jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102767 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SAVOYE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 avril 2021 et 30 juin 2022 sous le n° 2102767, M. C H, Mme E H, Mme B H, Mme A H, Mme F H et Mme D H, représentés par la SCP Savoye-Forgeois, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le permis de construire tacite accordé par le maire de Seclin aux sociétés Notre Logis et Projectim Habitat afin de bâtir 5 maisons individuelles et 3 immeubles collectifs d'une contenance totale de 80 logements sur une parcelle cadastrée AE 19 située 453 rue du 8 mai 1945 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Seclin le versement de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire a été établi en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-7 et suivants du code de l'urbanisme dès lors que le plan de masse ne comprend pas de cote ni d'échelle et que les documents graphiques ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la décision attaquée ne reprend pas les prescriptions de l'avis de la métropole européenne de Lille à propos des risques relatifs à la vulnérabilité des champs captants ni les prescriptions de l'avis du service commun des carrières souterraines de la commune de Lille relatives au risque de mouvements de terrain et que les véhicules de secours ne pourront pas circuler sur la voie nouvellement créée ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille dès lors que la voie de desserte du projet présente un caractère accidentogène ;
- elle méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et les dispositions équivalentes du règlement du PLUi dès lors que le projet ne s'insère pas dans son environnement ;
- le projet méconnait les dispositions du règlement du PLUi relatives aux espaces paysagers communs extérieurs en ne prévoyant pas un espace d'un seul tenant d'une superficie minimum de 425 mètres carrés ;
- le projet méconnait les dispositions du PLUi relatives à l'emprise au sol dès lors que celle-ci est supérieure à 30% du terrain d'assiette ;
- le projet méconnait les dispositions du règlement du PLUi relatives aux voies nouvelles ouvertes à la circulation dès lors qu'il comprend une voie d'une emprise inférieure à 7 mètres de large, qu'il ne prévoit pas de cheminement piétonnier et n'a pas d'aire de retournement dans sa partie finale ;
- le projet méconnait les dispositions du règlement du PLUi relatives au traitement paysager des franges urbaines dès lors que le mur ouest du bâtiment A sera situé à moins de 10 mètres de la limite séparative bordant la zone AUDM.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 juin 2021, 7 janvier 2022, 2 février 2022, 5 mai 2022 et 21 juillet 2022, les sociétés Projectim Habitat et 3F Notre Logis, représentées par la SCP Tirard et associés, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des consorts H le versement de la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir :
- à titre principal, que les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, qu'un sursis à statuer peut être prononcé si les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du PLUi relatives aux espaces paysagers communs extérieurs et au traitement paysager des franges urbaines étaient accueillis.
La requête a été communiquée à la commune de Seclin qui n'a pas produit de mémoire.
Par lettre du 20 avril 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur la requête dans l'attente de la régularisation du vice tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qui concerne le risque de mouvements de terrain, des dispositions de la section II du chapitre 4.2 du titre II du livre III du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille relatives aux espaces paysagers communs extérieurs et à l'emprise au sol du projet ainsi que des dispositions du B du III de la section II du chapitre 2 du titre 1 du livre I du même règlement relatives au traitement paysager des franges urbaines.
Par un mémoire enregistré le 24 avril 2022, M. et Mmes H ont présenté des observations en réponse au courrier du 20 avril 2022.
Par un mémoire enregistré le 26 avril 2022, les sociétés 3F Notre Logis et Projectim Habitat ont présenté des observations en réponse au courrier du 20 avril 2022.
II. Par une requête enregistrée le 7 janvier 2022 sous le n° 2200137, les sociétés Projectim Habitat et 3F Notre Logis, représentées par la SCP Tirard et associés, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le maire de Seclin a refusé de leur délivrer un permis de construire modificatif en vue de bâtir 80 logements collectifs et 5 maisons individuelles sur une parcelle cadastrée AE 19 située 453 rue du 8 mai 1945.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas motivé ;
- il a été édicté en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'un permis de construire tacite est intervenu le 30 novembre 2021, que l'arrêté attaqué doit s'analyser comme une décision de retrait et n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors que le permis de construire modificatif n'était pas illégal ;
- le motif sur lequel il se fonde a été retiré dès lors que la métropole européenne de Lille a émis un avis favorable au projet.
