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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105032

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105032

mercredi 20 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105032
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (6)
Avocat requérantZIMMERMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2021, M. A C demande au tribunal d'annuler la contrainte émise le 23 avril 2021 par le directeur régional de l'agence Pôle emploi, signifiée par acte d'huissier le 19 mai suivant, relative à un indu de rémunération de fin de formation d'un montant de 3 618,65 euros pour la période du 2 septembre 2019 au 26 février 2020.

Il soutient que :

- il n'a perçu, au titre de la période litigieuse, aucune ressource outre que ses droits à la rémunération de fin de formation ;

- il est de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, Pôle emploi, représenté par Me Zimmermann, conclut :

1°) à titre principal à l'irrecevabilité de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête ;

3°) à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie avoir formé un recours administratif préalable avant l'enregistrement de sa requête ;

- au fond, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- la délibération n° 2011/44 du 16 novembre 2011 de Pôle emploi ;

- la délibération n° 2020-04 du 21 janvier 2020 de Pôle emploi ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Michel, conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le 23 avril 2021, Pôle emploi a émis à l'encontre de M. C une contrainte afin d'obtenir le remboursement d'un trop-perçu d'allocation de rémunération de fin de formation (RFF) d'un montant de 3 618,65 euros, correspondant à des sommes indûment versées à l'intéressé au titre de la période comprise entre les 2 septembre 2019 et 26 février 2020. Par la présente requête, M. C forme opposition à cette contrainte.

Sur l'opposition à contrainte :

2. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ".

3. En vertu de l'article L. 5312-1 du code du travail, Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a notamment pour mission de : " () 2° Accueillir, informer, orienter et accompagner les personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un conseil professionnel, prescrire toutes actions utiles pour développer leurs compétences professionnelles et améliorer leur employabilité, favoriser leur reclassement et leur promotion professionnelle, faciliter leur mobilité géographique et professionnelle et participer aux parcours d'insertion sociale et professionnelle ; () ". Aux termes de l'article R. 5312-6 du même code : " Le conseil d'administration règle les affaires relatives à l'objet de Pôle emploi. Il délibère sur : () 2° Les mesures destinées à faciliter les opérations de recrutement des entreprises, à favoriser l'insertion, le reclassement, la promotion professionnelle et la mobilité géographique et professionnelle des personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, en application de la convention tripartite mentionnée à l'article L. 5312-3 () ".

4. Selon les délibérations du conseil d'administration de Pôle emploi nos 2011/44 et 2020-04 des 16 novembre 2011 et 21 janvier 2020 visées ci-dessus, la RFF se substitue à l'allocation de retour à l'emploi (ARE) lorsque la durée de la formation excède la durée des droits à l'ARE et que la formation permet à la fois d'acquérir une qualification reconnue au sens de l'article L. 6314-1 du code du travail et d'accéder à un emploi pour lequel sont identifiées des difficultés de recrutement, dans la région du lieu de la formation et/ou dans la région du lieu de prescription de la formation. La RFF constitue ainsi une aide aux demandeurs d'emploi créée par le conseil d'administration de Pôle emploi dans le cadre de ses compétences propres et de sa mission de service public, telles que prévues au 2° de l'article L. 5312-1 et au 3° de l'article L. 5312-7 du code du travail.

5. Il résulte de l'instruction que M. C a été admis à la RFF à compter de l'extinction de ses droits à l'assurance chômage, entre le 2 septembre 2019 et le 26 février 2020, à hauteur de 3 618,35 euros. Pôle emploi, informé de la reprise d'une activité salariée par le requérant au sein de la société JPC Etiquettes entre les 23 janvier et 30 septembre 2019, a procédé à rectification des droits de l'intéressé à l'ARE qui ont été ouverts jusqu'au 27 février 2020. A cet égard, il résulte de l'instruction, et notamment du document intitulé " consultation des paiements " produit en défense, que Pôle emploi a versé à l'intéressé, le 23 juin 2020, l'ARE qui lui était due entre le 2 septembre 2019 et le 26 février 2020 à hauteur de 3 618,35 euros. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction qu'au titre de la période litigieuse, le requérant, qui a perçu, après rectification ses droits à l'ARE, ne pouvaient pas bénéficier de la RFF. Si le requérant fait valoir qu'il n'a exercé aucune activité professionnelle au cours de la période litigieuse, cette circonstance, à la supposer établie, n'est toutefois pas de nature à remettre en cause la double perception de ses droits à l'ARE et à la RFF au titre de la même période. Dès lors que M. C a bénéficié simultanément, après rectification, l'ARE et la RFF, au titre la période de litigieuse, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que Pôle emploi lui a réclamé les sommes perçues au titre de la RFF entre le 2 septembre 2019 et le 26 février 2020.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la contrainte émise le 23 avril 2021 par le directeur régional de l'agence Pôle emploi, signifiée par acte d'huissier le 19 mai suivant, relative à un indu de rémunération de fin de formation d'un montant de 3 618,65 euros pour la période du 2 septembre 2019 au 26 février 2020.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Pôle emploi présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à Pôle emploi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. B

La greffière,

signé

C. VIEILLARD

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

4

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