vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
| Avocat requérant | LAGORSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 avril 2021 du laquelle le président du conseil départemental du Nord en tant qu'il ne lui a pas accordé une remise totale de l'amende administrative prononcée en raison du caractère frauduleux d'omissions déclaratives de ses ressources ayant engendré un indu de revenu de solidarité active (INK/001, INK/002 et INK/003) entre février 2017 et mai 2019 ;
2°) de lui octroyer ladite remise gracieuse.
Il soutient que :
- il n'a pas commis de fraude ;
- il ne dispose pas des moyens de s'acquitter du montant de sa dette, compte tenu de ses difficultés financières.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 14 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de la situation de M. B, allocataire du revenu de solidarité active depuis 2004, et du réexamen de ses droits qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord (CAF) a décidé de récupérer auprès de l'intéressé, les
29 août, 3 septembre et 24 octobre 2019, un indu de revenu de solidarité active (INK/001, INK/002 et INK/003) d'un montant de 12 467,86 euros pour la période d'avril 2017 à mai 2019 qui trouve son origine dans l'omission de déclaration de l'intégralité des ressources de l'allocataire. Le 5 octobre 2020, le président du conseil départemental du Nord a décidé, après avis du comité d'étude des cas présumés frauduleux en date du 20 décembre 2019 et de l'équipe pluridisciplinaire départementale en date du 18 septembre 2020, de prononcer à l'encontre de M. B une amende administrative de 2 493 euros. Par courrier du 29 mars 2021, M. B a sollicité une remise gracieuse de cette amende. Le 6 avril 2021, le président du conseil départemental du Nord a accordé au requérant une remise partielle, ramenant le montant de l'amende à 1 500 euros. Par la présente requête, M. B demande la remise totale de cette amende.
2. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux./ () ". Et aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
3. D'une part, il appartient au juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.
4. D'autre part, il résulte de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles qu'une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu d'apprécier si les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, et de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration ou une omission délibérée.
5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de contrôle établipar un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B, allocataire du revenu de solidarité active, a omis de déclarer la pension de retraite versée par la caisse régionale d'assurance maladie à compter de février 2017 ainsi que la pension de retraite complémentaire versée par la mutualité sociale agricole à compter de février 2018, ce que ne conteste pas le requérant. Les pensions de retraite n'étant pas mentionnées à l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel énumère limitativement les ressources non prises en compte pour la détermination des droits au revenu de solidarité active par dérogation à l'article R. 262-6 du même code, elles doivent être prises en compte pour le calcul de ces droits. De plus, alors que le formulaire de déclaration trimestrielle de ressources comporte une rubrique dédiée aux retraites, pensions et rentes et que ce formulaire rappelle au déclarant qu'il s'engage " à signaler tout changement dans [sa] situation familiale ou professionnelle ", les formulaires remplis pour le requérant cochaient systématiquement la case " aucune ressource ". Le requérant soutient qu'il n'a jamais eu la volonté de frauder ou d'effectuer de fausses déclarations. Il se prévaut de ce que les omissions déclaratives ne lui sont pas imputables dès lors qu'un proche remplissait pour lui les déclarations trimestrielles de ressources ensuite transmises à la caisse d'allocation familiales du Nord au motif, d'une part, de ce qu'il ne dispose pas d'internet et, d'autre part, de problèmes de santé depuis 2011, notamment un diabète mal régulé dont l'aggravation a abouti à une amputation des orteils fin 2019 puis à des soins lourds entre 2019 et début 2021 dont son médecin traitant atteste qu'ils ont altéré son état de santé physique et psychologique et l'ont ainsi empêché de s'occuper de ses démarches administratives. Toutefois, il résulte toutefois de l'instruction que les omissions déclaratives en cause concernent la période de février 2017 à mai 2019, avant la dégradation de l'état de santé du requérant, et que les pièces qu'il produit ne suffisent pas à établir son incapacité, durant cette période, à informer le proche auquel il avait confié l'établissement de ses déclarations trimestrielles de ressources du fait qu'il percevait des pensions de retraite à déclarer. Dans ces conditions, eu égard à la nature des ressources non déclarées et au caractère public d'attribution de la prestation en cause, M. B ne peut être regardé comme ayant pu raisonnablement ignorer qu'il était tenu de déclarer le montant de ses pensions de retraite. Cette omission déclarative s'est, par ailleurs, reproduite pendant deux ans et demi de sorte que, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, il ne peut être regardé comme étant de bonne foi. Dans ces conditions, il doit être regardé comme ayant effectué de fausses déclarations. Cette seule circonstance fait obstacle à ce qu'une remise de l'amende infligée lui soit accordée, quelle que soit la précarité de sa situation financière, étant au demeurant rappelé que la président du conseil départemental du Nord lui a déjà accordé une remise de 993 euros sur le montant de l'amende en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise de l'amende administrative restant à sa charge pour un montant de 1 500 euros doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Nord.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
T. CLa greffière,
Signé
S. DEREMAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2103588
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026