jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | INUNGU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 juin 2021 et 22 juillet 2021, M. F D, représenté par Me Inungu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mai 2021 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le titre de séjour demandé, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision contestée a été prise par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces, enregistrées le 2 juin 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 30 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fabre, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Inungu, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. F D, né le 29 mars 1987 en Algérie, de nationalité algérienne, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale ". Par une décision du 12 mai 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision contestée a été prise, pour le préfet du Nord et par délégation, par M. C G, adjoint à la cheffe de bureau du contentieux et du droit des étrangers, qui était compétent pour ce faire en vertu d'un arrêté du 14 avril 2021 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Nord n° 89. Par suite, et alors que le requérant ne peut valablement soutenir que la commission du titre de séjour aurait, en la matière, une compétence conjointe avec le préfet, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision contestée fait état des textes dont elle fait application, en particulier les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que les éléments de fait justifiant, selon le préfet du Nord, que sa demande soit rejetée. Par suite, la décision en litige, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () ".
5. M. F D, né le 29 mars 1987 en Algérie, de nationalité algérienne, est le fils de Mme B A, réintégrée dans la nationalité française depuis le 3 janvier 2022 et de M. E D, de nationalité algérienne, mariés le 17 août 1983 en Algérie et divorcés par jugement du juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Lille du 9 janvier 1996. De cette union est né ainsi qu'il a été dit, M. F D. Mme A, qui a quitté l'Algérie très peu de temps après la naissance du requérant, a eu deux autres enfants, à savoir Linda Nora A, née le 30 mars 1989 à Roubaix et Yassin A, né le 12 août 1994 à Tourcoing. M. D, père de F, est décédé en Algérie le 18 janvier 2008.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France en dernier lieu en 2017 alors âgé de 30 ans environ. Il a ainsi vécu l'essentiel de sa vie en Algérie où il a nécessairement développé des liens personnels et amicaux. Au vu des pièces du dossier et des écritures du requérant, M. D n'a retrouvé sa mère qu'en 2016 de même que les deux autres enfants de Mme A et il n'est pas établi qu'il serait dépourvu de toute famille en Algérie. Il est par ailleurs célibataire et sans enfant en France. Par suite, la décision contestée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à mener une vie privée et familiale normale. Ainsi ni les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont été méconnues. Pour les mêmes motifs, et alors que l'intéressé se borne à faire état d'une promesse d'embauche, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
7. En quatrième et dernier lieu, le requérant est majeur depuis de nombreuses années. Il ne peut ainsi utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance également présentées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet du Nord.
Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023 à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023
Le président-rapporteur,
Signé
X. FABREL'assesseur le plus ancien,
Signé
A.-L. MONTEIL
La greffière,
Signé
A. DOUVRY
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026