vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SILVESTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juin 2021 et le 14 juin 2022, la société NW Joules, représentée par Me Silvestre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'article 3 de l'arrêté du 1er avril 2021 du préfet du Nord portant non-opposition à sa déclaration préalable présentée le 8 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'édicter un arrêté de non opposition à sa déclaration préalable sans charge financière des travaux d'extension du réseau électrique, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de précéder au réexamen de sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 1er avril 2021 a été signé par un autorité incompétente ;
- la procédure contradictoire préalable au retrait est irrégulière ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'eu égard à la nature du projet, les contributions financières dues au titre de raccordement au réseau électrique sont prévues par les seuls articles L. 342-1 et L. 342-12 du code de l'énergie et aucune somme n'est due au titre de la législation sur l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société NW Joules ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Carpentier, substituant Me Silvestre, représentant la société NW Joules.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 décembre 2020, la société NW Joules a déposé un dossier de déclaration préalable auprès des services de la mairie d'Orsinval pour la pose et la mise en œuvre d'un élément préfabriqué de stockage d'énergie. Au terme du délai d'instruction d'un mois, une décision tacite de non-opposition est intervenue. Le 12 mars 2021, le préfet du Nord a adressé un courrier à la société NW Joules l'informant de son intention de retirer l'autorisation tacite. Par un arrêté du 1er avril 2021, le préfet du Nord a retiré sa décision de non-opposition tacite et ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société NW Joules tout en prévoyant à son article 3 la prise en charge par la société pétitionnaire du coût des travaux d'extension du réseau électrique induite par le projet en cause pour un montant de 5 324,32 euros. Par la requête susvisée, la société NW Joules demande au tribunal l'annulation de cet article 3.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme est recevable à demander l'annulation d'une ou de plusieurs prescriptions dont celle-ci est assortie. Il peut utilement soulever à l'appui de telles conclusions tout moyen relatif au bien-fondé des prescriptions qu'il critique ou au respect des exigences procédurales propres à leur édiction. Toutefois, le juge ne peut annuler ces prescriptions, lorsqu'elles sont illégales, que s'il résulte de l'instruction qu'une telle annulation n'est pas susceptible de remettre en cause la légalité de l'autorisation d'urbanisme et qu'ainsi ces prescriptions ne forment pas avec elle un ensemble indivisible.
3. En premier lieu, par un arrêté du 24r décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 63 du 3 mars 2020, Mme B C a reçu délégation à l'effet de signer, les décisions concernant l'application du droit des sols, et notamment, les arrêtés de non-opposition à déclaration préalable. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de l'irrégularité de la procédure contradictoire préalable de retrait de la non-opposition tacite à la déclaration préalable déposée le 8 décembre 2020, cette procédure étant sans lien avec la seule prescription en litige.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté de non-opposition dont l'article 3 est contesté, le maire de la commune d'Orsinval s'est expressément opposé à la prise en charge financière par la commune des travaux d'extension du réseau d'électricité nécessaire au projet. Par suite, la société NW Joules, qui a par ailleurs expressément accepté de prendre en charge le coût de ces travaux, n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait. Le moyen doit être écarté.
6. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, qui consiste en un ouvrage de stockage d'électricité d'origine non déterminée, constituerait une installation de production d'électricité à partir de sources d'énergie renouvelable au sens des dispositions des articles L. 342-1 et L. 342-12 du code l'énergie. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'eu égard à sa nature et à ses caractéristiques, il ne relèverait pas du champ d'application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'article 3 de l'arrêté du 1er avril 2021 du préfet du Nord doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande la société NW Joules au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société NW Joules est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société NW Joules et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la commune d'Orsinval et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERELe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026