La requête a été communiquée à la commune de Seclin qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- les observations de Me Forgeois, avocat de M. et Mmes H ;
- les observations de Me Baysan, avocat des société 3F Notre Logis et Projectim Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2102767 et n°2200137 concernent la même opération immobilière et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Les sociétés Notre Logis et Projectim Habitat ont conjointement déposé le 20 décembre 2019 une demande de permis de construire en vue de bâtir cinq maisons individuelles ainsi que deux immeubles de logements collectifs contenant 80 logements sur une parcelle cadastrée AE 19, située 453 rue du 8 mai 1945 à Seclin. Par un courrier du 20 décembre 2019, le maire de Seclin a informé les pétitionnaires que le délai d'instruction de la demande était porté à quatre mois. En l'absence de décision expresse, les sociétés Notre Logis et Projectim Habitat sont devenues titulaires d'un permis de construire tacite le 3 juillet 2020. Le 16 décembre 2020, M. et Mmes H ont formé un recours gracieux contre le permis de construire initial, que le maire de Seclin a implicitement rejeté. Le 2 septembre 2021, les sociétés pétitionnaires ont sollicité un permis de construire modificatif. Le 27 décembre 2021, le maire de Seclin a refusé de délivrer le permis de construire modificatif sollicité. Par la requête 2102767, M. et Mmes H demandent au tribunal d'annuler le permis de construire obtenu tacitement par les sociétés Notre Logis et Projectim Habitat. Par la requête 2200137, lesdites sociétés demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2021 du maire de Seclin.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 27 décembre 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'Etat. ". Il résulte des dispositions du c) de l'article R. 423-23 du même code qu'en ce qui concerne un permis de construire ne portant pas sur une maison individuelle, le délai d'instruction de droit commun est de trois mois. Selon le b) de l'article
R. 423-18 dudit code, la modification du délai d'instruction de droit commun est notifiée au demandeur dans le mois qui suit le dépôt de la demande. Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code, " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut () b) Permis de construire () tacite. ".
4. En l'espèce, la demande de permis de construire modificatif des sociétés Projectim Habitat et 3F Notre Logis a été enregistrée auprès des services de la commune de Seclin le 2 septembre 2021 et considérée comme complète à cette date. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le courrier du 15 octobre 2021 par lequel la commune de Seclin a souhaité porter le délai d'instruction de la demande à quatre mois a été notifié aux sociétés pétitionnaires dans le délai d'un mois suivant le dépôt de la demande prévu par l'article R. 423-18 du code de l'urbanisme. Le courrier électronique adressé par la commune de Seclin le 22 novembre 2021 aux sociétés requérantes n'a pas non plus eu pour effet de prolonger le délai d'instruction, dès lors que cette notification est également survenue postérieurement au délai d'un mois suivant le dépôt de la demande prévu par l'article R. 423-18 du code de l'urbanisme. Le délai d'instruction de trois mois prévu par l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme n'a ainsi pas été prorogé.
5. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du 27 décembre 2021 par le maire de Seclin a refusé de délivrer le permis sollicité a été notifié aux pétitionnaires avant l'expiration du délai de trois mois prévu par les dispositions mentionnées au point 3. Ainsi en en application de ces mêmes dispositions, les sociétés requérantes sont devenues titulaires d'un permis tacite à compter du 2 décembre 2022. Par suite, l'arrêté du 27 décembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Seclin a refusé de délivrer un permis de construire modificatif, notifié postérieurement à la naissance de l'autorisation tacite, doit s'analyser comme une décision de retrait de ladite autorisation.
6. Aux termes de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui retire une autorisation d'urbanisme créatrice de droits ne peut intervenir que si son titulaire a, au préalable, été mis à même de présenter ses observations. Une telle procédure contradictoire implique que celui-ci ait été averti de la mesure que l'administration envisage de prendre, des motifs sur lesquels elle se fonde et, qu'il bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions précitées constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation que le maire envisage de retirer.
8. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 5, les sociétés pétitionnaires ont été titulaires d'un permis de construire modificatif tacite à compter du 2 décembre 2021, retiré par l'arrêté du 27 décembre 2021 attaqué. Le prononcé de cet arrêté devait donc, en vertu des dispositions et principes rappelés ci-dessus, être précédé d'une procédure contradictoire. Or, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que les sociétés Projectim Habitat et 3F Notre Logis ont été informées par le maire de Seclin qu'il était envisagé de remettre en cause les droits résultant du permis modificatif tacite dont elles sont bénéficiaires et qu'elles avaient la faculté de communiquer leurs observations sur ce point. Une telle irrégularité dans la procédure a privé les sociétés pétitionnaires de la garantie prévue par les articles L. 121-1 et L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration. L'arrêté attaqué est, par suite, entaché d'illégalité.
9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est de nature à fonder l'annulation de la décision attaquée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 27 décembre 2021 du maire de Seclin doit être annulé.
