lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BASSET & MACAGNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2021, Mme A B, représentée par la SELARL Detrez Cambrai Avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 11 mars 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il classe la parcelle cadastrée E 2498 à Hergnies en zone agricole ;
2°) d'enjoindre au conseil communautaire de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole de procéder au réexamen du classement de la parcelle cadastrée E 2498 à Hergnies dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le classement de cette parcelle est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 22 septembre 2021, la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole, représentée par l'AARPI Sphère Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que l'argumentation de la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- les observations de Mme B,
- les observations de Me Macagno, avocat de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole ;
- les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire de la parcelle cadastrée E 2498 située rue No Avez à Hergnies. Par une délibération du 11 mars 2021, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal. Par la requête susvisée, Mme B demande au tribunal d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe cette parcelle en zone agricole.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
3. Il résulte des articles L. 151-5, L. 151-9 et R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. En l'espèce, la parcelle cadastrée E 2498 à Hergnies appartenant à Mme B, d'une superficie d'environ 1 280 mètres carrés a été classée en zone agricole par le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole. Si elle est desservie par divers réseaux, il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige est enherbée et vierge de toute construction. En outre, si les parcelles situées sur deux de ses côtés le long de la rue No Avez supportent des constructions à usage d'habitation, elle est située, tout comme celles-ci, en dehors des zones urbanisées de la commune d'Hergnies au cœur d'une vaste zone agricole occupant toute la partie est de la commune. Elle s'insère ainsi au sein d'un secteur dont la vocation agricole est avérée. Si la requérante soutient qu'un classement de sa parcelle en zone urbaine aurait été plus approprié, il n'appartient pas au juge administratif de vérifier si un autre classement était possible, mais seulement de s'assurer que le classement retenu par les auteurs du plan n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Au demeurant, le classement de sa parcelle en zone urbaine aurait eu pour effet de créer une zone urbaine de dimension extrêmement modeste enclavée au sein d'une zone agricole et aurait nui à la cohérence de l'ensemble du secteur. De même, si une autre parcelle située à Hergnies bénéficie d'un classement en zone urbaine alors qu'elle présente les caractéristiques d'un terrain agricole, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole de classer en zone agricole la parcelle de Mme B. Dans ces conditions, eu égard à la configuration des lieux et au parti d'urbanisme retenu par les auteurs du plan, tel qu'il ressort du rapport de présentation ainsi que du projet d'aménagement et de développement durables, et qui tend à organiser un développement urbain économe en foncier en reconquérant prioritairement le foncier disponible au sein de l'enveloppe urbanisée existante, à limiter l'extension urbaine et à maitriser le développement des communes rurales, le classement de la parcelle de Mme B en zone A, quand bien même elle ne fait actuellement l'objet d'aucune exploitation agricole et ne présenterait qu'un très faible potentiel agronomique en raison de sa superficie et de sa configuration, n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B une somme au bénéfice de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET La greffière,
Signé
J. DEREGNIEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026