mercredi 26 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | MOSTAERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juillet 2021 et le 13 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Mostaert, doit être regardé comme demandant au tribunal:
1°) d'annuler l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021 et de le décharger de la somme de 355 656 euros qui y est mentionnée ;
2°) d'annuler la décision du préfet du Nord du 24 août 2018 ;
3°) d'annuler la décision implicite de rejet du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi du recours administratif qu'il avait adressé ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision du 24 août 2018 :
- elle n'a pas été régulièrement notifiée ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation sur le motif pour lequel M. B serait redevable de la somme mise à la charge de la société Scabe Management ;
- cette décision concerne exclusivement la société Scabe Management ;
- la procédure suivie est irrégulière dès lors qu'il n'est pas justifié que la société Scabe et la société Scabe Management ont eu notification du rapport de contrôle et qu'il n'a pas davantage eu connaissance du rapport de contrôle ;
En ce qui concerne l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021 :
- l'avis de mise en recouvrement est illégal, par exception d'illégalité de la décision du 24 août 2018 ;
- cet avis est illégal, en l'absence de notification régulière de la décision du 24 août 2018 ;
- la procédure suivie est irrégulière dans la mesure où il a été privé de la possibilité de contester utilement la somme mise en recouvrement, compte tenu de la différence d'identité du débiteur entre l'avis de mise en recouvrement et la décision préfectorale ;
- il est illégal, dans la mesure où, n'ayant pas eu la qualité de gérant de la société Scabe Management, il ne saurait lui être réclamé le paiement solidaire des sommes mises à la charge de cette société ;
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de son recours gracieux :
- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision du 24 août 2018 ;
- elle est illégale, en l'absence de notification régulière de la décision du 24 août 2018 ;
- elle est illégale, dans la mesure où, n'ayant pas eu la qualité de gérant de la société Scabe Management, il ne saurait lui être réclamé le paiement des sommes mises à la charge de cette société.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 octobre 2021 et le 28 juillet 2022, le préfet du Nord, préfet de la région Hauts-de-France, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions tendant à l'annulation de la décision préfectorale du 24 août 2018 sont irrecevables, cette décision étant définitive, compte tenu de sa notification régulière ;
- à titre subsidiaire, l'exception de l'illégalité de la décision du 24 août 2018, soulevée à l'encontre de l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021 est irrecevable en raison du caractère définitif de la décision de 2018 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'appartient pas à l'administration fiscale de se prononcer sur le bien-fondé de la créance ;
- le requérant bénéficie d'une suspension des poursuites à son encontre, sous réserve de la constitution de garanties.
Par ordonnance du 29 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code du travail ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mostaert, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu d'une décision du préfet de la région Hauts-de-France du 24 août 2018, la direction générale des finances publiques a émis le 12 janvier 2021 à l'encontre de M. A B, redevable à titre personnel des sommes mises à la charge de la société Scabe, un avis de mise en recouvrement de la somme de 355 656 euros au titre de dépenses de formation non justifiées et non fondées relatives aux années 2015 et 2016, cet avis faisant suite à une décision du préfet du Nord du 24 août 2018. Par courrier du 9 mars 2021, adressé à la direction générale des finances publiques, reçu le 11 mars 2021, le conseil de M. B a sollicité l'annulation de cet avis de mise en recouvrement. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme sollicitant l'annulation de la décision du 24 août 2018, de l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 11 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 août 2018 :
En ce qui concerne la légalité externe de cette décision :
2. En premier lieu, la circonstance, à la supposer même établie, que la décision du 24 août 2018 n'ait pas été régulièrement notifiée est sans incidence sur la légalité de cette décision, de sorte que le moyen ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, M. B se prévaut d'un défaut de motivation de la décision en litige, en l'absence d'indication du motif pour lequel il serait redevable de la somme mentionnée dans cette décision. Toutefois, la décision du 24 août 2018, qui énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, de manière suffisamment circonstanciée pour, d'une part, mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs et, d'autre part, permettre au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause, ne fait que mentionner les dépenses de formation non justifiées et non fondées pour les années 2015 et 2016, pour réclamer respectivement les sommes de 26 907,11 euros et 328 749,45 euros au titre de ces deux années à la société prestataire d'actions de formation professionnelle. N'ayant pas pour objet de mettre ces sommes à la charge de M. B, elle n'avait pas à mentionner la possibilité qu'il soit déclaré redevable de ces sommes. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne de la décision du 24 août 2018 :
4. Aux termes de l'article L. 6362-10 du code du travail : " Les décisions de rejet de dépenses et de versement mentionnées au présent livre prises par l'autorité administrative ne peuvent intervenir, après la notification des résultats du contrôle, que si une procédure contradictoire a été respectée ". Aux termes de l'article R. 6362-3 du même code : " Les résultats des contrôles prévus aux articles L. 6361-1 à L. 6361-3 sont notifiés à l'intéressé avec l'indication du délai dont il dispose pour présenter des observations écrites et demander, le cas échéant, à être entendu. / Ce délai ne peut être inférieur à trente jours à compter de la date de la notification ". Aux termes de l'article R. 6362-4 du même code : " La décision du ministre chargé de la formation professionnelle ou du préfet de région ne peut être prise qu'au vu des observations écrites et après audition, le cas échéant, de l'intéressé, à moins qu'aucun document ni aucune demande d'audition n'aient été présentés avant l'expiration du délai prévu à l'article R. 6362-3. / La décision est motivée et notifiée à l'intéressé ". Le caractère contradictoire des contrôles menés conformément à ces dispositions impose à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de prendre connaissance du dossier le concernant. Il revient au juge d'apprécier, au vu des échanges entre les parties et en ordonnant, s'il y a lieu, toute mesure d'instruction complémentaire, si le caractère contradictoire de la procédure a été respecté.