En ce qui concerne le permis de construire initial :
S'agissant de la composition du dossier de demande de permis de construire :
11. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. (). " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
12. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
13. D'une part, si le plan de masse joint à la demande de permis de construire ne comporte pas d'échelle ni l'intégralité des mesures de l'ensemble des éléments du projet, il contient la quasi-totalité de ces côtes, ce qui a permis au service instructeur de vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable. D'autre part, le dossier de demande de permis de construire contient deux documents d'insertion graphique avec une vue depuis la rue du 8 mai 1945 et depuis le cœur d'îlot, de nombreuses photographies de l'environnement proche et lointain parmi lesquelles des photographies aériennes ainsi qu'une description précise du projet et de son environnement dans la notice explicative. Par suite, le service instructeur a été mis en mesure d'apprécier de manière suffisante l'insertion du projet dans son environnement. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit, dès lors, être écarté en ses deux branches.
S'agissant des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
14. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
15. En premier lieu, si le terrain d'assiette du projet est situé en zone AAC2 à vulnérabilité forte de la nappe de craie et dans le périmètre PIG-S1 de la protection des captages d'eau, il ne ressort pas des termes de l'avis de la métropole européenne de Lille en date du 14 février 2020 ni d'aucune autre pièce du dossier que le projet serait de nature à porter atteinte à la salubrité publique et aurait dû être refusé ou assorti de prescriptions particulières afin de protéger la nappe phréatique.
16. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la voie créée sur le terrain d'assiette du projet aura une largeur de 5,5 mètres, suffisante pour permettre le croisement des véhicules et le passage des véhicules de secours. La décision contestée n'est ainsi pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur ce point.
17. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet est situé en zone bleue du plan d'exposition aux risques de mouvements de terrain approuvé le 13 juin 1988. Suivant l'avis émis le 15 janvier 2020 par le service commun des carrières souterraines de la commune de Lille, différents éléments, dont une étude géophysique de 2001, semblent indiquer la présence d'une cavité à l'angle nord-est du projet dans le périmètre d'implantation des cinq maisons individuelles, le secteur étant en outre susceptible d'être affecté par la présence d'autres cavités. Ce même avis préconise, au regard du risque susceptible d'affecter cette partie du projet, soit la réalisation de forages supplémentaires dans cette zone afin de démontrer l'absence de cavités, soit faire reposer les maisons individuelles sur une structure rigide dimensionnées aux conditions de fontis, soit sur des fondations renforcées. Il ressort des pièces du dossier que la société Fondasol a réalisé le 21 décembre 2018 pour le compte de la société Projectim Habitat une étude micro gravimétrique ainsi que 25 forages destructifs de recherche de vide à 15 mètres de profondeur sur le terrain d'assiette du projet, lesquels n'ont mis en évidence l'existence d'aucun vide franc ou remblayé. La circonstance, à la supposer établie, que ces forages ont été menés alors que la société Projectim Habitat envisageait alors de construire 101 logements au lieu de 85 est sans incidence sur la pertinence des conclusions de cette étude constatant l'absence de vide dans le sous-sol dès lors que celle-ci a porté sur même terrain d'assiette et que les forages ont été réalisés sur ledit terrain. Par suite, compte-tenu notamment de l'avis rendu par le service commun des carrières souterraines et de l'étude réalisée le 21 décembre 2018, et alors que les requérants n'établissent pas que ces mesures seraient insuffisantes pour prévenir un risque d'effondrement, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
S'agissant de la voie de desserte :
18. Selon le I de la section II du chapitre 3 du titre 3 du livre I du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille applicables à toutes zones, dans sa version applicable au présent litige : " Toute unité foncière doit être desservie par une voie publique ou privée ouverte à la circulation ou par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin dans un état de viabilité conforme à l'usage attendu et présentant des caractéristiques permettant de satisfaite aux exigences de sécurité pour tous, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de collecte des ordures ménagères ".
19. En l'espèce, le projet est desservi par la rue du 8 mai 1945, qui est une voie rectiligne équipée de ralentisseurs. Si elle comporte des rétrécissements par endroits, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette voie serait dangereuse et insuffisante en vue de la desserte du projet, contrairement à ce que les requérants soutiennent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du PLUi doit être écarté.
