mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (2) |
| Avocat requérant | REGLEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2021, M. B D, représenté par Me Régley, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 5 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de 10 jours ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 4 août 2017, 9 août 2019, 9 décembre 2019, 28 novembre 2019 et 1er mars 2020 ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui restituer quatre points sur le capital de points affecté à son permis de conduire à la suite des stages de sensibilisation à la sécurité routière effectués les 21 et 22 juin 2021 ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer l'entier capital de points affecté à son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 6 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'information préalable obligatoire prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée ;
- il aurait dû bénéficier d'une restitution de quatre points à la suite du stage de sensibilisation effectué les 21 et 22 juin 2021, conformément aux dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48SI contestée ainsi que de la décision portant retrait de points à la suite de l'infraction du 28 novembre 2019 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les mentions relatives à la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 28 novembre 2019 ainsi que celles afférentes à la décision 48SI contestée ont été supprimées du relevé intégral d'information du requérant ; l'administration est ainsi réputée les avoir retirées ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation d'une décision implicite du ministre de l'intérieur refusant de restituer à M. D quatre points sur le capital de points affecté à son titre de conduite à la suite du stage de sensibilisation effectué les 21 et 22 juin 2021 dès lors qu'elle n'existe pas.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI du 5 mai 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. D pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, M. D demande au tribunal l'annulation de cette décision 48SI, d'une décision implicite du ministre de l'intérieur portant refus de restitution de quatre points sur son titre de conduite ainsi que l'annulation des décisions portant retraits de points consécutives aux infractions des 4 août 2017, 9 août 2019, 9 décembre 2019, 28 novembre 2019 et 1er mars 2020.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision référencée 48SI en litige ainsi que celles relative à la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 28 novembre 2019 ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. D en cours d'instance. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision référencée 48SI précitée en tant qu'elle a constaté l'invalidité du permis de conduire du requérant et lui a enjoint de restituer son titre de conduite ainsi que la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 28 novembre 2019. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation d'une décision implicite du ministre portant refus de restitution de 4 points :
3. Il ne résulte pas de l'instruction que M. D se serait vu opposer un refus, même implicite, de récupération de quatre points à la suite du stage de sensibilisation effectué les 21 et 22 juin 2021 soit postérieurement à la décision 48SI contestée et il résulte même des mentions de son relevé d'information intégral qu'il a effectivement bénéficié dès le 23 juin 2021 d'une restitution de quatre points. Par suite, les conclusions dirigées contre une telle décision implicite, qui n'existe pas, ne peuvent qu'être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.
S'agissant des infractions commises les 4 août 2017 et 1er mars 2020 :
5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. En conséquence, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. Par ailleurs, la mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
6. Il résulte de l'instruction que les infractions constatées le 4 août 2017 et le 1er mars 2020 ont chacune fait l'objet d'un procès-verbal électronique. Le ministre de l'intérieur produit une copie de ces procès-verbaux sur lesquels apparaissent les informations requises par les dispositions prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et, au-dessous de celles-ci, la signature de l'intéressé, qui n'a au demeurant émis aucune réserve. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant ces deux infractions doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 9 août et 9 décembre 2019 :
7. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale en vigueur à la date des infractions litigieuses, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
8. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. D que les infractions des 9 août et 9 décembre 2019 ont été constatées par procès-verbaux électroniques. L'intéressé a payé les amendes forfaitaires correspondantes respectivement les 14 octobre 2019 et 10 février 2020. M. D n'établit par aucune pièce que les avis de contravention, qu'il a nécessairement reçus, seraient inexacts ou incomplets. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable pour ces deux infractions doit également être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 4 août 2017, 1er mars 2020, 9 août et 9 décembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision 48SI du 5 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du titre de conduite de M. D pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer et de la décision portant retrait de points à la suite de l'infraction du 28 novembre 2019.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026