médicales qu'elle verse au dossier.
En ce qui concerne la décision du 26 novembre 2020 :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle justifie d'arrêts de travail pour raison de santé et doit être placée en congé de maladie et ne peut être regardée comme en absence injustifiée ;
- cette décision ne peut être regardée comme confirmative de la décision du 27 octobre 2020.
En ce qui concerne la décision du 19 janvier 2021 :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la procédure est irrégulière en l'absence de consultation préalable du comité médical ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 14 octobre 2020 ;
- le bénéfice d'un congé de longue maladie ou de longue durée ne pouvait lui être refusé au regard de son état de santé ;
- cette décision ne peut être regardée comme confirmative alors qu'elle lui refuse le bénéfice d'un congé de longue durée ou de longue maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, le centre communal d'action sociale de Roubaix, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante.
Il fait valoir que :
- le courrier du 14 octobre 2020 n'est pas une décision faisant grief mais un acte préparatoire à la mise en demeure de reprendre son poste du 15 décembre et à la décision du 27 octobre 2020 ;
-le courrier du 26 novembre 2020 est confirmatif du courrier du 27 octobre 2020 ;
-le courrier du 19 janvier 2021 ne constitue pas une décision susceptible de recours car elle n'a strictement aucun effet sur la situation de la requérante pour être purement confirmatif de la décision du 27 octobre 2020 ;
- les conclusions en annulation des courriers du 14 octobre 2020, du 26 novembre 2020 et du 19 janvier 2021 sont irrecevables.
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Par une décision du 21 juin 2021, Mme D A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guyard, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est auxiliaire de puériculture principale de 1ère classe, employée par le centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Roubaix depuis le 1er juillet 2012. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 31 août 2020. Le 14 octobre 2020, le CCAS a fait réaliser une contre-visite par un médecin agréé, lequel a préconisé une reprise d'activité en mi-temps thérapeutique pour une durée de trois mois à compter du 26 octobre 2020. Par courrier du 14 octobre 2020, le CCAS a informé Mme A des conclusions du médecin agréé et l'a invitée à se rapprocher de son médecin traitant pour entamer les démarches tendant à organiser sa reprise en mi-temps thérapeutique. Ni Mme A ni son médecin ne se sont manifestés auprès du CCAS et Mme A, qui ne s'est pas présentée sur son lieu de travail le 26 octobre 2020, a fait parvenir à son employeur une prolongation d'arrêt de travail jusqu'au 22 novembre 2020. Le 27 octobre 2020, le CCAS a informé Mme A qu'en l'absence de motif nouveau d'arrêt de travail permettant de remettre en cause l'avis du médecin agréé, sa rémunération allait être suspendue pour absence de service fait. Mme A s'est bornée à faire parvenir à son employeur des certificats médicaux de prolongation d'arrêt de travail. Par une lettre du 26 novembre 2020, le CCAS a indiqué à Mme A que pour la période du 27 octobre 2020 au 15 novembre 2020 en l'absence de service fait, sa rémunération était suspendue. Le 15 décembre 2020, le CCAS a mis en demeure Mme A de reprendre ses fonctions le 4 janvier 2021 et l'a informée qu'en cas d'absence, elle s'exposait à une radiation des cadres pour abandon de poste. Mme A n'a pas repris ses fonctions à la date prescrite. Le 19 janvier 2021, son employeur l'a mise en demeure de reprendre son poste ou l'a invitée à confirmer le cas échéant qu'une reprise en mi-temps thérapeutique n'était pas envisageable afin qu'il puisse diligenter une nouvelle visite par un médecin agréé. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation des décisions du 14 octobre 2020, du 27 octobre 2020, du 26 novembre 2020 et du 19 janvier 2021 du CCAS de la ville de Roubaix.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 14 octobre 2020 :
S'agissant de la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Il ressort des termes du courrier du 14 octobre 2020 que ce dernier informe la requérante des suites que le CCAS a décidé de donner à la visite de contrôle médical s'étant tenue le même jour et, en particulier, l'invite à se rapprocher de son médecin traitant pour entamer les démarches tendant à organiser sa reprise en mi-temps thérapeutique à compter du 26 octobre 2020, en s'appropriant ainsi les conclusions du médecin chargé de la contre-expertise médicale. Dès lors, ce courrier ne peut être regardé comme purement informatif et constitue bien une décision faisant grief à la requérante. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut être accueillie.
S'agissant du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision :
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la responsable du service des ressources humaines du CCAS aurait reçu délégation justifiant de sa compétence à décider de la reprise après contre-expertise médicale de Mme A. Par suite, la décision du 14 octobre 2020 doit être regardée comme prise par une autorité incompétente et doit être annulée pour ce motif.