S'agissant de l'insertion du projet dans son environnement :
20. D'une part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". D'autre part, aux termes de la section I du chapitre 3 des dispositions communes du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille applicables à toutes zones : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les dispositions du règlement général de voirie communautaire concernant notamment les saillies et surplombs sur le domaine public doivent être respectées. ". Ces dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
21. En cas d'atteinte par les constructions projetées à l'intérêt des lieux avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer l'autorisation sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'autorisation ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
22. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en face d'un lotissement composé de maisons d'habitations traditionnelles en briques rouges sur environ 125 mètres, implantées de l'autre côté de la rue du 8 mai 1945. D'autres maisons d'habitations individuelles présentant une architecture plus élaborée sont également situées le long de la rue du 8 mai 1945 sans toutefois conférer à l'environnement immédiat du projet un caractère ou un intérêt marqués ni même une unité d'ensemble particulière. Le projet en litige consiste notamment à construire cinq maisons individuelles en front de rue dans des volumes teintes et matériaux similaires à ceux des habitations situées de l'autre côté de la rue du 8 mai 1945. Le projet consiste également à bâtir deux bâtiments de logements collectifs en R+1+combles situés en retrait de la voie publique et peu visibles depuis celle-ci avec une façade en brique rouge sombre pour les façades Sud et Ouest et en enduit rouge sombre pour les façades Nord et Est rappelant les teintes des constructions avoisinantes. Ainsi, les caractéristiques du projet ne peuvent être regardées comme susceptibles de porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants. Dans ces conditions, même si l'architecte des bâtiments de France dans son avis du 7 février 2020 préconise la réorganisation des jardinets et des stationnements en front de rue, alors qu'il ressort au demeurant des pièces du dossier et notamment des photographies de l'environnement du projet que les maisons individuelles du lotissement situé en face du terrain d'assiette du projet possèdent également une place de stationnement en front de rue, le maire de la commune de Seclin n'a pas fait une inexacte application des dispositions de la section I du chapitre 3 des dispositions communes du règlement du PLUi et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ainsi que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
S'agissant de la voie créée :
23. Aux termes du B du I de la section I du titre 3 du livre I du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille : " Sont considérées comme voies ouvertes à la circulation, au sens du présent règlement, les emprises circulables, publiques ou privées, réunissant les conditions suivantes : être ouvertes à la circulation de façon permanente et adaptées aux exigences de sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de collecte des ordures ménagères. Sont exclues de cette définition les voies de service, ayant vocation à permettre la desserte des immeubles exclusivement par des véhicules de service, de secours ou de livraison. Pour les voies nouvelles ouvertes à la circulation publique réalisées dans le cadre d'opérations d'aménagement d'ensemble celles-ci doivent répondre aux conditions suivantes : - desservir au moins 5 lots ou 5 logements, - disposer des réseaux nécessaires à leur fonctionnement et bon usage, - présenter une emprise minimale d'au moins 7 mètres, tout en respectant les critères détaillés au paragraphe " Configuration ". ".
24. Il ressort des pièces du dossier que les sociétés pétitionnaires ont prévu la création d'une voie sur le terrain d'assiette du projet qui dessert les différents immeubles et se termine en impasse. Cette voie est séparée de la rue du 8 mai 1945 par un portail figurant sur l'ensemble des plans joints au dossier de demande de permis de construire et ne peut dès lors être regardée comme ouverte à la circulation publique de façon permanente au sens des dispositions précitées du règlement du PLUi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant et doit être écarté.
S'agissant des aires de stationnement :
25. Aux termes du E du chapitre 4 du Titre II du Livre I du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille intitulé " traitement paysager des aires de stationnement " : " Au-delà de 1.000 m² les aires de stationnement en plein air doivent être fractionnées en plusieurs unités par des dispositifs végétaux et comprendre des cheminements piétonniers permettant d'aller du véhicule garé au bâtiment en toute sécurité () ".
26. Il ressort des pièces du dossier que les aires de stationnement en plein air du projet occupent une surface supérieure à 1 000 mètres carrés et que les places de stationnement numérotées de 1 à 4 ne sont desservies par aucun cheminement piétonnier permettant de rejoindre les immeubles d'habitation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être accueilli en ce qui concerne les places de stationnement du projet portant les numéros 1 à 4.
S'agissant des autres moyens :
27. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
Quant aux espaces paysagers communs extérieurs :
28. Aux termes de la section II du chapitre 4.2 du Titre II du Livre III du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille : " Pour toute opération de construction d'au moins 20 logements ou prévue sur un terrain d'une superficie supérieure ou égale à 5000 m2, les espaces paysagers communs extérieurs doivent couvrir au moins 15 % du terrain d'assiette de l'opération. A l'intérieur de ces espaces paysagers communs doit être aménagé au moins un espace accessible d'un seul tenant d'une superficie minimum de 5m2/logement ".
