lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (5) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2104174 le 28 mai 2021, M. A F, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord lui a notifié un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er janvier 2018 au 30 septembre 2020 d'un montant de 10 120,33 euros ;
2°) de prononcer la décharge de la somme de 10 123,33 euros mise à sa charge ;
3°) de lui accorder la remise totale de sa dette ;
4°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Nord de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 1 500 euros, à verser à son avocat, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.262-47 et R.262-90 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle est entachée d'un défaut de motivation, qu'il n'a pas pu comparaitre devant son signataire, qu'il n'a pas reçu communication des conclusions du rapport d'enquête et qu'elle ne se fonde que sur les conclusions dudit rapport ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il n'a jamais perdu sa résidence stable et effective en France et est entachée d'une erreur d'appréciation à cet égard ;
- il n'a jamais voulu frauder et est de bonne foi ; l'indu résulte d'une faute de la caisse d'allocations familiales du Nord ; sa situation financière précaire ne lui permet pas de s'acquitter de la somme réclamée.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2022, le département du Nord conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
II.Par une requête enregistrée sous le n° 2104711 le 17 juin 2021, M. A F, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 octobre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019, pour un montant de 152,45 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer l'indu de prime exceptionnelle au titre du mois de décembre 2019 en litige ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord la somme de 1 500 euros, à verser à son avocat, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les droits de la défense dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable, en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors qu'il remplissait les conditions d'attribution de la prime exceptionnelle de fin d'année n'ayant jamais perdu sa résidence stable et effective en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 200 euros soit mise à la charge de M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
III. Par une requête enregistrée sous le n° 2109859 le 17 décembre 2021, M. A F, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, pour un montant de 150 euros ;
3°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 150 euros au titre d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020 ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord la somme de 1 500 euros, à verser à son avocat, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761¬ 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les droits de la défense dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable, en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors qu'il remplissait les conditions d'attribution de l'aide exceptionnelle de solidarité.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 200 euros soit mise à la charge de M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
IV. Par une requête enregistrée sous le n° 2204783 le 23 juin 2022, M. A F, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler la contrainte émise le 8 juin 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord pour le recouvrement de la somme de 152,45 euros résultant d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er au 31 décembre 2019 ;
3°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord la somme de 2 000 euros, à verser à son avocat, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnaît le deuxième aliéna de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions des articles L.211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 24 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- elle n'indique pas les bases de liquidation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors qu'il remplissait les conditions d'attribution de la prime exceptionnelle de fin d'année, n'ayant jamais perdu sa résidence stable et effective en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord sollicite la jonction avec les requêtes n°s 2104711 et 2204783 et conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 août 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative :
- le rapport de Mme Grard, magistrate désignée,
- et les observations de Mme B, représentant le département du Nord.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n°s 2104174, 2104711, 2109859 et 2204783, présentées par M. F présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. A la suite d'une enquête réalisée par un de ses agents en août 2020, la caisse d'allocations familiales du Nord a réexaminé les droits de M. F et lui a notifié par deux décisions du 19 octobre 2020 un indu revenu de solidarité active pour la période du 1er janvier 2018 au 30 septembre 2020 d'un montant de 10 120,23 euros et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019, d'un montant de 152,45 euros. Le recours administratif obligatoire formé par M. F le 27 octobre 2020 concernant l'indu de revenu de solidarité active, sollicitant subsidiairement la remise gracieuse de sa dette, a été rejeté par le président du conseil départemental du Nord le 26 novembre 2020. Par une décision du 4 décembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. F un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, d'un montant de 150 euros. Le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a émis le 8 juin 2022 une contrainte pour le recouvrement de la somme de 152,45 euros résultant d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er au 31 décembre 2019. Par sa requête n° 2104174, M. F demande au tribunal d'annuler la décision du 26 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord lui a notifié un indu revenu de solidarité active pour la période du 1er janvier 2018 au 30 septembre 2020 d'un montant de 10 120,23 euros, de le décharger de la somme qui lui est réclamée et de prononcer la remise gracieuse de sa dette. Par sa requête n° 2104711, M. F demande au tribunal d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, pour un montant de 150 euros et de le décharger de l'obligation de payer cette somme. Par sa requête n° 2109859, M. F demande au tribunal d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, pour un montant de 150 euros et de le décharger de l'obligation de payer cette somme. Par sa requête n° 2204783, M. F forme opposition à la contrainte émise le 8 juin 2022 et demande au tribunal de le décharger de l'obligation de payer les sommes qui lui sont réclamées.