5. Par ailleurs, l'article L. 6362-7 du code du travail dispose : " Les organismes prestataires d'actions de formation entrant dans le champ de la formation professionnelle continue au sens de l'article L. 6313-1 versent au Trésor public, solidairement avec leurs dirigeants de fait ou de droit, une somme égale au montant des dépenses ayant fait l'objet d'une décision de rejet en application de l'article L. 6362-10 ".
6. Enfin, aux termes du I de l'article L. 641-9 du code de commerce : " Le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire emporte de plein droit, à partir de sa date, dessaisissement pour le débiteur de l'administration et de la disposition de ses biens même de ceux qu'il a acquis à quelque titre que ce soit tant que la liquidation judiciaire n'est pas clôturée. Les droits et actions du débiteur concernant son patrimoine sont exercés pendant toute la durée de la liquidation judiciaire par le liquidateur. () Le débiteur accomplit également les actes et exerce les droits et actions qui ne sont pas compris dans la mission du liquidateur ou de l'administrateur lorsqu'il en a été désigné ".
7. En premier lieu, il résulte tout d'abord de l'instruction que la société Scabe a été placée en liquidation judiciaire par jugement du tribunal de commerce d'Arras du 3 avril 2018, Maître Nicolas Soinne ayant été désigné comme mandataire liquidateur. A compter de cette date, M. B, gérant de cette société, était dessaisi de son administration et ne pouvait plus accomplir les actes et exercer les droits et actions concernant le patrimoine de la société Scabe. Il résulte ensuite de l'instruction que la société Scabe a fait l'objet d'un contrôle de son activité de formation professionnelle continue au titre des années 2015 et 2016. Dès lors que la société Scabe était déjà en liquidation judiciaire au moment de la notification par le préfet du Nord du rapport de contrôle par courrier du 5 juin 2018, lequel comportait l'information de la possibilité de formuler des observations écrites dans un délai de trente jours ou à demander à être entendu, c'est sans commettre d'irrégularité que la procédure imposée par les dispositions rappelées au point 4 a été menée au contradictoire de Me Soinne, qui avait seul qualité pour représenter la société Scabe à cette date et qui a accusé réception de ce courrier le 8 juin 2018. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie à l'encontre de la société Scabe doit donc être écarté.
8. En deuxième lieu, si les dispositions citées au point 5 de l'article L. 6362-7 du code du travail prévoient que les dirigeants de fait ou de droit de l'employeur ou du prestataire de formation visé par la sanction sont solidairement tenus au paiement de la pénalité, la solidarité est fondée sur les fonctions exercées par les dirigeants au moment du fait générateur de la sanction. Elle constitue une garantie pour le recouvrement de la créance du Trésor public. Conformément aux règles de droit commun en matière de solidarité, le dirigeant qui s'est acquitté du paiement de la pénalité dispose d'une action récursoire contre le débiteur principal et, le cas échéant, contre les codébiteurs solidaires. Ainsi, cette solidarité ne revêt pas le caractère d'une sanction et n'appelait pas la mise en œuvre d'une procédure contradictoire à l'égard de M. B qui, en tout état de cause, était présent lors de l'entretien contradictoire organisé 10 juillet 2018 ainsi que l'indique la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie à l'encontre du requérant doit également être écarté.
