jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ROBILLIART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 mai 2021 et 25 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Robilliart, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 18 février 2016 ;
2°) d'enjoindre au directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit la réalisation d'une expertise médicale ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, l'accident dont elle a été victime étant imputable au service ;
- la composition de la commission de réforme était irrégulière en ce qu'elle ne comprenait pas de médecin spécialiste de l'infection en cause, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas justifié de l'information du médecin de prévention de la tenue de la commission et de la remise de son rapport, en méconnaissance de l'article 18 du décret du 14 mars 1986 et de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas justifié de sa convocation devant la commission, en méconnaissance de l'article 14 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison du motif tiré de l'absence de lien exclusif entre son accident et l'affectation de son état psychique alors que seul un lien direct est nécessaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2021, le centre hospitalier universitaire de Lille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 11 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaur,
- les conclusions de M. Huguen, rapporteur public,
- et les observations de Me Robilliart, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjoint administratif hospitalier au centre hospitalier universitaire de Lille, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle estime avoir été victime le 18 février 2016.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. S'il ressort des pièces du dossier que la décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont Mme B soutient avoir été victime le 18 février 2016 comporte les considérations de droit qui en constituent le fondement légal, elle ne comporte aucune considération de fait et ne précise pas les motifs sur lesquels l'administration s'est fondée pour estimer que cet accident n'était pas imputable au service. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 susvisé, relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat de la commission informe () le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. () Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous ". Aux termes du premier alinéa de l'article 21 de cet arrêté : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ".
5. Il n'est pas contesté qu'en méconnaissance des dispositions précitées des articles 15 et 21 de l'arrêté du 4 août 2004, le médecin du travail attaché au centre hospitalier universitaire de Lille n'a pas été informé de la réunion au cours de laquelle la commission de réforme a examiné la situation de Mme B et qu'il n'a dès lors pas été mis en mesure de demander la communication du dossier de la requérante, de présenter des observations ou d'assister à cette réunion et de remettre un rapport écrit alors que, par sa connaissance des conditions et de l'environnement de travail des agents, des tâches qui leur sont dévolues et des diverses contraintes auxquelles ils sont exposés, il est à même d'apporter un éclairage utile à la commission de réforme. Mme B ayant ainsi été privée d'une garantie, elle est fondée, pour ce motif également, à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité et à en demander l'annulation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête et d'ordonner avant-dire droit la réalisation d'une expertise médicale, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle estime avoir été victime le 18 février 2016.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard aux motifs qui la fondent, l'annulation de la décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont Mme B estime avoir été victime le 18 février 2016, implique nécessairement que cette autorité réexamine la demande de la requérante. Il y a lieu, dès lors, de lui enjoindre de procéder à ce réexamen, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision en date du 6 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont Mme B estime avoir été victime le 18 février 2016 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille de réexaminer la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident dont Mme B estime avoir été victime le 18 février 2016, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Lille versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Lille.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. JAURLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026