jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (1) |
| Avocat requérant | CHAFI-SHALAK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire de pièces, enregistrés les 24 mai 2021 et 6 juin 2021, M. C A D, représenté par Me Chafi-Salak, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer son permis de conduire assorti de l'intégralité de ses points dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- il n'a pas été entendu, préalablement à l'édiction de cette décision, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- les dispositions procédurales de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ont également été méconnues ;
- les décisions de retraits de points n'ont pas été précédées des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- l'ordonnance pénale du 26 septembre 2019 ne l'a pas informé du corollaire de l'infraction, à savoir le retrait de six points, contrairement aux exigences de l'article L. 223-3 du code de la route ;
- si les infractions commises les 14 juillet 2018, 24 novembre 2019, 24 septembre 2020 et 28 octobre 2020 ont été enregistrées comme définitives, les seules mentions de ces infractions ne suffisent pas à établir leur réalité ;
- le ministre ne rapporte pas la preuve de la délivrance de cette information, alors qu'aucune souche de quittance dépourvue de réserve ou les procès-verbaux des infractions ne sont joints à la décision du 26 mars 2021 contestée ;
- il ignore la nature et les circonstances de l'infraction qui aurait été commise le 14 juillet 2018 à 20h35 à Tourcoing donnant lieu à un retrait de trois points de son permis de conduire ;
- par la décision contestée, le ministre ne l'a pas informé de la récupération automatique de points à l'issue d'une certaine période ;
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route dès lors qu'il s'est écoulé un délai supérieur à six mois entre l'infraction du 24 novembre 2019 et celle du 24 septembre 2020 de sorte de que le point retiré du fait de l'infraction du 24 novembre 2019 aurait dû lui être restitué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens dirigées contre la décision de retrait de points relative à l'infraction du 24 novembre 2019 sont sans objet dès lors que ce point lui a été restitué le 18 juin 2020 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2021 à 23h59 par une ordonnance du 3 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.
A été entendu au cours de l'audience publique du 28 juin 2022 le rapport de M. Fabre, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A D, né le 8 février 1975 en Guinée-Bissau, a fait l'objet d'une série d'infractions au code de la route, répertoriées à son relevé d'information intégral. Il en ressort qu'il a fait l'objet des retraits de points suivants : six points pour une infraction commise le 14 juillet 2018 à 20h30 à Tourcoing, trois points pour une infraction commise le 14 juillet 2018 à 20h35 à Tourcoing, un point pour une infraction commise le 24 novembre 2019 à 09h04 à Saint-Denis, un point pour une infraction commise le 24 septembre 2020 à 02h07 à Paris, un point pour une infraction commise le 24 septembre 2020 à 02h13 à L'Hay-les-Roses et quatre points pour une infraction commise le 28 octobre 2020 à 06h00 à Roubaix. Par une décision du 26 mars 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. A D demande au tribunal d'annuler cette décision 48 SI.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigées contre les décisions de retraits de points :
S'agissant de l'infraction commise le 14 juillet 2018 à 20h30 à Tourcoing :
2. Lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité substantielle de délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation. Il ressort du relevé intégral d'information que l'infraction du 14 juillet 2018 à 20h30 a donné lieu à une condamnation pénale devenue définitive, prononcée par le tribunal de grande instance de Lille le 26 septembre 2019. Par suite, M. A D ne peut utilement faire valoir qu'il ne s'est pas vu délivrer les informations préalables obligatoires.
3. Par ailleurs, si le requérant soutient que la mention de cette infraction dans son relevé d'information intégral ne suffit pas pour en établir la réalité, la réalité de cette infraction a été établie par l'ordonnance du 26 septembre 2019, devenue définitive.
S'agissant de l'infraction commise le 14 juillet 2018 à 20h35 à Tourcoing :
4. Il ressort des pièces du dossier que l'infraction commise, postérieurement au 15 avril 2015, a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé. M. A D a alors pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sous lesquelles il lui a été proposé de signer, ce que l'intéressé a fait. Le moyen tiré du non-respect de ces dispositions législatives et réglementaires du code de la route doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. / () ".
6. En l'espèce, la mention AM " amende forfaitaire majorée ", figurant au relevé d'information intégral du requérant, qui indique l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée concernant cette infraction permet, par application des dispositions précitées du code de la route, d'établir la réalité de cette infraction.
S'agissant de l'infraction commise le 24 novembre 2019 à 09h04 à Saint-Denis :
7. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. / () en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. / () ".
8. Il ressort des mentions figurant au relevé d'information intégral de l'intéressé que le point retiré suite à l'infraction commise le 24 novembre 2019 à 09h04 à Saint-Denis a été restitué le 18 juin 2020.
S'agissant de l'infraction commise le 28 octobre 2020 à 06h00 à Roubaix :
9. Dans le cas d'une infraction constatée sur un outil dédié et ayant fait l'objet du paiement différé d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention de ce paiement sur le relevé intégral. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral de l'intéressé que M. A D, pour cette infraction, constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire. Par suite, il a nécessairement reçu un avis comportant les informations exigées par les dispositions précitées du code de la route. M. A D n'apporte pas la preuve que ce document, qu'il a reçu, était inexact ou incomplet.
10. Par application des dispositions de l'article L. 223-1 précédemment citées, la réalité de cette infraction est établie par le paiement de l'amende forfaitaire.
S'agissant des infractions commises les 24 septembre 2020 à 02h07 à Paris et à 02h13 à L'Hay les Roses :
11. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un outil dédié ou par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
12. Il ressort des mentions " AF " portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A D, concernant les infractions en cause que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant à ces infractions. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A D n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission des infractions précitées doit être écarté.
13. Par application des dispositions de l'article L. 223-1 précédemment citées, la réalité de ces infractions est établie par le paiement des amendes forfaitaires.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui vient d'être dit que les moyens dirigés contre les différentes décisions de retraits de points ne sont pas fondés. Par ailleurs, la restitution du point retiré à la suite de l'infraction commise le 24 novembre 2019 a eu lieu le 18 juin 2020, antérieurement à la décision 48 SI en litige.
En ce qui concerne les moyens dirigés directement contre la décision 48 SI :
15. Il résulte de ce qui précède, ainsi que de l'ensemble des éléments figurant au relevé d'information intégral que, même en prenant en compte la restitution d'un point le 18 juin 2020, à la date de l'édiction de la décision 48 SI en litige, le solde de points figurant au permis de conduire du requérant était nul. Le ministre était par suite tenu d'édicter la décision 48 SI par laquelle il l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Le ministre étant pour ce faire en situation de compétence liée, le requérant ne peut utilement faire valoir que cette décision a été signée par une personne qui n'était pas compétente pour ce faire, qu'elle était insuffisamment motivée et que les droits de la défense n'ont pas été respectés.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 26 mars 2021 prise à son encontre doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A D doivent être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
X. BLa greffière
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026