mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce, enregistrés les 10 mai 2021 et 14 février 2023, M. A B, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité d'" étudiant " ou, à défaut, au titre de la " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou, à défaut, " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision contestée ait été signée par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée dès lors, d'une part, que l'autorité administrative ne justifie pas d'éléments de fait démontrant que sa situation ne rentrerait pas dans les cas particuliers prévus par le 1° de l'article R. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que le préfet ne fait pas mention des éléments de faits relatifs à sa situation ; la motivation est contradictoire dès lors que le préfet lui reproche de n'avoir pas procédé au paiement des droits de régularisation tout en indiquant que ce même paiement ne peut être effectué à l'initiative du demandeur ;
- la décision n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle dès lors que le préfet ne justifie pas avoir examiné sa situation afin de vérifier s'il pourrait justifier appartenir à la catégorie des cas particuliers prévus par l'article R. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, avant de rejeter sa demande sur le seul fondement du visa long séjour, le préfet aurait dû vérifier s'il remplissait les conditions de fond posées à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son examen sérieux et personnalisé n'est pas plus établi pour ce qui concerne la demande de titre de séjour " vie privée et familiale " ;
- la décision de refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 313-7, L. 311-13 D et R. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions prévues par l'article L. 313-7 précité pour se voir délivrer un titre de séjour " étudiant " et que, la présentation d'un visa long séjour étant une simple formalité procédurale, il pouvait en être dispensé, conformément à l'article L. 311-13 D précité, par le paiement d'un droit de régularisation de 250 euros ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais a produit une pièce, enregistrée le 3 octobre 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 25 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fabre, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Lescene, substituant Me Dewaele, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 2 février 2000 en Guinée, de nationalité guinéenne, est entré en France le 18 juillet 2016 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'OFPRA le 29 avril 2019, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par un jugement n° 19034068 du 3 septembre 2020. Par courrier du 13 octobre 2020, par l'intermédiaire d'un conseil, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d' " étudiant " ou, à défaut, au titre de la " vie privée et familiale ". Une décision implicite de rejet est née quatre mois après le dépôt de cette demande. Le requérant a, par courrier du 18 février 2021, sollicité communication des motifs de la décision implicite de refus. Par un courriel du 14 avril 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a explicitement rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision du 14 avril 2021 émane d'une boîte mail professionnelle référencée " pref-correspondances-etrangers@nord.gouv.fr " et comporte, à la fin, " Amélie Boucart, rédactrice juridique, bureau du contentieux des étrangers - section de l'actualité juridique ". S'il est vrai que, par un arrêté du 22 décembre 2020, publié le même jour au recueil spécial n° 333 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme Amélie Boucart, secrétaire administrative de classe normale, à l'effet de signer, notamment, les " correspondances et messages électroniques, à caractère décisoire ou non, adressés aux avocats () ", force est de constater que la décision en cause ne comporte pas la signature de l'intéressée et que le préfet du Nord, qui n'a pas produit en défense, ne soutient ni même n'allègue l'existence d'un dispositif sécurisé de signature électronique qui aurait été en vigueur à la préfecture du Nord. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence est fondé.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement implique nécessairement, mais seulement, que le préfet du Nord statue à nouveau sur la demande de titre de séjour présentée par M. B. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui fixer pour ce faire un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 avril 2021 par laquelle le préfet du Nord a rejeté les demandes de titre de séjour " étudiant " et " vie privée et familiale " présentées par M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder à un réexamen de la demande de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Nord et à Me Dewaele.
Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Fabre, président,
- Mme Monteil, première conseillère,
- M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023
Le président-rapporteur,
Signé
X. FABRE
L'assesseur le plus ancien,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le greffier,
Signé
A. DEWIERE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026