Sur la requête n° 2104174 :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise au vu des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté et non sur le seul fondement d'un traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient seulement, au demeurant, leur communication à tout intéressé qui en ferait la demande, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 17 juillet 2020, rendu exécutoire, le président du conseil départemental du Nord a donné délégation à M. C E, responsable adjoint du pôle Droits et Devoirs des Allocataires du RSA, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer " tous courriers et tous actes et décisions dans le cadre d'une procédure administrative conduisant à la prise d'une décision par une des autorités décisionnaires du Département et notamment () les décisions de rejet ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ", laquelle est composée et constituée au sein du conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales. Aux termes du I de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles : " Une convention est conclue entre le département et chacun des organismes mentionnés à l'article L. 262-16. / Cette convention précise en particulier : / 1° Les conditions dans lesquelles le revenu de solidarité active est servi et contrôlé ; / 2° Les modalités d'échange des données entre les parties ; / 3° La liste et les modalités d'exercice et de contrôle des compétences déléguées, le cas échéant, par le département aux organismes mentionnés à l'article L. 262-16 () ". Aux termes de l'article R. 262-60 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " La convention prévue à l'article L. 262-25 comporte des dispositions générales relatives à : / () 4° Les conditions et limites dans lesquelles la commission de recours amiable de ces organismes rend un avis sur les recours administratifs adressés au président du conseil général ; ces stipulations portent notamment sur l'objet et le montant des litiges dont la commission est saisie et les conditions financières de cette intervention () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. / Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. () ".
7. Aux termes de l'article 8-2 de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 30 août 2010 entre le département du Nord et l'association départementale des caisses d'allocations familiales du Nord en application du I de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles : " Les recours administratifs préalables aux recours contentieux ne sont pas transmis pour avis à la Commission de recours amiable des Caf par le Président du Conseil Général. ". Il résulte des dispositions précitées de la convention de gestion que, contrairement à ce que soutient le requérant, l'absence d'avis de la commission de recours amiable, qui ne peut être saisie que dans les conditions et limites prévues par la convention, n'entache pas d'irrégularité la procédure suivie par le département du Nord, dès lors que la convention en dispose autrement. Le moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale () ".
9. Les stipulations précitées ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale, et non aux procédures administratives. Au surplus, il résulte de l'instruction que la décision attaquée mentionne les considérations de fait et droit qui en constituent le fondement, permettant ainsi à M. F d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'intéressé a été informé lors du contrôle qui s'est déroulé le 14 août 2020 de son droit à apporter toute précision nécessaire et à contester le rapport du contrôleur. Il a en outre pu faire valoir toute observation utile en exerçant le recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 262-47 précité, et il a eu communication des documents sur le fondement desquels la caisse a pris sa décision et en particulier du rapport de contrôle, dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense et de la procédure contradictoire préalable doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
11. Il résulte des articles L. 262-2, R. 262-5 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'ils mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête du 5 octobre 2020, établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que les relevés de compte bancaire de M. F, qui a bénéficié de contrats de travail en Belgique du 1er octobre au 31 décembre 2019, puis du 3 février au 2 avril 2020, font apparaitre une activité exclusive, à compter du 9 juillet 2019, aux alentours de Bruxelles, aucun mouvement n'apparaissant en France, ce fait étant confirmé par les relevés de compte produits à l'instance par M. F, et que ses démarches auprès de la caisse d'allocations familiales du Nord ont été réalisées, à compter de cette date, à partir de la Belgique, alors que M. F a confirmé, lors de ses déclarations trimestrielles, sa résidence en France à la même période. Si le rapport indique que la caisse primaire d'assurance maladie ne connaît aucun soin à M. F en France ou à l'étranger, il résulte de l'instruction que le requérant a bénéficié de prestations de soins en France à six reprises à compter du 9 juillet 2019. Cette circonstance, ainsi que sa participation pendant la période concernée à 4 rendez-vous avec Pôle emploi en France et le fait que ses factures de téléphonie mobile parviennent à une adresse en France, ne suffisent pas à établir que M. F résidait de façon stable et effective en France à partir du 9 juillet 2019 ni à remettre en cause les conclusions du rapport de l'agent enquêteur. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur de droit, ni d'appréciation sur la situation qui lui était soumise que le président du conseil départemental du Nord a considéré que M. F ne remplissait pas les conditions de résidence définies aux articles L.262-2 et R.262-5 du code l'action sociale et des familles.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation, de décharge, d'injonction et d'astreinte de la requête doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin de remise gracieuse :
14. D'une part, l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () " et l'article R. 262-37 du même code prévoit que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
15. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
16. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
17. Il résulte de ce qui précède que M. F a fixé sa résidence en Belgique à compter du 9 juillet 2019, qu'il a confirmé de façon répétée dans ses déclarations trimestrielles et de situation des 3 décembre 2019, 24 septembre 2019, 8 septembre 2019 et 27 août 2019 qu'il résidait en France. Eu égard au caractère public des conditions d'octroi du revenu de solidarité active, M. F doit être regardé comme ayant fait de fausses déclarations et ne peut être regardé comme étant de bonne foi. Dans ces conditions, et quelle que soit la précarité de sa situation, il ne peut prétendre à bénéficier d'une remise de sa dette.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
18. M. F a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord le versement à Me Desfarges de la somme de 1 500 euros.
