mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104657 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LUTRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2021 et 6 juin 2022, M. A C, représenté par Me Lutran, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 mai 2021 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'une procédure contradictoire et du droit d'être entendu en application des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union et des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir en méconnaissance des dispositions des articles 2 et 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés les 20 juillet et 2 novembre 2021, le préfet du Nord, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (Selarl) Centaure, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code des relations entre le public et l'administration ainsi que des stipulations de la charte des droits fondamentaux invoqués sont inopérants ;
- les autres moyens invoqués dans la requête sont infondés.
M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la Charte des droits fondamentaux du droit de l'Union
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme B au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 mai 2021, le préfet du Nord a assigné à résidence M. A C, ressortissant algérien né le 17 janvier 1990 à Mohammadia (Algérie). Par la présente requête, l'intéressé demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 27 juillet 2021, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet de telle sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il vise notamment les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la date et la nature de la mesure d'éloignement précédemment prise à son encontre. Par ailleurs, il mentionne la nécessité de prévoir l'organisation matérielle de son départ, ainsi que la durée et les modalités de son assignation. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement en mesure l'intéressé de discuter les motifs de cet arrêté, sans qu'ait d'incidence la circonstance que l'arrêté ne précise pas l'alinéa de l'article L. 731-3 dont il est fait application. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police les 6 et 7 février 2021, le requérant a été informé qu'il était susceptible d'être assigné à résidence et mis en mesure de présenter des observations avant l'édiction de la mesure litigieuse. Par suite, le vice de procédure invoqué ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; /(.) ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A C est connu des services de police sous différentes identités ou alias parmi lesquelles celle d'Amine Benani. Par arrêté du 12 février 2020, notifié le même jour, le préfet du Nord a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'un défaut de base légale. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a pas été en mesure de produire une pièce d'identité ou un document de voyage et qu'il était par suite nécessaire de consulter les autorités consulaires en vue d'obtenir un laissez-passer et d'organiser les modalités de son retour dans son pays d'origine. Dans cette attente, l'intéressé n'était pas en mesure de quitter immédiatement le territoire français. C'est ainsi sans erreur d'appréciation que le préfet du Nord a pris la mesure contestée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, par suite, être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression ". Et aux termes des dispositions de l'article 4 de cette déclaration : " La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ".
8. M. C soutient que la mesure d'assignation en résidence, plus particulièrement sa durée et ses modalités de pointage, méconnaît sa liberté d'aller et venir telle qu'elle est garantie par les dispositions précitées de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Toutefois, cette liberté n'est pas absolue et s'exerce dans les limites des dispositions législatives et réglementaires en vigueur. M. C se trouve dans le cas où, ne résidant pas régulièrement sur le territoire français et étant sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire assortie d'une interdiction de retour sur ce même territoire, l'autorité compétente peut, en vue de garantir l'exécution de cette obligation, limiter sa liberté d'aller et venir en l'assignant à résidence. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune circonstance de fait et ne produit aucune pièce de nature à établir que les contraintes de pointage seraient disproportionnées au regard de l'atteinte à sa liberté d'aller et venir. Par suite, en l'absence de précisions complémentaires, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Lutran et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. B
Le président,
signé
Ch. BAUZERAND
La greffière,
signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026