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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2104920

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2104920

lundi 25 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2104920
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDANSET-VERGOTEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2021, M. B C, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le directeur territorial de Lille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et ce, à titre rétroactif, dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'est pas démontré qu'il a été préalablement informé lors de l'acceptation des conditions matérielles d'accueil des conséquences de cette acceptation et de la possibilité que ces dernières soient retirées ou suspendues et ce, en méconnaissance des articles L. 744-7 et D. 744-39 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il n'a pas été mis en mesure de faire valoir ses observations ;

- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à défaut d'évaluation de sa vulnérabilité ;

- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à défaut d'examen des documents à caractère médical et d'un avis par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision a méconnu les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction antérieure à la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, alors que la rédaction antérieure à cette loi devait s'appliquer ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles 20 et 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et celles des articles L. 744-6 et L 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'erreurs d'appréciation en ce que, d'une part, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne justifie pas qu'il aurait déposé sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France et, d'autre part, il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité et de son état de santé ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- doivent être substitués à la base légale initialement retenue l'article 20, point 1 de la directive 2013/33/UE et les articles L. 744-1 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée, qui doit être regardée comme un refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, est justifiée par la non-présentation aux autorités, le défaut de vulnérabilité et l'absence de besoins particuliers ;

- une décision de refus pour réexamen, fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, peut également être substituée à la décision attaquée ;

- les moyens soulevés par M. C et tirés de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen de vulnérabilité, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 22 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2022.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 3 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Courtois,

- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant guinéen, a demandé l'asile en France le 20 août 2018. Il a fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Espagne le 20 août 2018, qui a été exécutée le 7 février 2019. Il indique être entré en France le 23 février 2019 et a sollicité l'asile le 14 mars 2019. Le 9 mai 2019, il a fait l'objet d'une nouvelle décision de transfert vers l'Espagne assortie d'une assignation à résidence, qu'il a contestée devant le tribunal administratif de Lille, lequel a rejeté sa requête par un jugement du 6 juin 2019. M. C n'a pas répondu à la convocation qui lui avait été faite de se présenter le 10 décembre 2019 à la préfecture du Nord. A l'expiration du délai de transfert, l'intéressé s'est de nouveau présenté en préfecture en faisant valoir que la France était devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, laquelle a donné lieu à une décision de la cour nationale du droit d'asile notifiée le 9 avril 2021 lui accordant le statut de réfugié. Par une décision en date du 7 janvier 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 susvisée : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; ou c) a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE. / En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites (). / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. / 6. Les Etats membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil ne soient pas retirées ou réduites avant qu'une décision soit prise conformément au paragraphe 5 ".

3. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L. 744-8 de ce code : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. () ".

4. Il résulte de ces dispositions, telles qu'éclairées par la décision du Conseil d'Etat nos 428530, 428564 du 31 juillet 2019, qu'il reste possible à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

5. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 et de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la circonstance que l'intéressé avait présenté sa demande d'asile, sans motif légitime, plus de 90 jours après son entrée en France, délai qui était applicable à la date de cette demande. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des attestations de demande d'asile remises les 12 avril 2019 et 7 janvier 2021, que M. C, qui déclare être entré en France le 23 février 2019, après un transfert effectif vers l'Espagne le 7 février 2019, a déposé une première demande d'asile le 14 mars 2019. La demande d'asile qu'il a formée en préfecture du Nord le 7 janvier 2021 constitue dès lors une demande de réexamen de sa demande d'asile formée le 14 mars 2019. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne pouvait refuser les conditions matérielles d'accueil à M. C au motif qu'il avait présenté sa demande d'asile, sans motif légitime, plus de 90 jours après son entrée en France.

6. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

7. D'une part, l'Office français de l'immigration et de l'intégration soutient que la décision attaquée du 7 janvier 2021 doit être regardée comme refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil et qu'elle est fondée, eu égard aux dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et à la décision du conseil d'Etat du 31 juillet 2019 mentionnée au point 4, en raison de la non-présentation aux autorités chargées de l'asile, du défaut de vulnérabilité et de l'absence de besoins particuliers.

8. Toutefois, si l'Office français de l'immigration et de l'intégration se prévaut du résumé de l'entretien individuel du 14 mars 2019 de M. C et du formulaire médical rempli le 22 mars 2019 par le docteur A pour procéder à une évaluation de la situation du requérant et notamment de sa vulnérabilité et de ses besoins particuliers, ainsi que de l'absence du requérant au rendez-vous qui lui avait été fixé le 10 décembre 2019, à supposer établie la circonstance qu'il aurait déjà accordé à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil avant de procéder à leur suspension, l'Office ne démontre pas qu'il disposait d'éléments plus récents ou qu'il avait mis le requérant en mesure de produire toute observation utile sur sa situation actuelle ou sur les raisons de sa carence au rendez-vous qui lui avait été fixé le 10 décembre 2019. Dès lors, ces éléments sont insuffisants pour considérer que l'Office s'est livré effectivement à un examen sérieux de la situation particulière du requérant à la date de la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil, ainsi que, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil, comme le prévoit les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile telles qu'éclairées par la décision du Conseil d'État nos 428530, 428564 du 31 juillet 2019. Dans ces conditions, un tel examen constituant une garantie pour le demandeur, il ne peut être procédé à la substitution de motif demandée.

9. D'autre part, l'Office français de l'immigration et de l'intégration soutient que la décision en date du 7 janvier 2021 portant refus des conditions matérielles d'accueil est légalement justifiée, eu égard aux dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par la présentation par M. C d'une demande de réexamen de sa demande d'asile.

10. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8, une décision portant refus des conditions matérielles d'accueil ne pouvant être prise sans examen de la situation particulière de l'intéressé, comme le prévoient les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile telles qu'éclairées par la décision du Conseil d'Etat nos 428530,428564 du 31 juillet 2019, il ne peut être procédé à la substitution de motif demandée.

11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision en date du 7 janvier 2021 du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille refusant à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Eu égard au motif qui le fonde, l'exécution du présent jugement implique seulement que l'Office français de l'immigration et de l'intégration procède à un nouvel examen de la situation de M. C et se prononce à nouveau sur son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu, dès lors, de lui enjoindre d'y procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

13. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Danset-Vergoten, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Danset-Vergoten d'une somme de 800 euros.

DÉCIDE :

Article 1er : La décision en date du 7 janvier 2021 du directeur territorial de Lille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration refusant à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur territorial de Lille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen de la situation de M. C, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à Me Danset-Vergoten, avocat de M. C, une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91 647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Sophie Danset-Vergoten et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Courtois, première conseillère,

- Mme Jaur, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

C. COURTOISLe président,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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