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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2102768

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2102768

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2102768
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (6)
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°2102768 le 13 avril 2021 et le 21 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 19 février 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001 et INQ 002) d'un montant total de 300 euros pour la période du 1er mai 2020 au 31 novembre 2020 ;

2°) de le décharger de la somme de 300 euros correspondant au montant total de ces indus ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord le versement à Me Desfarges d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision ne comporte pas la mention du prénom et du nom de son auteur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision litigieuse n'a pas été rendue à la suite d'une procédure contradictoire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique mais ne comporte aucune des informations prévues par les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il n'a pas établi sa résidence en Belgique au cours de la période de l'indu litigieux et avait donc droit au bénéfice du revenu de solidarité active ainsi que, par voie de conséquence, de l'aide exceptionnelle de solidarité ;

- il est de bonne foi et la décision litigieuse méconnaît en conséquence son droit à l'erreur ;

- les indus d'aide exceptionnelle de solidarité ne peuvent faire l'objet d'un recouvrement par le biais de retenues sur d'autres prestations.

.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mai 2021.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°2102769 le 13 avril 2021 et le 21 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 19 février 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié deux indus d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001, ING 002 et ING 003) d'un montant total de 457,35 euros au titre des années 2018, 2019 et 2020 ;

2°) de le décharger de la somme de 457,35 euros correspondant au montant total de ces indus ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord le versement à Me Desfarges d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Il soulève les mêmes moyens que ceux visés ci-dessus pour la requête n°2102768.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Riou a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. À la suite d'un contrôle réalisé le 15 janvier 2021 sur sa situation personnelle et du réexamen de ses droits qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. B, par deux décisions du 19 février 2021, deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001 et INQ 002) d'un montant total de 300 euros pour la période de mai 2020 à novembre 2020 et trois indus d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001, ING 002 et ING 003) d'un montant total de 457,35 euros au titre des années 2018, 2019 et 2020. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces décisions et la décharge du montant de ces indus.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes visées ci-dessus, enregistrées sous les nos 2102768 et 2102769, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur le bien-fondé des indus litigieux :

En ce qui concerne le cadre juridique du litige :

3. L'annulation d'une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide exceptionnelle de fin d'année ou d'aide exceptionnelle de solidarité, pour un vice de régularité n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé de cette décision. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'organisme, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé de la créance qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.

4. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 visé ci-dessus : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; / () " L'article 1er du décret du 27 novembre 2020 visé ci-dessus prévoit, en des termes identiques, l'attribution d'une nouvelle aide exceptionnelle de solidarité pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active au cours des mois de septembre ou d'octobre 2020. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 visé ci-dessus : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018 () ". L'article 3 du décret du 10 décembre 2019 et l'article 3 du décret du 29 décembre 2020 visés ci-dessus subordonnent, en des termes identiques, l'attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2019 et 2020 à l'existence pour l'allocataire d'un droit au bénéfice du revenu de solidarité active au cours du mois de novembre ou, à défaut, du mois de décembre de ces années.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".

6. Lorsque le recours dont le juge administratif est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'une aide exceptionnelle attribuée aux bénéficiaires de cette allocation, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.

En ce qui concerne la résidence stable et effective en France :

7. Aux termes de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. " Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. "

8. Pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

9. L'indu litigieux mis à la charge de M. B trouve son origine dans le constat, à la suite d'une enquête d'un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, de la résidence en Belgique de l'intéressé pendant les périodes litigieuses. Il résulte de ce rapport, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que si le requérant déclare résider à Roubaix depuis 2014, il était, le 13 janvier 2021, enregistré sur le registre de la population de la commune belge de Watermael-Boitsfort depuis le 8 mars 2012. Si le requérant produit à l'appui de ses prétentions un certificat de radiation de ce registre, il résulte des termes mêmes de ce document que la radiation n'a été réalisée que le 27 janvier 2021, soit postérieurement au contrôle de l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales et postérieurement à la période des indus litigieux. Il résulte également d'un échange de courriels produit en défense que M. B n'a entrepris des démarches à cette fin qu'à compter du mois de décembre 2020. Le requérant soutient en outre qu'après une incarcération en Belgique au cours de l'année 2012, il a bénéficié d'un aménagement de peine et a achevé sa condamnation au domicile de son ex-épouse. S'il soutient en outre qu'en raison d'une rupture des conditions d'aménagement de peine, il lui était impossible de se rendre auprès des autorités pour effectuer des démarches administratives, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses dires. Il résulte également du rapport d'enquête que le requérant déclare se rendre régulièrement en Belgique où il a effectué trois de ses cinq dernières déclarations trimestrielles, afin de rendre visite à ses enfants et à la personne qu'il présente comme son ex-épouse. Il résulte toutefois de ce rapport que M. B a publié sur le réseau social Facebook une photo de couple avec celle-ci le 29 novembre 2019 de nature à prouver le maintien d'une relation. Le requérant ne fait en outre état d'aucune attache familiale ou amicale en France et il ressort de ce rapport que si le requérant verse au propriétaire du bien dont il est locataire à Roubaix une somme mensuelle de 20 euros en espèce au titre des charges locatives, ce versement ne suffit pas à attester de la résidence effective du requérant. Le requérant ne se prévaut d'aucun motif de nature à conférer à sa présence en Belgique un caractère temporaire et à rattacher sa résidence principale en France. Il résulte enfin du rapport d'enquête qu'à l'exception d'un bail et d'une quittance de loyer, M. B n'a pas été en mesure de produire à l'agent assermenté un quelconque document de nature à prouver sa résidence effective en France depuis 2012. Si le requérant produit un avis de dégrèvement de la contribution à l'audiovisuel public du 18 décembre 2020, cette décision, qui mentionne l'adresse roubaisienne à laquelle l'administration fiscale connaissait le requérant au cours de l'année 2020, n'est pas à elle seule de nature à établir l'existence d'une résidence stable et effective à cette adresse sur toute la période des indus litigieux. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, M. B doit être regardé comme ayant établi sa résidence en Belgique au cours de l'année 2012 et de manière continue jusqu'au mois de décembre 2020, date de fin de la période des indus. En l'absence de résidence en France en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales du Nord a considéré qu'il n'avait pas, sur cette période, droit au bénéfice du revenu de solidarité active et, par voie de conséquence, à l'aide exceptionnelle de solidarité et à l'aide exceptionnelle de fin d'année.

En ce qui concerne le droit à l'erreur :

10. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / () ".

11. La décision par laquelle un trop-perçu de prestation est notifié à l'allocataire, sans que soit mise à sa charge, en supplément du montant de la prestation reçue à tort, une amende destinée à réprimer les manquements aux obligations déclaratives, ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors que la prestation versée initialement n'était pas due, la récupération de l'indu ne constitue pas davantage la privation de tout ou partie d'une prestation due. La pénalité administrative prononcée par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord le 8 juin 2021 constitue une décision distincte des deux décisions litigieuses et qui n'est pas en jeu dans le présent litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à remettre en cause le bien-fondé des indus litigieux. Ses conclusions présentées aux fins de décharge des sommes correspondant aux montants des indus litigieux doivent par conséquent être rejetées.

Sur les vices propres des décisions litigieuses :

13. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu pour vice de régularité, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Lorsque tout ou partie de l'indu d'aide exceptionnelle a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement, sauf à régulariser sa décision de récupération si celle-ci n'a été annulée que pour un vice de forme ou de procédure.

14. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ".

15. Il résulte de l'instruction que les deux décisions litigieuses ont été signées non par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord mais par " le directeur territorial de la CAF du Nord " sans comporter la mention du nom et du prénom de l'auteur de ces décisions. Si en défense, la caisse d'allocations familiales du Nord fait valoir que les décisions ont été signées par l'agent A. Pondaven dont le nom et l'initiale du prénom sont portées sur ces décisions à la suite de la mention " Votre contact ", cette mention ne permet pas de déterminer si cette personne est simplement chargée du suivi du dossier ou si cet agent est l'auteur des décisions, qui ne font pas état d'une délégation de signature accordée à cet agent par le directeur territorial. Ainsi, les décisions en litige du 19 février 2021 méconnaissent les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et doivent, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes relatifs à leur régularité, être annulées. Toutefois, le présent jugement ne fait pas obstacle, compte tenu du motif d'annulation retenu, dans le respect des règles de prescription, à l'émission de nouvelles décisions aux fins de recouvrement des indus litigieux. Par ailleurs, contrairement à ce que le requérant soutient, les décisions attaquées ne comportent aucune mention sur les modalités de recouvrement de l'indu. La caisse d'allocations familiales en défense faisant valoir, sans être contestée, qu'aucun recouvrement n'est intervenu, le requérant ne peut utilement invoquer l'illégalité de retenues inexistantes et les annulations prononcées par le présent jugement n'implique aucun remboursement de la part de l'organisme.

Sur les frais liés au litige :

16. Les décisions prises par la caisse d'allocations familiales en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité le sont au nom de l'État. Par suite, les conclusions présentées par M. B dans les deux instances, qui tendent à ce qu'une somme soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administratives et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sont mal dirigées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 19 février 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. B deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001 et INQ 002) est annulée.

Article 2 : La décision du 19 février 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. B deux indus d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001, ING 002 et ING 003) est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

Le magistrat désigné,

signé

J.-M. RIOULa greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2102768 - 2102769

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