Sur la requête n° 2104711 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
19. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 3° () imposent des sujétions ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année ou de l'aide exceptionnelle de solidarité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
20. La décision du 19 octobre 2020, ne mentionne pas les dispositions sur le fondement desquelles elle a été prise. Dans ces conditions, elle est insuffisamment motivée en droit et M. F est fondé à en demander l'annulation pour ce motif.
21. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. F est fondé à demander au tribunal d'annuler la décision du 19 octobre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019, pour un montant de 152,45 euros.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
22. L'annulation de la décision du 19 octobre 2020 résultant seulement d'un défaut de motivation, elle n'implique pas que M. F soit déchargé de l'obligation de payer la somme mise à sa charge. Par suite, les conclusions à fin de décharge présentées par M. F doivent être rejetées.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
23. M. F a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord le versement à Me Desfarges de la somme de 1 500 euros.
24. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. F, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la caisse d'allocations familiales du Nord une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Sur la requête n° 2109859 :
En ce qui concerne la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
25. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. / () / L'aide juridictionnelle provisoire devient définitive si le contrôle des ressources du demandeur réalisé a posteriori par le bureau d'aide juridictionnelle établit l'insuffisance des ressources. ".
26. Par une décision du 17 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Lille, le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à son admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
27. La décision du 4 décembre 2021 ne mentionne ni le motif, ni la période sur laquelle porte l'indu notifié à M. F. Par ailleurs, elle ne mentionne pas les dispositions sur le fondement desquelles elle a été prise. Dans ces conditions, elle est insuffisamment motivée.
28. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. F est fondé à demander l'annulation de la décision du 4 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, pour un montant de 150 euros.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
29. L'annulation de la décision du 4 décembre 2021 résultant seulement d'un défaut de motivation, elle n'implique pas que M. F soit déchargé de l'obligation de payer la somme mise à sa charge. Par suite, les conclusions à fin de décharge présentées par M. F doivent être rejetées.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
30. M. F a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord le versement à Me Desfarges de la somme de 1 500 euros.
31. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. F, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la caisse d'allocations familiales du Nord une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Sur la requête n° 2204783 :
En ce qui concerne la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
32. Par une décision du 29 août 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Lille, le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à son admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
33. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / () / Après la mise en œuvre de la procédure de recouvrement sur prestations à échoir, l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active transmet () les créances du département au président du conseil général. () Le président du conseil général constate la créance du département et transmet au payeur départemental le titre de recettes correspondant pour le recouvrement. () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur () ".
34. En adoptant les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 précité du code de l'action sociale et des familles, le législateur a entendu que l'effet suspensif des recours dirigés contre une décision de récupération de l'indu s'attache à l'exigibilité de la créance. Il en résulte que l'exercice d'un tel recours, de même d'ailleurs qu'une demande de remise gracieuse, fait par lui-même obstacle, aussi longtemps que ce recours est pendant devant l'administration ou devant les juges du fond, d'une part, à la possibilité pour l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active d'opérer une compensation avec les sommes dues à l'allocataire et, d'autre part, à l'émission, par le département, d'un titre exécutoire sur le fondement de l'article L. 1617-5 précité du code général des collectivités territoriales.
35. En dépit du caractère suspensif du recours contentieux de M. F enregistré le 17 juin 2021, contre l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019, pour un montant de 152,45 euros, pour le recouvrement duquel a été émis la contrainte attaquée, un titre exécutoire a été émis le 8 juin 2022. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. F est fondé à soutenir que le titre a été émis en méconnaissance du caractère suspensif du recours institué par l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles précité.
36. Il résulte de ce qui précède que la contrainte émise le 8 juin 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord pour le recouvrement de la somme de 152,45 euros résultant d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er au 31 décembre 2019 doit être annulée. Il y a lieu, par voie de conséquence, de prononcer la décharge de M. F de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros dont la contrainte l'a constitué débiteur.
Sur les frais liés au litige :
37. M. F a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Desfarges, avocat de M. F, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord le versement à Me Desfarges de la somme de 2 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requêtes n°s 2109859 et 2204783 de M. F tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 19 octobre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. F un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019, pour un montant de 152,45 euros est annulée.
Article 3 : La décision du 4 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. F un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois d'avril 2020, pour un montant de 150 euros est annulée.
Article 4 : La contrainte émise le 8 juin 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord pour le recouvrement auprès de M. F de la somme de 152,45 euros résultant d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er au 31 décembre 2019 est annulée.
Article 5 : M. F est déchargé de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros résultant d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er au 31 décembre 2019.
Article 6 : La caisse d'allocations familiales du Nord versera à Me Desfarges une somme de 2000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Desfarges renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat.
Article 7 : La requête n° 2104174 est rejetée.
Article 8 : Les surplus des conclusions des requêtes n°s 2104711 et 2109859 est rejeté.
Article 9 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales du Nord concernant les requêtes n° 2104711 et 2109859, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 10: Le présent jugement sera notifié à M. A F, à Me Desfarges, au département du Nord et à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
E. D La greffière,
Signé
M. G
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet du Nord, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
2, 2104711, 2109859, 2204783
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026