mercredi 7 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
| Avocat requérant | LEULIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2021, Mme B A, représentée par Me Leuliet, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 1er décembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (INL/001) d'un montant de 13 488 euros pour la période de mai 2019 à novembre 2020, la décision du 15 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé cet indu et la décision du 2 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a retenu le caractère frauduleux de l'indu et prononcé un avertissement à son encontre ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Nord de désolidariser son ex-compagnon de son foyer, de mettre fin aux retenues pratiquées sur les prestations qui lui sont dues et de lui rembourser les retenues déjà effectuées ;
4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'Etat, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions contestées, qui prennent en compte son ex-compagnon pour déterminer la composition du foyer ainsi que ses ressources, sont entachées d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle est séparée de son ex-compagnon depuis juin 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le recours administratif préalable a été formé tardivement contre une décision ne faisant pas grief ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridique du 7 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bourgau pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Leuliet, représentant Mme A.
Par une ordonnance du 18 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été différée au 28 janvier 2024 en application du 2ème alinéa de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Mme A a produit des pièces, enregistrées le 25 janvier 2024, qui ont été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de la situation de Mme A et du réexamen de ses droits qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord a décidé de récupérer auprès de l'intéressée, le 1er décembre 2020, un indu de revenu de solidarité active (INL/001) d'un montant de 13 488 euros pour la période de mai 2019 à novembre 2020. Par courrier du 24 février 2021, reçu le 4 mars suivant, Mme A a formé un recours administratif préalable contre cette décision. Le 15 mars 2021, son recours a été rejeté par le président du conseil départemental du Nord. Le 2 avril 2021, ce dernier l'a informée qu'il retenait le caractère frauduleux de l'indu et lui a adressé en conséquence un avertissement. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Mme A s'est vue accorder l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 juin 2021. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la recevabilité :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du cde de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation. / () ".
5. D'une part, le département du Nord fait valoir que Mme A s'est vue notifier l'indu en litige par des courriers du 26 novembre et du 1er décembre 2020. Toutefois, alors que Mme A soutient ne pas avoir reçu le courrier du 26 novembre, le département du Nord ne produit ni ledit courrier ni la preuve de sa réception par Mme A. Il n'établit pas davantage la réception par Mme A du courrier du 1er décembre, alors que cette dernière soutient n'avoir eu connaissance de l'indu que le 15 janvier 2021 par la consultation, sur son espace personnel sur le site internet de la caisse d'allocations familiales, d'un second courrier du 1er décembre 2020 lui rappelant le montant de l'indu, la nécessité de se conformer à ses obligations déclaratives et la transmission du dossier au département en vue d'une éventuelle sanction. Ainsi, le délai de deux mois dont disposait Mme A pour former un recours administratif préalable a commencé à courir le 15 janvier 2021.
6. D'autre part, si le département du Nord fait valoir que le second courrier du 1er décembre 2020, produit par Mme A, n'a qu'un caractère informatif de sorte qu'il ne pouvait valablement faire l'objet du recours administratif préalable prévu par les dispositions citées au point 4, il résulte néanmoins de ses mentions qu'il doit être regardé comme révélant la décision de récupérer l'indu en litige.
7. Dans ces conditions, le recours administratif préalable, formé par courrier du 24 février 2021 reçu le 4 mars suivant contre la décision de récupérer l'indu en litige dont Mme A n'a eu connaissance que le 15 janvier 2021, a été présenté dans le délai de deux mois et contre une décision faisant grief. Par suite, les fins de non-recevoir opposées par le département du Nord doivent être écartées.
Sur l'étendue du litige :
8. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant lui qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
9. En l'espèce, Mme A a formé un recours administratif contre la décision du 1er décembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu de revenu de solidarité active, qui a été rejeté par décision du 15 mars 2021 du président du conseil départemental du Nord. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 1er décembre 2020 doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 15 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
10. D'une part, lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat (). ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / () ".
12. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue, une telle vie de couple pouvant être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
13. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'enquête établi le 3 décembre 2019 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'ex-compagnon de Mme A est co-titulaire du bail d'habitation du logement social situé à Bavinchove, occupé depuis le 20 décembre 2018 par Mme A. Il résulte de ce même rapport que l'ex-compagnon de la requérante a déclaré comme adresse celle de Mme A à plusieurs reprises : le 28 septembre 2018 lors de la déclaration de naissance en mairie de leur second enfant, depuis janvier 2019 auprès de son employeur, le 15 janvier 2019 auprès de sa banque et le 22 février 2019, lors de l'achat d'un véhicule immatriculé à l'adresse de Mme A. Il résulte également de ce rapport que la facture internet de Mme A est payée depuis janvier 2019 par son ex-compagnon, que ce dernier lui a versé régulièrement entre janvier et juillet 2019 des sommes d'argent correspondant à une pension alimentaire fixée à l'amiable et que Mme A reconnaît une tentative de reprise de vie commune entre le 26 janvier et le 15 février 2019. La caisse d'allocations familiales du Nord a déduit de ce faisceau d'indices la reprise de vie commune, non déclarée par Mme A, avec son ex-compagnon à compter du 20 décembre 2018. Mme A justifie que le nom de son ex-compagnon figure sur le bail du logement qu'elle occupe par le fait que la demande de logement social a été faite par le couple en 2016 et que son ex-compagnon a accepté d'être co-titulaire du bail car la requérante, étant séparée, n'aurait pas vocation à continuer d'occuper ce logement. Elle produit par ailleurs une attestation sur l'honneur de son ex-compagnon indiquant qu'il a résidé à Saint-Omer à compter de juillet 2018, avant d'être successivement hébergé par des particuliers d'avril à mai 2019 à Armentières et de juin à décembre 2019 à Esquerdes, puis de résider avec sa nouvelle compagne de janvier à décembre 2020 à Saint-Momelin puis à Saint-Omer. Cette attestation est confirmée par le bail d'habitation pour un logement situé au 6 rue du soleil à Saint-Omer signé par l'ex-compagnon de la requérante le 13 juillet 2018, les quittances de loyer correspondantes pour la période de juillet 2018 à mars 2019, plusieurs factures d'eau établies au nom de ce dernier pour la même période, l'état des lieux de sortie de ce logement établi le 3 avril 2019, une déclaration de main courante faite par son ex-compagnon le 18 septembre 2018 mentionnant un abandon de domicile familial, une attestation d'un particulier domicilié à Esquerdes indiquant qu'il a hébergé l'ex-compagnon de la requérante à compter du 26 mai 2019, le bail d'habitation signé par ce dernier et sa nouvelle compagne le 1er février 2020 pour un logement situé au 19 rue du Vieux Moustier à Saint Momelin ainsi que les factures de téléphonie de son ex-compagnon d'octobre et novembre 2020 et son avis rectificatif d'imposition sur les revenus de 2019 établi en décembre 2020 mentionnant cette adresse et, enfin, la quittance de loyer d'un logement situé au 10 bis rue Hendricq à Saint-Omer pour une partie du mois de décembre 2020 et le mois de janvier 2021 ainsi que l'avis d'imposition sur les revenus de 2020 de son ex-compagnon mentionnant cette même adresse. Mme A produit également les quittances de loyer de son propre logement pour la période de juin 2019 à janvier 2020 ainsi que les factures d'énergie et d'eau, établies à son seul nom. Elle produit en outre la requête du 10 avril 2019, reçue le 14 août suivant, tendant à ce que le juge aux affaire familiales fixe chez elle la résidence de ses deux enfants, institue un droit de visite au profit de son ex-compagnon et fixe le montant de la pension alimentaire à 250 euros, cette demande mentionnant une date de séparation le 15 février 2019, ainsi que le jugement rendu le 3 janvier 2020 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Dunkerque. De plus, comme le soutient la requérante, la circonstance que son ex-compagnon lui a régulièrement versé des pensions alimentaires amiables entre janvier et juillet 2019, qu'elle aurait certes dû déclarer à la caisse d'allocations familiales au titre de ses ressources, est de nature à confirmer la séparation du couple et non la reprise de vie commune. Mme A établit ainsi avoir résidé séparément de son ex-compagnon à compter de juillet 2018 et le caractère définitif de leur séparation. A cet égard, la seule circonstance que son ex-compagnon ait indiqué, lors de la déclaration en mairie de la naissance de leur second enfant le 28 septembre 2018, puis lors de diverses démarches administratives réalisées en janvier et février 2019, l'adresse de Mme A, qu'il ait réglé sa facture d'internet à partir de janvier 2019 et que Mme A ait reconnu, lors du contrôle de sa situation, avoir tenté de reprendre une vie commune avec lui entre le 26 janvier et le 15 février 2019 ne suffisent pas à établir la reprise d'une vie commune à compter du 20 décembre 2018. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que la décision du 15 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 13 488 euros pour la période de mai 2019 à novembre 2020 euros au motif de l'absence de déclaration de la reprise de vie commune à compter du 20 décembre 2018 avec son ex-compagnon est entachée d'erreur d'appréciation.
14. Par suite, la décision du 15 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé l'indu de revenu de solidarité active doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 2 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a retenu le caractère frauduleux de l'indu et prononcé un avertissement à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement qu'il ne soit plus tenu compte de l'ex-compagnon de Mme A dans la composition de son foyer, qu'il soit mis fin aux retenues opérées par la caisse d'allocations familiales sur les prestations dues à Mme A et que les sommes déjà retenues au titre de l'indu en litige lui soient restituées. Il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales d'y procéder dans un délai d'un mois.
Sur les frais de l'instance :
16. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Leuliet, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge du département du Nord, partie perdante, le versement à Me Leuliet d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
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D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 15 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé l'indu de revenu de solidarité active (INL/001) d'un montant de 13 488 euros pour la période de mai 2019 à novembre 2020 notifié à Mme A et la décision du 2 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a retenu le caractère frauduleux de l'indu et prononcé un avertissement à son encontre sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales du Nord, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de ne plus tenir compte de l'ex-compagnon de Mme A dans la composition de son foyer, de mettre fin aux retenues opérées sur les prestations dues à Mme A et de lui restituer les sommes déjà retenues au titre de l'indu de revenu de solidarité active (INK/001).
Article 4 : Le département du Nord versera une somme de 1 200 euros à Me Leuliet, sous réserve pour cette dernière de renoncer à la part contributive de l'Etat, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Nord.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
T. BOURGAULa greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 2102886
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026