9. En dernier lieu, il résulte de la décision du préfet du Nord du 24 août 2018 qu'à deux reprises, dans la partie " présentation de l'organisme ", puis à l'article 2 de la décision, le nom de la société Scabe Management est mentionné. Toutefois, force est de constater que le numéro du Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements (SIREN) indiqué dans la partie " présentation de l'organisme " correspond au numéro d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés de la société Scabe, que les conclusions du rapport de contrôle du 5 juin 2018 " portant sur l'activité de prestataire de formation de la SARL Scabe " sont expressément visées avant l'exposé des motifs de la décision, que M. B est mentionné comme gérant de cette société à trois reprises, et que le nom de la société Scabe figure à huit reprises dans cette décision. Par conséquent, M. B, présent à l'entretien contradictoire du 10 juillet 2018, n'est pas fondé à alléguer d'une ambiguïté sur l'identité de la société redevable des sommes de 26 907,11 euros et 328 749,45 euros, les mentions dans la décision du 24 août 2018 de la société Scabe Management résultant d'erreurs purement matérielles. Le moyen tiré du défaut de justification de la notification du rapport de contrôle du 5 juin 2018 à la société Scabe Management doit par suite également être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du préfet du Nord du 24 août 2018 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021 :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de la décision du 24 août 2018 à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de l'avis de mise en recouvrement du 12 janvier 2021.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / L'avis de mise en recouvrement mentionne également que d'autres intérêts de retard pourront être liquidés après le paiement intégral des droits. / Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications. / () ". Aux termes de l'article R. 256-2 du même livre : " Lorsque le comptable poursuit le recouvrement d'une créance à l'égard de débiteurs tenus conjointement ou solidairement au paiement de celle-ci, il notifie préalablement à chacun d'eux un avis de mise en recouvrement ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 6362-12 du code du travail : " e recouvrement des versements exigibles au titre des contrôles réalisés en application des articles L. 6361-1 à L. 6361-3 est établi et poursuivi selon les modalités ainsi que sous les sûretés, garanties et sanctions applicables aux taxes sur le chiffre d'affaires ". Par suite, les dispositions précitées du livre des procédures fiscales sont applicables au présent litige.
13. Il résulte de ces dispositions que lorsque l'administration adresse un avis de mise en recouvrement par lequel elle met en œuvre une solidarité de paiement, telle que celle qui est prévue par l'article L. 6362-7 du code du travail, elle est tenue de lui adresser un avis de mise en recouvrement individuel qui doit comporter les indications prescrites par l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales. Ces mentions permettent au débiteur solidaire d'obtenir, à sa demande, la communication des documents mentionnés dans cet avis de mise en recouvrement ainsi que de tout document utile à la contestation de la régularité de la procédure, du bien-fondé et de l'exigibilité des impôts, taxes et cotisations obligatoires ainsi que des pénalités et majorations correspondantes au paiement solidaire desquels il est tenu.
14. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le préfet du Nord n'était pas tenu de notifier sa décision du 24 août 2018, régulièrement notifiée à la société Scabe, seule concernée, à M. B. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait demandé en vain cette décision du 24 août 2018 que, au demeurant, il produit au soutien de sa requête. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la notification de la décision du 24 août 2018 doit être écarté.
15. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que la mention, à plusieurs reprises dans la décision du préfet du Nord du 24 août 2018, de la société Scabe Management procède d'erreurs matérielles insusceptibles d'induire M. B en erreur au regard des autres mentions de cette décision. Il s'ensuit qu'en émettant, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 6362-7 du code du travail, un avis de mise en recouvrement à l'encontre de M. B, en sa qualité de gérant, qu'il ne conteste pas, c'est-à-dire de dirigeant de droit de la Sarl Scabe au moment du paiement des prestations de formation en cause, fait générateur de la dette, l'administration ne s'est pas méprise sur l'identité du débiteur solidaire de la dette de cette société. Par suite, le moyen tiré de ce que la dette en litige serait due par la société Scabe Management et son dirigeant, et non la société Scabe et le requérant, doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'avis de recouvrement du 12 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision du 24 août 2018 à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 8 et 12 que le préfet du Nord n'était pas tenu de notifier sa décision du 24 août 2018 à M. B, cette décision ayant par ailleurs été régulièrement notifiée à la société Scabe, débitrice des sommes mentionnées dans cette décision comme indiqué au point 9, pour les motifs évoqués au point 7. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la notification de la décision du 24 août 2018 doit être écarté.
19. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que la mention, dans la décision du préfet du Nord du 24 août 2018, de la société Scabe Management procède d'erreurs matérielles insusceptibles d'induire M. B en erreur au regard des autres mentions de cette décision. Par suite, le moyen tiré de ce que la dette en litige concernerait la société Scabe Management et son dirigeant, et non la société Scabe et le requérant, doit être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord, préfet de la région Hauts-de-France et au directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
V. FOUGERES
Le président,
signé
J.-M. RIOULa greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026