lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104825 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROBERT ET LOONIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2021, l'Association tutélaire du Pas-de-Calais (ATPC), agissant en qualité de tutrice de Mme B C, représentée par Me Loonis, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 23 juillet 2020 et 19 avril 2021 du président du conseil départemental du Pas-de-Calais en tant qu'elles en tant qu'elles ne fixent pas au 24 octobre 2019 la date d'admission de Mme C au bénéfice de l'aide sociale ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Pas-de-Calais de prendre en charge les frais d'hébergement de Mme C à compter du 24 octobre 2019 ou du 4 décembre 2019.
Elle soutient que :
- le dossier de demande d'aide sociale n'a pu être déposé dans les délais de l'article R. 131-2 du code de l'action sociale et des familles compte tenu de la procédure judiciaire de mise sous tutelle, cette situation consistant un cas de force majeur ;
- l'état de besoin de Mme C préexistait avant son entrée en hébergement pour personnes âgées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 mars 2019, l'Association tutélaire du Pas-de-Calais (ATPC), alors mandataire spécial de Mme C, hébergée au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " l'Aquarelle " de Bully-les-Mines, a sollicité auprès du département du Pas-de-Calais la prise en charge des frais d'hébergement de l'intéressée à compter du 24 octobre 2019, date de son entrée dans cet établissement. Par décision du 23 juillet 2020, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a partiellement fait droit à cette demande, en accordant la prise en charge des frais d'hébergement de Mme C à compter du 1er mars 2020. L'ATPC, en sa qualité de tutrice de Mme C, a formé un recours administratif préalable obligatoire le 21 septembre 2020 et par une nouvelle décision du 19 avril 2021, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a confirmé sa décision initiale. Par la requête susvisée, l'ATPC, agissant en qualité de tutrice de Mme C, demande au tribunal d'annuler les décisions du président du conseil départemental du Pas-de-Calais des 23 juillet 2020 et 19 avril 2021 en tant qu'elles ne fixent pas au 24 octobre 2019 la date d'admission de Mme C au bénéfice de l'aide sociale.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772 8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'action sociale et des familles : " () les demandes d'admission au bénéfice de l'aide sociale, à l'exception de celles concernant l'aide sociale à l'enfance, sont déposées au centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, à la mairie de résidence de l'intéressé. Les demandes donnent lieu à l'établissement d'un dossier par les soins du centre communal ou intercommunal d'action sociale. Celui-ci peut utiliser à cet effet des visiteurs-enquêteurs. Les demandes sont ensuite transmises, dans le mois de leur dépôt, au représentant de l'Etat ou au président du conseil départemental qui les instruit avec l'avis du centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, du maire et celui du conseil municipal, lorsque le maire ou le centre communal ou intercommunal d'action sociale a demandé la consultation de cette assemblée. ". Aux termes de l'article L. 131-4 de ce code : " Les décisions attribuant une aide sous la forme d'une prise en charge de frais d'hébergement peuvent prendre effet à compter de la date d'entrée dans l'établissement à condition que l'aide ait été demandée dans un délai fixé par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 131-2 du même code : " Sauf dispositions contraires, les demandes tendant à obtenir le bénéfice de l'aide sociale prévue aux titres III et IV du livre II prennent effet au premier jour de la quinzaine suivant la date à laquelle elles ont été présentées. / Toutefois, pour la prise en charge des frais d'hébergement des personnes accueillies dans un établissement social ou médico-social, habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale ou dans un établissement de santé dispensant des soins de longue durée, la décision d'attribution de l'aide sociale peut prendre effet à compter du jour d'entrée dans l'établissement si la demande a été déposée dans les deux mois qui suivent ce jour. Ce délai peut être prolongé une fois, dans la limite de deux mois, par le président du conseil départemental ou le préfet. / Le jour d'entrée mentionné au deuxième alinéa s'entend, pour les pensionnaires payants, du jour où l'intéressé, faute de ressources suffisantes, n'est plus en mesure de s'acquitter de ses frais de séjour. ".
4. Il résulte de ces dispositions que les frais d'hébergement des personnes accueillies dans un établissement social ou médico-social habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale sont pris en charge au titre de l'aide sociale à l'hébergement à compter du premier jour de la quinzaine suivant la date de la présentation de la demande tendant au bénéfice d'une telle aide. Toutefois, lorsque la demande a été déposée, quel qu'en soit l'auteur, dans le délai de deux mois suivant le jour d'entrée dans l'établissement, éventuellement prolongé dans la limite de deux mois supplémentaires, la prise en charge de ces frais peut prendre effet à compter du jour d'entrée dans l'établissement.
5. Il résulte de l'instruction que la demande d'aide sociale formée par l'ATPC au nom de Mme C en vue de la prise en charge des frais d'hébergement de cette dernière n'a été établie que le 16 mars 2020, soit après l'expiration du délai maximum de quatre mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 131-2 du code de l'action sociale et des familles courant en l'espèce à compter du 24 octobre 2019, date à laquelle Mme C a intégré l'EHPAD " l'Aquarelle " de Bully-les-Mines. Si l'ATPC qui a été nommée, dans un premier temps le 6 novembre 2019 mandataire spécial de Mme C puis, le 30 juin 2020, tutrice de cette dernière, soutient que cette demande d'aide ne pouvait être effectuée antérieurement compte tenu de la procédure de mise sous tutelle en cours à cette période, une telle circonstance ne justifie pas une exonération du respect du délai de quatre mois mentionné ci-dessus, et ce d'autant plus que l'association tutélaire a initié les démarches en vue de l'admission à l'aide sociale de Mme C avant même d'en être désignée tutrice. Il en est de même en ce qui concerne la circonstance que la situation financière de Mme C ne permettait pas le règlement de ses frais d'hébergement dès son admission au sein de l'établissement. Dans ces conditions, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles en attribuant à Mme C le bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement, non à compter du 24 octobre 2019 comme demandé par l'association requérante, mais à compter du 1er mars 2020.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du président du conseil départemental du Pas-de-Calais du 23 juillet 2020, que la requête de l'Association tutélaire du Pas-de-Calais, agissant en qualité de tutrice de Mme C, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Association tutélaire du Pas-de-Calais, agissant en qualité de tutrice de Mme C, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Association tutélaire du Pas-de-Calais, agissant en qualité de tutrice de Mme C, et au département du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERE
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026