mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
I) Sous le n° 2105166, par une requête et un mémoire enregistrés le 30 juin 2021 et le 12 juillet 2022, M. D G, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de longue maladie d'office du 2 juillet 2020 au 1er mai 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché de vices de procédure tirés du caractère inintelligible de l'avis du comité médical, de l'irrégularité de sa composition et de l'absence de rapport du médecin de prévention ;
- il est entaché d'erreur de droit, en l'absence de pathologie médicalement constatée, ainsi que de rétroactivité illégale ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au motif, d'une part, qu'il a fixé une durée de congé de longue maladie d'office supérieure à six mois et, d'autre part, que les rapports à l'origine du congé de longue maladie d'office ont été établis par des personnes en situation de conflit d'intérêt.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2022, la rectrice de l'académie de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute de décision faisant grief, l'arrêté du 30 avril 2021 étant plus favorable que les arrêtés ayant placé le requérant en congé de maladie d'office ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II) Sous le n° 2105168, par une requête et un mémoire enregistrés le 30 juin 2021 et le 12 juillet 2022, M. D G, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 1er février, 23 février et 31 mars 2021 par lesquels la rectrice de l'académie de Lille a prolongé son congé de maladie d'office, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 1er avril 2021 contre ces arrêtés ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 1er février ne mentionne pas la qualité du signataire ;
- l'arrêté du 31 mars a été pris par une autorité incompétente ;
- les arrêtés du 23 février et du 31 mars sont insuffisamment motivés ;
- l'arrêté du 1er février est entaché d'erreur de droit en ce qu'il vise un décret qui ne lui est pas applicable ;
- les arrêtés contestés sont entachés d'erreur de droit en l'absence de pathologie médicalement constatée ;
- les arrêtés contestés sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation au motif que les rapports à l'origine du congé de longue maladie d'office ont été établis par des personnes en situation de conflit d'intérêt.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2022, la rectrice de l'académie de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur
- et les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D G, attaché d'administration de l'Etat, exerce les fonctions de fondé de pouvoir d'agence comptable d'établissements publics locaux d'enseignement au sein du lycée Raymond Queneau de Villeneuve d'Ascq depuis le 1er septembre 2018. Par arrêté du 26 juin 2020, la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de maladie d'office dans l'attente de l'avis du comité médical pour une durée d'un mois à compter du 26 juin 2020. Le congé de maladie d'office a ensuite été prolongé par arrêté du 23 juillet 2020 notifié le 24 juillet 2020. Par trois arrêtés des 1er février, 23 février et 31 mars 2021, le congé de maladie d'office a été prolongé pour une durée d'un mois à compter respectivement du 2 février, du 2 mars et du 2 avril 2021. Le 1er avril 2021, le requérant a formé un recours gracieux contre ces trois arrêtés. Son recours ayant été implicitement rejeté, M. G, par la requête enregistrée sous le n° 2105168, demande l'annulation des arrêtés des 1er février, 23 février et 31 mars 2021. Le 16 avril 2021, le comité médical départemental a émis un avis favorable au placement de M. G en congé de longue maladie et à la reprise à temps plein dès réception du procès-verbal. Par arrêté du 30 avril 2021, la rectrice de l'académie de Lille a placé rétroactivement M. G en congé de longue maladie d'office du 2 juillet 2020 au 1er mai 2021. Par la requête, enregistrée sous le n° 2105166, M. G demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2105166 et 2105168, qui concernent la situation d'un même agent public et les mêmes parties, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur la légalité des arrêtés des 1er février, 23 février et 31 mars 2021 par lesquels la rectrice de l'académie de Lille a prolongé le congé de maladie d'office de M. G, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 1er avril 2021 contre ces arrêtés :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 31 août 2020, publié le 10 septembre 2020 au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Hauts de France n° R32 2020 326 bis, la rectrice de l'académie de Lille, Mme I C, a donné délégation à " M. A H, chef du département des personnels d'encadrement et administratifs pour toute les mesures concernant la gestion individuelle, financière et collective des personnels titulaires et non titulaires () administratifs () affectés dans les établissements du seconde degré (), le placement en congé d'office des personnels affectés en EPLE () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 31 mars 2021, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci./ () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 1er février 2021 comporte en en-tête la mention " la rectrice de l'académie de Lille ". Par suite, le moyen tiré du défaut de mention de la qualité de la signataire de l'arrêté du 1er février 2021, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, lorsque l'administration engage une procédure de mise en congé de longue maladie conformément à l'article 34 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, elle peut, à titre conservatoire et dans l'attente de l'avis du comité médical sur la mise en congé de longue maladie, placer l'agent concerné en congé d'office lorsque la maladie de l'agent a été dûment constatée et le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. L'arrêté plaçant un agent en congé d'office à titre conservatoire ne figure pas au nombre des décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'insuffisance de motivation des arrêtés des 23 février et 31 mars 2021 prolongeant son congé de maladie d'office à titre conservatoire dans l'attente de l'avis du comité médical.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit :/ () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence./ () ". Aux termes de l'article 34 du décret du 14 mars 1986 précité, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsqu'un chef de service estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs hiérarchiques, que l'état de santé d'un fonctionnaire pourrait justifier qu'il lui soit fait application des dispositions de l'article 34 (3° ou 4°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, il peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 35 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier soumis au comité médical. ". Lorsque l'administration a engagé une procédure de mise en congé de longue maladie conformément à l'article 34 du décret du 14 mars 1986, elle peut, à titre conservatoire et dans l'attente de l'avis du comité médical sur la mise en congé de longue maladie, placer l'agent concerné en congé d'office lorsque la maladie de l'agent a été dûment constatée et le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions.
8. Il ressort du rapport du proviseur du lycée Raymond Queneau, de son adjoint, de l'infirmière et de la secrétaire que M. G présente des troubles psychiatriques, susceptibles d'ouvrir droit au bénéfice d'un congé de longue maladie et le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Il ressort également du rapport d'expertise du docteur J du 7 septembre 2020 que " Monsieur G D est un sujet () particulièrement tendu et anxieux (), capable de faire valoir son point de vue avec une pré-imminence comme le relevé le docteur B, qui lui connaît une névrose sensitive. Il a bénéficié de ses bons soins de novembre 2015 à juin 2019 pour des difficultés existentielles avec un retentissement relationnel, révélant sa fragilité psychique. Le docteur B, qu'il a consulté suite à un état d'agitation qui l'avait conduit aux urgences psychiatriques du CPAA, l'a mis sous neuroleptique () qu'il a arrêté de son propre chef. Il existe encore une tension psychique importante qui nécessite en effet de mettre à distance son milieu professionnel. Il a été encouragé à reprendre contact avec son psychothérapeute. () Il [Monsieur G D] est informé ce jour que son état actuel est incompatible avec une reprise d'activité professionnelle. () L'état de santé de M. G D nécessite l'octroi d'un congé longue maladie pour une durée de 6 mois. ". Enfin, le comité médical a émis le 16 avril 2021 un avis favorable à l'octroi d'un congé de longue maladie. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les arrêtés des 23 février et 31 mars 2021 prolongeant son congé de maladie d'office à titre conservatoire seraient entachés d'erreur de droit en l'absence, préalablement à leur édiction, de constat médical d'une pathologie le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 34 du décret du 14 mars 1986 précité, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsqu'un chef de service estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs hiérarchiques, que l'état de santé d'un fonctionnaire pourrait justifier qu'il lui soit fait application des dispositions de l'article 34 (3° ou 4°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, il peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 35 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier soumis au comité médical. ". Contrairement à ce qui est allégué, les dispositions relatives à la prévention des conflits d'intérêts n'ont ni pour objet ni pour effet de faire obstacle à l'application des dispositions précitées. Par suite, le moyen devra être écarté.
10. En sixième lieu, l'arrêté du 1er février 2021 a été pris sur le fondement des articles 24 et 34 du décret du 14 mars 1986 précité et de l'article 4 du décret du 29 juillet 1921 portant application des dispositions de l'article 71 de la loi de finances du 30 avril 1921. Si le décret du 29 juillet 1921, qui ne régit que la situation des personnels enseignants, n'est pas applicable à la situation de M. G, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 1er février 2021, dès lors qu'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur les seules dispositions du décret du 14 mars 1986.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 1er février, 23 février et 31 mars 2021 par lesquels la rectrice de l'académie de Lille a prolongé le congé de maladie d'office de M. G, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 1er avril 2021 contre ces arrêtés, doivent être rejetées.
Sur la légalité de l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de longue maladie d'office du 2 juillet 2020 au 1er mai 2021 :
12. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. A H. Dès lors, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 30 avril 2021, qui manque en fait, ne pourra qu'être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 28 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Pour l'application des dispositions de l'article 34 (3°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, le ministre chargé de la santé détermine par arrêté, après avis du comité médical supérieur, une liste indicative de maladies qui, si elles répondent en outre aux caractères définis à l'article 34 (3°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, peuvent ouvrir droit à congé de longue maladie. Sur cette liste doivent figurer les affections qui peuvent ouvrir droit au congé de longue durée prévu ci-après./ Toutefois, le bénéfice d'un congé de longue maladie demandé pour une affection qui n'est pas inscrite sur la liste prévue à l'alinéa précédent peut être accordé après l'avis du comité médical compétent. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie : " Un fonctionnaire est mis en congé de longue maladie lorsqu'il est dûment constaté qu'il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions au cours d'une des affections suivantes lorsqu'elle est devenue invalidante :/ () ". Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Les affections suivantes peuvent donner droit à un congé de longue maladie dans les conditions prévues aux articles 29 et 30 des décrets susvisés :/ () - maladies mentales ;/ () ". Il résulte des dispositions précitées que l'arrêté du 14 mars 1986 distingue les cas dans lesquels le placement en congé de longue maladie est de droit, prévus par son article 1er, et ceux dans lesquels l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation, prévus à son article 2.
