lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP TOULET JJ, DELBAR P, BONDUE E, JUVENE B, FISHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mai 2021, les sociétés Bouygues Telecom et Cellnex, représentées par Me Hamri, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Ronchin s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 059507 20 00116 pour l'installation de cinq antennes de téléphonie mobile sur un immeuble sis 80 avenue Jean Jaurès, parcelles cadastrées AK273 et AK 275, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ronchin la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ;
- le maire de la commune de Ronchin a fait une inexacte application de l'article 5 de la Charte de l'environnement en opposant le principe de précaution à leur déclaration préalable.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2022, la commune de Ronchin, représentée par Me Delbar, déclare s'en remettre à l'appréciation du tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, et notamment son Préambule ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard,
- et les conclusions de M. Babski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Cellnex France, liée par un contrat de mandat à la société Bouygues Télécom, a déposé le 21 octobre 2020, une déclaration préalable n° DP 059507 20 00116 en vue de l'installation de cinq antennes de téléphonie mobile sur un immeuble sis 80, avenue Jean Jaurès à Ronchin, parcelles cadastrées AK 273 et AK 275. Par un arrêté du 16 novembre 2020, le maire de cette commune s'est opposé à cette déclaration préalable. Le recours gracieux des deux sociétés présenté le 11 janvier 2021 a été implicitement rejeté par le maire de Ronchin. Par leur requête, les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Ronchin s'est opposé à leur déclaration préalable, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
" Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Aux termes du I de la section I du chapitre 3 du titre 2 du livre I du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille (MEL) : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les construction, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, () ".
3. En cas d'atteinte par les constructions projetées à l'intérêt des lieux avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer l'autorisation sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'autorisation ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet, objet de la déclaration préalable, se situe sur la toiture terrasse d'un immeuble existant d'une hauteur de 11,5 mètres, implanté au droit de l'avenue rue Jean Jaurès, dans un environnement résidentiel, composé d'immeubles d'habitat collectif et de maisons individuelles, d'architectures, de tailles, de formes et d'époques variés, ne présentant aucune unité d'ensemble particulière, ni un caractère ou un intérêt marqué. Le projet en litige consiste en l'installation d'une fausse cheminée peinte de la même teinte que la façade du bâtiment sur lequel elle s'implante, d'une hauteur de 2,15 mètres, d'une antenne d'environ
90 centimètres de hauteur positionnée sur un bras de déport sur le côté de la fausse cheminée, de deux antennes de 2,80 mètres de hauteur et de deux antennes de 90 centimètres de hauteur, l'intégralité des antennes étant recouverte de films miroirs. Le traitement des surfaces des éléments implantés, dont la hauteur demeure modeste au regard du bâtiment support, a pour effet d'en diminuer la visibilité. Ainsi, la construction projetée ne peut être regardée comme susceptible de porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants et le maire de Ronchin a fait une inexacte application des dispositions précitées.
5. En second lieu, aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ". Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et
L. 110-2 du code de l'environnement. () ".
6. S'il appartient à l'autorité administrative compétente pour se prononcer sur l'octroi d'une autorisation en application de la législation sur l'urbanisme, de prendre en compte le principe de précaution énoncé à l'article 5 de la Charte de l'environnement et rappelé par l'article L. 110-1 du code de l'environnement auquel renvoie l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne lui permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés sur l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, de risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus d'autorisation.
7. En l'espèce, pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire de la commune de Ronchin s'est fondé sur le principe de précaution, sans préciser dans sa décision ni produire au dossier d'élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque et justifiant que, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autorités compétentes, il s'oppose à la déclaration préalable faite par les sociétés requérantes, en application de la législation de l'urbanisme, en vue de l'installation des antennes, objet de la déclaration préalable. Dans ces conditions, le maire de Ronchin ne pouvait s'opposer à la déclaration de travaux en litige en se fondant sur le principe de précaution. Par suite, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que le maire de Ronchin a entaché son arrêté d'une erreur de droit en se fondant sur ledit principe.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Ronchin s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 059507 20 00116, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le dernier moyen invoqué n'est pas de nature, en l'état du dossier, à fonder l'annulation de l'arrêté contesté.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Ronchin, une somme globale de 1 500 euros au titre des frais engagés par les sociétés Bouygues Telecom et Cellnex et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Ronchin s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 059507 20 00116, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux des sociétés Bouygues Telecom et Cellnex sont annulés.
Article 2 : La commune de Ronchin versera aux sociétés Bouygues Telecom et Cellnex une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Bouygues Telecom, à la société Cellnex et la commune de Ronchin.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
E. GRARD
Le président,
signé
B. CHEVALDONNETLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026