En ce qui concerne la décision du 27 octobre 2020 :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 4 septembre 2020, le président du CCAS de Roubaix a délégué, en cas d'absence ou d'empêchement du vice-président du centre communal, sa signature à Mme B C, directrice générale du CCAS, pour signer toutes les décisions relatives à la nomination des agents et la gestion du personnel du centre communal d'action sociale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code de relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / " et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. En l'espèce, la décision du 27 octobre 2020 rappelle à Mme A qu'elle était tenue de reprendre son service le 26 octobre 2020, conformément à l'avis rendu par le médecin agréé, lui indique que le nouvel arrêt de travail transmis pour la période du 23 octobre au 22 novembre 2020 ne peut être pris en compte en ce que cet arrêt de travail ne fait état d'aucun élément nouveau par rapport à la situation constatée par le médecin expert le 14 octobre 2020, que l'avis du médecin expert prime sur celui du médecin traitant, l'informe de ce que ses absences ne seront pas rémunérées en l'absence de service fait et l'invite à reprendre dans les plus brefs délais. Dès lors, cette décision est suffisamment motivée et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. " et aux termes de l'article 15 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors en vigueur : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité territoriale dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. Cet avis indique, d'après les prescriptions d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme, la durée probable de l'incapacité de travail. () / L'autorité territoriale peut faire procéder à tout moment à une visite de contrôle du demandeur par un médecin agréé. (). Lorsque l'autorité territoriale fait procéder à une visite de contrôle, le fonctionnaire doit se soumettre à la visite du médecin agréé sous peine d'interruption du versement de sa rémunération jusqu'à ce que cette visite soit effectuée. / Le conseil médical compétent peut être saisi, soit par l'autorité territoriale, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé. ".
8. Il résulte des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 alors en vigueur que le congé de maladie est un droit pour le fonctionnaire qui fait parvenir à l'autorité administrative le certificat prévu par les dispositions du 1er alinéa de l'article 15 du décret du 30 juillet 1987 précité, sous réserve des possibilités de contrôle prévues par le 2ème alinéa du même article. Lorsque le médecin agréé qui a procédé à la contre-visite du fonctionnaire conclut à l'aptitude de celui-ci à reprendre l'exercice de ses fonctions, il appartient à l'intéressé de saisir le comité médical compétent s'il conteste ces conclusions. Si, sans contester ces conclusions, une aggravation de son état ou une nouvelle affection, survenue l'une ou l'autre postérieurement à la contre-visite, le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, il lui appartient de faire parvenir à l'autorité administrative un nouveau certificat médical attestant l'existence de ces circonstances nouvelles.
9. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'à la date de la décision en litige, Mme A ait adressé à son administration des documents médicaux remettant en cause le constat médical effectué par le médecin agréé lors de la contre-visite du 14 octobre 2020, lequel concluait en la possibilité d'une reprise à mi-temps thérapeutique à compter du 26 octobre 2020. Si Mme A produit à l'appui de sa requête une attestation médicale datée du 12 novembre 2020 établie par un médecin du travail, et des documents médicaux établis les 20 novembre 2020 et 4 février 2021, ces certificats ne font pas état d'éléments nouveaux relatifs à son état de santé, qui constitueraient des circonstances nouvelles intervenues postérieurement à la contre-visite du 14 octobre 2020. Enfin, contrairement à ce que soutient Mme A, elle a été informée le 14 octobre 2020, par son employeur, des conclusions rendues par le médecin agréé, de sorte qu'elle pouvait, dès cette date, saisir le comité médical si elle s'estimait fondée à le faire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 27 octobre 2020 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 26 novembre 2020 :
11. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, Mme B C, directrice générale du CCAS, était compétente pour signer toutes les décisions relatives à la nomination des agents et la gestion du personnel du centre communal d'action sociale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
12. En deuxième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative, lorsqu'elle liquide le traitement d'un agent, procède à une retenue pour absence de service fait, constitue une mesure purement comptable, qui n'a pas le caractère ni d'une sanction, ni d'une décision refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit au sens des dispositions du code des relations entre le public et l'administration citées au point 5 et n'a donc pas à être motivée sauf dans le cas où elle révèlerait par elle-même un refus opposé à une demande tendant à la reconnaissance d'un droit à rémunération malgré l'absence de service fait. À supposer que la décision du 26 novembre 2020, qui, pour l'essentiel, informe Mme A de ce que la période du 27 octobre 2020 au 15 novembre 2020 fera l'objet d'une retenue sur traitement pour absence de service fait, puisse être regardée comme lui refusant à nouveau le bénéfice d'un congé de maladie, cette décision est suffisamment motivée en ce qu'elle rappelle la teneur du courrier du 27 octobre 2020 et la circonstance que la requérante n'a ni repris le travail ni transmis d'élément nouveau permettant une nouvelle étude de sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
13. En troisième lieu, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, Mme A n'avait fourni à son employeur aucun élément médical faisant état de circonstances nouvelles intervenues postérieurement à la contre-visite du 14 octobre 2020 et n'avait pas davantage saisi le comité médical d'une contestation des conclusions du médecin agréé. Ainsi pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 8 et 9, les moyens tirés de l'erreur de droit et d'appréciation doivent être écartés.
14. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 novembre 2020 doivent être rejetées.
En ce qui concerne le courrier du 19 janvier 2021 :
15. Contrairement à ce que soutient Mme A, le courrier du 19 janvier 2021 du vice-président du CCAS de Roubaix, qui se borne à mettre l'intéressée en demeure de reprendre son service, ou à justifier utilement de son absence auprès du service des ressources humaines, n'a ni pour objet ni pour effet de lui refuser le bénéfice d'un congé de longue maladie ou de longue durée. Par suite, le CCAS est fondé à soutenir que les conclusions de la présente requête, en tant qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante, doivent être rejetées comme irrecevables.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à obtenir l'annulation de la décision du 14 octobre 2020.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre communal d'action sociale de Roubaix, qui n'est pas partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A la somme que le centre communal d'action sociale de Roubaix demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 octobre 2020 de la directrice des ressources humaines du centre communal d'action sociale de Roubaix est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Roubaix au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Stienne-Duwez et au centre communal d'action sociale de Roubaix.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Guyard, première conseillère,
Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe, le 14 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
S. GUYARD
La présidente
Signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
Signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026