29. Il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif, lequel a été obtenu tacitement le 2 décembre 2021 ainsi qu'il a été dit au point 5, que le projet modifié qui consiste à créer 85 logements contient un espace paysager commun extérieur de 425 mètres carrés d'un seul tenant correspondant à la superficie minimum de 5 mètres carrés par logement imposée par les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme. Dès lors, le vice tenant à la méconnaissance de la section II du chapitre 4.2 du Titre II du Livre III de ce règlement a été régularisé par le permis de construire modificatif et ne peut plus être utilement invoqué à l'appui de la demande d'annulation du permis de construire initial. Par suite, le moyen doit être écarté.
Quant à l'emprise au sol :
30. Aux termes de la section II du chapitre 4.2 du livre III du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille, l'emprise au sol maximum des " habitations, commerces, activités de service et tertiaire " est limitée à 30% en zone UAR 4.2. Selon le glossaire de ce plan, contenu en son livre VI, l'emprise au sol se définit comme " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'emprise au sol : () les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements () ".
31. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet recouvre une superficie de 9 297 mètres carrés. L'emprise au sol maximale autorisée du projet, situé en zone UAR 4.2 est de 2 789,1 mètres carrés. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse versé à l'appui de la demande de permis de construire modificatif obtenu tacitement le 2 décembre 2021 et annoté par le pétitionnaire le 4 mai 2022 que l'emprise au sol du projet s'élève à 2 714,14 mètres carrés hors débords de toiture, soit un coefficient de 29,19%. Il ressort des plans de coupe du projet que ces débords de toiture ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements. Par ailleurs, il n'apparait pas que le plan de masse annoté le 4 mai 2022 serait différent du plan de masse soumis à l'appréciation de l'administration dans le cadre de la demande de permis de construire modificatif dès lors que ni l'implantation ni les volumes des bâtiments projetés ne sont modifiés. Ainsi, et même en prenant en compte l'emprise au sol de 10 mètres carrés du poste EDF implanté à l'extrémité sud du terrain d'assiette, l'emprise au sol du projet ne représente pas plus de 30% du terrain d'assiette. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du PLUi doit être écarté.
Quant au traitement paysager des franges urbaines :
32. Aux termes des dispositions du III B de la section II du chapitre 2 du titre 1 du livre I du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille applicable à l'ensemble des zones : " Quand une ou des limites séparatives constitue (nt) également une limite avec une zone AUDM, A, N, NL, NJ, et NE : Tout point d'une construction d'une habitation doit être à une distance au moins égale à 10 mètres de cette ou ces limites séparatives. Les annexes ne sont pas concernées par ce recul. ".
33. Il ressort des pièces du dossier joint à la demande de permis de construire modificatif que si la limite nord-ouest du terrain d'assiette du projet constitue également la limite séparant une zone UAR 4.2 d'une zone AUDM, le mur ouest du bâtiment A est situé à 10,10 mètres de cette limite. Dès lors, le vice tenant à la méconnaissance du III B de la section II du chapitre 2 du titre 1 du livre I du règlement du PLUi de la métropole européenne a été régularisé par le permis de construire modificatif et ne peut plus être utilement invoqué à l'appui de la demande d'annulation du permis de construire initial. Par suite, le moyen doit être écarté.
34. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire attaqué est entaché d'un vice tenant à la méconnaissance du E du chapitre 4 du Titre II du Livre I du règlement du PLUi de la métropole européenne de Lille relatif au traitement paysager des aires de stationnement.
Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
35. En vertu de l'article L. 600-5- du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ". Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
36. Le vice relevé au point 26 n'affecte qu'une partie identifiable du projet et est susceptible d'être régularisé sans y apporter un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis de construire initial en tant que les places de stationnement numérotées de 1 à 4 ne sont desservies par aucun cheminement piétonnier permettant de rejoindre les immeubles d'habitation et de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel les sociétés pétitionnaires pourront demander la régularisation de ce projet.
Sur les frais liés au litige :
37. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Seclin la somme que réclament M. et Mmes H au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu non plus, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mmes H la somme que réclament les sociétés Notre Logis et Projectim Habitat au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 décembre 2021 du maire de Seclin est annulé.
Article 2 : Le permis de construire initial tacite accordé par le maire de Seclin aux sociétés Notre Logis et Projectim Habitat est annulé en tant que les places de stationnement numérotées de 1 à 4 ne sont desservies par aucun cheminement piétonnier permettant de rejoindre les immeubles d'habitation.
Article 3 : Le délai imparti aux sociétés Notre Logis et Projectim Habitat pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C H, Mme E H, Mme B H, Mme A H, Mme F H, Mme D H, à la commune de Seclin et aux sociétés Projectim Habitat et 3F Notre Logis.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET La greffière,
Signé
M. I
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2, 2200137
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026