lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP POULAIN WIBAUT STIEVENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2021, M. B A, représenté par la
SCP Grillet-Daré, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Colleret s'est opposé à sa déclaration préalable, ensemble la décision du 26 février 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colleret la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision d'opposition a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, le délai d'instruction ayant été dépassé sans être prorogé par la seule demande de pièce effectuée,
elle-même irrégulière ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- la construction initiale, modifiée par le projet en litige, n'avait pas à faire l'objet d'une déclaration préalable dès lors que sa surface de plancher est inférieure à 5 m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2021, la commune de Colleret, représentée par la SCP Poulain-Wibaut-Gilliard-Bruyerre, conclut au rejet de la requête, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que ce dernier soit condamné aux entiers frais et dépens.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
14 novembre 2022.
Un mémoire présenté par la commune de Colleret a été enregistré le 26 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.
Une pièce produite le 22 septembre 2023 par la commune de Colleret a été enregistrée.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du
24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Colleret s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 1er octobre 2020 ayant pour objet la rénovation d'un abri, ensemble la décision du 26 février 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables () ". Aux termes de l'article R.423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception () ". Aux termes de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. ".
3. En l'espèce, par un courrier du 9 octobre 2020, adressé en lettre recommandée avec avis de réception et dans le délai d'un mois prévu par les dispositions de l'article
R. 423-38 du code de l'urbanisme précité, la commune de Colleret a demandé à M. A de compléter le dossier de déclaration préalable déposé le 1er octobre 2020. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fourni les pièces manquantes le 29 octobre 2020. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune aurait, postérieurement à cette date, sollicité d'autres pièces. Ainsi, le dossier de demande d'autorisation préalable doit être réputé complet à compter du
29 octobre 2020. Par suite, et alors qu'il n'est pas contesté que l'arrêté du 24 novembre 2020 a été notifié dans le délai d'instruction d'un mois courant à compter du 29 octobre 2020, le moyen tiré de l'irrégularité de procédure doit, en tout état de cause, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. ". Aux termes de l'article
L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision () s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet () ". En vertu de l'article A. 424-4 du même code, la décision s'opposant à la déclaration préalable précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision.
5. En l'espèce, l'arrêté en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles le maire de la commune de Colleret s'est fondé, à savoir que les travaux portent sur une construction édifiée sans autorisation d'urbanisme préalable et que le projet méconnait les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige doit, en tout état de cause, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, () la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme ". Aux termes de l'article R. 421-9 du même code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable () : / a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : - une hauteur au-dessus du sol inférieures ou égale à douze mètres ; - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés (..) ".
7. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Le maire a donc compétence liée pour s'opposer à une déclaration de travaux concernant ces seuls travaux.
8. Il ressort des pièces du dossier que l'abri de jardin existant, objet des travaux de rénovation auxquels le maire s'est opposé, présente une hauteur maximale de 2,85 mètres, une largeur 4,55 mètres et une longueur maximale de 2,98 mètres. Cette construction présente ainsi une emprise au sol comprise entre 5 et 20 m² et une hauteur inférieure à 12 mètres. Dans ces conditions, son édification était soumise à la délivrance d'une décision de non-opposition après dépôt d'une déclaration préalable. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'une telle autorisation ni que les travaux d'édification de cette construction étaient achevés depuis plus de dix ans à la date à laquelle le maire s'est prononcé sur la déclaration de travaux litigieuse. Il ne ressort enfin pas des pièces du dossier que la déclaration préalable déposée par le requérant le 1er octobre 2020 en vue de la rénovation de son abri de jardin portait sur l'ensemble du bâtiment afin notamment d'en solliciter sa régularisation. Dans ces conditions, le maire de Colleret était tenu de s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. A. Par suite, le moyen afférent doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du
24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Colleret s'est opposé à sa déclaration préalable, ensemble la décision du 26 février 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Colleret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Colleret et non compris dans les dépens.
11. Par ailleurs, la décision en litige n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens et pour l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées à ce titre par la commune ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Colleret une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Colleret au titre des dépens sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Colleret.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERE
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026