LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105170

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105170

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105170
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSelarl Camille MIALOT avocats

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juin 2021 et 16 novembre 2022, M. C A, M. F A et Mme D B, représentés par la SELARL Mialot avocats, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le président du conseil départemental du Nord a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur un immeuble cadastré section HK n° 0083, situé 7 rue princesse à Lille ;

2°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, en l'absence de notification préalable aux vendeurs de la décision par laquelle le président de la métropole européenne de Lille a délégué au département du Nord l'exercice de son droit de préemption urbain ;

- elle est dépourvue de base légale, la délibération du 12 décembre 2019 modifiant le champ d'application du droit de préemption urbain n'ayant pas fait l'objet des mesures de publicité prévues par l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme dès lors que les demandes de pièces complémentaires et de visite du bien présentant un caractère dilatoire, elles n'ont pas eu pour effet de suspendre le délai de deux mois prévu par ces mêmes dispositions ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme en l'absence de projet réel et présentant un intérêt général suffisant sur le terrain préempté.

Par des mémoires, enregistrés les 15 novembre 2021 et 26 décembre 2022, le département du Nord, représenté par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n°48-1360 du 1er septembre 1948 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Chevaldonnet ;

- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public. ;

- et les observations de Me Ehrenfeld, représentant Mme B et MM. A et de Me Maallem, substituant Me Delgorgue et représentant le département du Nord.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte authentique du 14 janvier 2021, Mme B et MM. A ont conclu avec la SNC Cabernet un compromis de vente portant sur un immeuble à usage d'habitation situé 7 rue princesse à Lille et cadastré HK n° 0083, au prix de 900 000 euros. Par un arrêté du 29 avril 2021, le président du conseil départemental du Nord a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur cet immeuble. Par la requête susvisée, Mme B et MM. A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque la commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale y ayant vocation, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer tout ou partie des compétences qui lui sont attribuées par le présent chapitre. / Toutefois, la compétence d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre () en matière de plan local d'urbanisme, emporte [sa] compétence de plein droit en matière de droit de préemption urbain () ". Aux termes de l'article L. 213-3 du même code :

" Le titulaire du droit de préemption peut déléguer son droit () à une collectivité locale (). Cette délégation peut porter sur une ou plusieurs parties des zones concernées ou être accordée à l'occasion de l'aliénation d'un bien. Les biens ainsi acquis entrent dans le patrimoine du délégataire. / Dans les articles L. 211-1 et suivants, L. 212-1 et suivants et L. 213-1 et suivants, l'expression "titulaire du droit de préemption" s'entend également, s'il y a lieu, du délégataire en application du présent article. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales : " Le président est l'organe exécutif de l'établissement public de coopération intercommunale / () / Le président de l'établissement public de coopération intercommunale peut, par délégation de son organe délibérant, être chargé d'exercer, au nom de l'établissement, les droits de préemption, ainsi que le droit de priorité, dont celui-ci est titulaire ou délégataire en application du code de l'urbanisme () ".

Aux termes de l'article L. 2131-1 de ce code : " I.- Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article et, pour les actes mentionnés à l'article L. 2131-2, qu'il a été procédé à la transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement prévue par cet article. / Le maire peut, sous sa responsabilité, certifier le caractère exécutoire d'un acte. () ". Aux termes de l'article L. 2131-2 du même code : " I.- Sont transmis au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement, dans les conditions prévues au II : / 1° Les délibérations du conseil municipal ou les décisions prises par délégation du conseil municipal en application de l'article

L. 2122-22 () ". Enfin aux termes de l'article L. 5211-3 dudit code : " Les dispositions du chapitre premier du titre III du livre premier de la deuxième partie relatives au contrôle de légalité et à la publicité et à l'entrée en vigueur des actes des communes sont applicables aux établissements publics de coopération intercommunale. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle un établissement public de coopération intercommunale délègue à une collectivité locale ses attributions relatives à l'exercice du droit de préemption urbain constitue un acte de portée générale à caractère réglementaire, y compris lorsque cette délégation a trait à une acquisition déterminée.

Son entrée en vigueur n'est ainsi conditionnée que par la seule réalisation des mesures de publicité par affichage ou publication au recueil des actes administratifs et sa transmission au représentant de l'Etat, en application des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, sans qu'il soit nécessaire de la notifier au propriétaire mentionné dans la déclaration d'intention d'aliéner.