14. Il ressort du procès-verbal du comité médical que ce dernier a émis un " Avis défavorable./ L'intéressé relève d'un congé longue maladie - Avis favorable art2 arrêté du 14/03/86. ", assorti des observations suivantes : " Réintégration à temps plein dès réception du procès-verbal - Le congé de longue maladie est à prolonger jusqu'à la reprise effective à temps plein. ". Au vu de ce qui a été dit ci-dessus, l'avis défavorable doit être regardé comme portant sur le placement en congé de longue maladie de droit et non sur le principe même du placement en congé de longue maladie. Ainsi, contrairement à ce qui est allégué, le comité médical a bien émis un avis favorable au placement en congé de longue maladie d'office.
15. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 5 du décret du 14 mars 1986 précité, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. " Aux termes de l'article 6 du même décret, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Dans chaque département, un comité médical départemental compétent à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15 ci-après est constitué auprès du préfet./ La composition de ce comité est semblable à celle du comité médical ministériel prévu à l'article 5. Pour chacun des membres, un ou plusieurs suppléants sont désignés./ () ". Il résulte de ces dispositions que le comité médical est composé de deux médecins généralistes et d'un médecin spécialiste de l'affection en cause.
16. Contrairement à ce qui est allégué, il ressort des mentions du procès-verbal du 16 avril 2021 et de la liste des médecins agréés produite par le requérant que le comité médical était régulièrement composé du Docteur Seguin, président, médecin généraliste, du docteur F, médecin généraliste et du docteur E, psychiatre.
17. Aux termes de l'article 34 du décret du 14 mars 1986 précité, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsqu'un chef de service estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs hiérarchiques, que l'état de santé d'un fonctionnaire pourrait justifier qu'il lui soit fait application des dispositions de l'article 34 (3° ou 4°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, il peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 35 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier soumis au comité médical. ".
18. Contrairement à ce qui est allégué, il ressort des pièces du dossier que le rapport du 13 novembre 2020 établi par le médecin de prévention a été transmis au comité médical.
19. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, pris en ses différentes branches, ne pourra qu'être écarté.
20. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 30 avril 2021 plaçant M. G en congé de longue maladie d'office serait entaché d'erreur de droit en l'absence, préalablement à son édiction, de constat médical d'une pathologie le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, ne pourra qu'être écarté.
21. En quatrième lieu, s'il est de principe que les règlements et les décisions de l'autorité administrative, à moins qu'ils ne soient pris pour l'exécution d'une loi ayant un effet rétroactif, ne peuvent statuer que pour l'avenir, l'administration est toutefois tenue de placer ses agents en situation régulière, au besoin de manière rétroactive. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 30 avril 2021 le plaçant en congé de longue maladie d'office du 2 juillet 2020 au 1er mai 2021 serait entaché de rétroactivité illégale.
22. En cinquième lieu, M. G soutient que la prolongation de son placement en congé de maladie d'office au-delà du 2 janvier 2021 serait illégale dès lors que le rapport d'expertise du docteur J du 7 septembre 2020 ne conclut à son placement en congé de longue maladie que pour une durée de six mois à compter du 2 juillet 2020 et que plusieurs avis médicaux postérieurs concluent à la nécessité de reprise par M. G de ses fonctions. Toutefois, d'une part, ni les avis émis les 25 novembre 2020 et 27 février 2021 par le médecin traitant de M. G, généraliste, ni l'avis du docteur B, psychiatre, du 19 novembre 2020, eu égard à son caractère général et peu circonstancié, ne permettent de remettre en cause l'avis du docteur J. De plus, l'avis du médecin de prévention du 13 novembre 2020 se borne à constater que le requérant va mieux mais reste très affecté par ce qu'il considère comme une injustice de la part de sa hiérarchie. Si la seconde page dudit rapport tel que produit à l'instance préconise de ne pas écarter M. G trop longtemps de son travail et émet un avis favorable à la reprise des fonctions, toutefois, le paragraphe qui suit immédiatement rend compte de la seconde visite intervenue le 1er mars 2021, soit trois mois et demi après la date à laquelle le rapport a été établi. Dès lors, il ne peut être considéré, dans les circonstances de l'espèce, que le médecin de prévention aurait émis un avis favorable à la reprise des fonctions dès le 13 novembre 2020. D'autre part, le comité médical a émis le 16 avril 2021 un avis favorable au placement en congé de longue maladie. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 30 avril 2021 le plaçant en congé de longue maladie d'office est entaché d'erreur d'appréciation en tant qu'il concerne la période postérieure au 2 janvier 2021.
23. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dès lors que les rapports ayant permis d'engager la procédure de placement en congé de longue maladie d'office auraient été établi par des personnes en situation de conflit d'intérêts ne pourra qu'être écarté.
24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de longue maladie d'office du 2 juillet 2020 au 1er mai 2021 doivent être rejetées.
25. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la rectrice de l'académie de Lille, que les conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. G sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D G et à la rectrice de l'académie de Lille.
Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
T. BOURGAULa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
P. MAGHRI
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2105166, 2105168
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026