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 19 avril 2021 par laquelle le président de la métropole européenne de Lille (MEL) a délégué au département du Nord l'exercice du droit de préemption urbain en ce qui concerne le bien situé 7 rue princesse à Lille a été affichée et transmise au représentant de l'Etat dans le département, le 19 avril 2021. Ainsi, à la date de la décision contestée du 29 avril 2021, cette délégation avait acquis un caractère exécutoire sans que les requérants ne puissent utilement invoquer la circonstance qu'elle ne leur a pas été préalablement notifiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme : " La délibération par laquelle () l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent décide, en application de l'article L. 211-1, d'instituer ou de supprimer le droit de préemption urbain ou d'en modifier le champ d'application est affichée en mairie pendant un mois. Mention en est insérée dans deux journaux diffusés dans le département. / Les effets juridiques attachés à la délibération mentionnée au premier alinéa ont pour point de départ l'exécution de l'ensemble des formalités de publicité mentionnées audit alinéa. Pour l'application du présent alinéa, la date à prendre en considération pour l'affichage en mairie est celle du premier jour où il est effectué. ". Il résulte de ces dispositions que les obligations d'affichage et de publication par voie de presse de la délibération modifiant le champ d'application du droit de préemption urbain constituent des formalités nécessaires à son entrée en vigueur.

6. En l'espèce, par une délibération du 12 décembre 2019, le conseil de la MEL a décidé de renouveler le droit de préemption urbain sur les zones urbaines et à urbaniser délimitées par le nouveau plan local d'urbanisme intercommunal approuvé le même jour. Il ressort des pièces du dossier et notamment des certificats d'affichage émanant des maires des communes relevant de la MEL et attestant que cette délibération a été affichée dans l'ensemble des mairies concernées, pendant une durée d'un mois, ainsi que des extraits produits de deux journaux à diffusion départementale, soit " la Voix du Nord " et " Nord éclair " du 18 juin 2020, que les formalités de publicité prévues à l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme ont été réalisées, préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision de préemption litigieuse serait dépourvue de base légale. Le moyen doit donc être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme : " Toute aliénation visée à l'article L. 213-1 est subordonnée, à peine de nullité, à une déclaration préalable faite par le propriétaire à la mairie de la commune où se trouve situé le bien. Cette déclaration comporte obligatoirement l'indication du prix et des conditions de l'aliénation projetée ou, en cas d'adjudication, l'estimation du bien ou sa mise à prix, ainsi que les informations dues au titre de l'article L. 514-20 du code de l'environnement ()

/ Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l'exercice du droit de préemption. / Le délai est suspendu à compter de la réception de la demande mentionnée au premier alinéa ou de la demande de visite du bien. Il reprend à compter de la réception des documents par le titulaire du droit de préemption, du refus par le propriétaire de la visite du bien ou de la visite du bien par le titulaire du droit de préemption. Si le délai restant est inférieur à un mois, le titulaire dispose d'un mois pour prendre sa décision. Passés ces délais, son silence vaut renonciation à l'exercice du droit de préemption. () / La décision du titulaire fait l'objet d'une publication. Elle est notifiée au vendeur, au notaire et, le cas échéant, à la personne mentionnée dans la déclaration d'intention d'aliéner qui avait l'intention d'acquérir le bien () / Le titulaire du droit de préemption peut demander à visiter le bien dans des conditions fixées par décret () ". Aux termes de l'article R. 213-7 du même code : " I.- Le silence gardé par le titulaire du droit de préemption dans le délai de deux mois qui lui est imparti par l'article L. 213-2 vaut renonciation à l'exercice de ce droit. / Ce délai court à compter de la date de l'avis de réception postal du premier des accusés de réception ou d'enregistrement délivré en application des articles L. 112-11 et L. 112-12 du code des relations entre le public et l'administration, ou de la décharge de la déclaration faite en application de l'article

R. 213-5. ".

8. Il résulte de ces dispositions que le titulaire du droit de préemption dispose, pour exercer ce droit, d'un délai de deux mois qui court à compter de la réception de la déclaration d'intention d'aliéner. Ces dispositions visent notamment à ce que les propriétaires qui ont décidé de vendre un bien susceptible de faire l'objet d'une décision de préemption sachent de façon certaine et dans de brefs délais s'ils peuvent ou non poursuivre l'aliénation envisagée.

Il suit de là que lorsque le titulaire du droit de préemption décide d'exercer ce droit, la décision qu'il prend alors doit, à peine d'illégalité, non seulement être prise dans le délai précité, mais encore être, avant l'expiration de ce délai, notifiée au vendeur, au notaire et, le cas échéant, à la personne mentionnée dans la déclaration d'intention d'aliéner qui avait l'intention d'acquérir le bien.

9. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration d'intention d'aliéner le bien situé rue princesse à Lille, établie par Me Vilain-Floquet, notaire chargée de la vente, a été réceptionnée en mairie de Lille le 5 février 2021. Par une lettre signifiée par acte d'huissier de justice le 29 mars 2021 à Me Vilain-Floquet, la MEL a demandé à visiter le bien préempté et a sollicité la production de plusieurs pièces complémentaires. Si les requérants allèguent que ces demandes étaient inutiles, le département du Nord ayant une connaissance certaine de l'état et de la consistance du bien en cause en raison de sa participation au processus d'adjudication à l'amiable, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des seuls courriels produits sur ce point par les requérants, que cette collectivité, et en tout état de cause la MEL, disposait d'informations suffisantes quant à la réalité du bien lui permettant de prendre sa décision en toute connaissance de cause. En outre, s'agissant des diagnostics préalables obligatoires à toute vente immobilière aux termes de l'article L. 271-4 du code de la construction et de l'habitation, des extraits de l'avant-contrat portant sur la consistance et l'état de l'immeuble et du bail et de " la convention ou le bail constitutif de droits personnels et, si elles existent, ses annexes, notamment les plans et état des lieux ", la demande formulée par la MEL ne saurait être regardée comme dilatoire ou abusive, contrairement à ce qui est soutenu. Par ailleurs, il n'apparaît pas que ces demandes n'avaient que pour objet de prolonger le délai de préemption afin de permettre à la MEL de déléguer au département du Nord l'exercice de son droit de préemption urbain. Il s'ensuit qu'en vertu des dispositions précitées de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme, le délai imparti au département pour exercer le droit de préemption, a recommencé à courir à compter du 9 avril 2021, jour de la visite du bien, et ce pour un mois. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision mettant en œuvre le droit de préemption urbain serait tardive dès lors qu'elle a été notifiée postérieurement à la date du 5 avril 2021 ne peut qu'être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article

L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé () ". L'article L. 300-1 du même code dispose que :

" Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels.

/ L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations () ".

11. Il résulte de ces dispositions que, pour exercer légalement le droit de préemption urbain, les collectivités titulaires de ce droit doivent, d'une part, justifier, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, faire apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant.

12. Il ressort des pièces du dossier que la préemption de l'immeuble situé

7 rue princesse à Lille a pour objet de créer une annexe au site historique " la Maison natale Charles de Gaulle " que le département du Nord gère et exploite au titre de ses compétences en matière de culture et de tourisme. Classé monument historique et labellisé " Maison des Illustres " par les services du ministère de la culture, cet établissement, qui accueille en moyenne 20 000 visiteurs par an, a fait l'objet d'importants travaux de restauration qui se sont achevés en novembre 2020 et qui permettent d'envisager une augmentation conséquente de la fréquentation du site, le département envisageant désormais la venue de 40 000 visiteurs par an. Attenant au site historique, l'immeuble préempté, d'une surface habitable d'environ 292 m², doit permettre non-seulement l'aménagement de bureaux administratifs, mais aussi l'accueil concomitant du public individuel et des groupes, la création d'espaces dédiés à la tenue d'ateliers et de projets éducatifs, ainsi que l'aménagement d'une bibliothèque valorisant le " fond documentaire important de la Maison natale ". Si des travaux de réhabilitation sont nécessaires pour permettre l'accueil du public dans de bonnes conditions de sécurité, le coût prévisible de cette opération, qui s'élève à 2,5 millions d'euros, n'excède pas les capacités financières du département eu égard à l'existence de recettes budgétaires de l'ordre de

3 milliards d'euros. Par ailleurs, la circonstance que deux des appartements du bien préempté sont soumis à des baux relevant du régime de la loi du 1er septembre 1948 portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement ne fait pas obstacle à la réalisation du projet, dans la mesure où leurs occupants doivent être relogés dans le cadre et les conditions déterminées par l'article L. 314-2 du code de l'urbanisme.

Dans ces circonstances, la décision de préemption attaquée, qui s'inscrit dans le cadre d'une opération d'aménagement permettant non-seulement le développement des loisirs et du tourisme, mais aussi la mise en valeur du patrimoine bâti, est justifiée par des considérations d'intérêt général et la réalité du projet doit être regardée comme établie à la date de la décision du 29 avril 2021 attaquée. Par suite, les moyens tirés de ce que le département du Nord ne justifiait pas, à la date précitée, de la réalité d'un projet relevant des prévisions de l'article

L. 300-1 du code de l'urbanisme et présentant un caractère d'intérêt général doivent être écartés.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B et

MM. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le président du conseil départemental du Nord a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur un immeuble cadastré section HK n° 0083, situé 7 rue princesse à Lille, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Nord, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge Mme B et MM. A la somme demandée par le département du Nord au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B et MM. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du département du Nord présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, représentante unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et au département du Nord.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Chevaldonnet, président,

- Mme Grard, première conseillère,

- Mme Leclère, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

B. CHEVALDONNET

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

E. GRARD

La greffière,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

N°2105170

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions