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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105399

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105399

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105399
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantPREVEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Luc Daniel Couverture, représentée par Me Prevel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 décembre 2020 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi des Hauts-de-France a prononcé à son encontre une amende d'un montant de 10 000 euros pour non-respect d'une décision temporaire d'arrêt des travaux, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France le remboursement de la somme de 10 000 euros, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 30 décembre 2020 a été prise en méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par les articles L. 121-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas reçu communication du rapport de l'inspectrice du travail du 20 juin 2020 ni communication de " l'entier dossier " malgré sa demande formulée à l'occasion de son recours gracieux ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- les motifs communiqués de la décision implicite de rejet sont sommaires et stéréotypés ;

- la décision du 30 décembre 2020 est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle porte sur un bâtiment non visé par la décision d'arrêt temporaire des travaux et d'une erreur de fait sur la date à laquelle les travaux ont repris ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que la société avait demandé, et implicitement obtenu, l'autorisation de reprise des travaux.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lançon,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 mai 2020, deux inspectrices du travail ont constaté, sur le chantier de réhabilitation de 301 logements (résidences Bourseul et Guérin), rue Guérin à Douai, la présence de deux salariés de la société Luc Daniel Couverture, occupés à des travaux de pose de couvertines en toiture d'un bâtiment, présentant un risque de chute de hauteur. Les agents de contrôle ont pris, sur place, une décision d'arrêt temporaire des travaux en vue de soustraire immédiatement ces travailleurs d'une situation de danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé, notifiée, le jour-même, par remise en main propre à M. A C, responsable de chantier de l'entreprise Luc Daniel Couverture, présent sur le chantier. Cette décision a été notifiée à l'entreprise par courrier électronique du 29 mai 2020 et par courrier recommandé avec accusé de réception daté du même jour. Par un courriel du 3 juin 2020, M. C a informé l'inspectrice du travail que l'intervention sur le bâtiment Pierre et Marie Curie était interrompue et que les couvertines restant à poser le seraient à l'aide d'une nacelle articulée télescopique. S'étant rendues sur le chantier, le 23 juin 2020, les inspectrices du travail ont constaté que les travaux de pose de couvertines avaient été réalisés. Par un courrier daté du 9 juillet 2020, l'entreprise a été informée de ce constat, que ces faits constituaient une infraction aux articles L. 4731-1 et L. 4731-2 du code du travail, susceptible de faire l'objet d'une sanction administrative en vertu de l'article L. 4752-1 du code du travail, et qu'un rapport était adressé au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) des Hauts-de-France en vue du prononcé d'une sanction. Par un courrier du 8 septembre 2020, le DIRECCTE a informé l'entreprise qu'une sanction administrative était envisagée à son encontre et l'a invitée à faire connaître ses observations sur les faits reprochés, ce qu'elle a fait par un courrier du 23 septembre suivant. Par une décision du 30 décembre 2020, le DIRECCTE des Hauts-de-France, estimant que les travaux concernés par la décision d'arrêt temporaire avaient repris, en méconnaissance des articles R. 4731-4 à R. 4731-6 du code du travail, sans autorisation de reprise délivrée par l'inspection du travail, a prononcé à l'encontre de la société Luc Daniel Couverture une amende d'un montant de 10 000 euros, sur le fondement de l'article L. 4752-1 du code du travail. La société a formé un recours gracieux contre cette décision, le 2 février 2021, rejeté implicitement le 3 avril 2021. Par la présente requête, la société Luc Daniel Couverture demande au tribunal d'annuler la décision du 30 décembre 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur le cadre juridique du litige :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 4731-1 du code du travail : " L'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 peut prendre toutes mesures utiles visant à soustraire immédiatement un travailleur qui ne s'est pas retiré d'une situation de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, constituant une infraction aux obligations des décrets pris en application des articles L. 4111-6, L. 4311-7 ou L. 4321-4, notamment en prescrivant l'arrêt temporaire de la partie des travaux ou de l'activité en cause, lorsqu'il constate que la cause de danger résulte : / 1° Soit d'un défaut de protection contre les chutes de hauteur ; / () ". Aux termes de l'article R. 4731-4 du même code : " L'employeur informe, par tout moyen donnant date certaine à la réception de cette information, l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 des mesures qu'il a prises pour faire cesser la situation de danger grave et imminent. ". L'article R. 4731-5 de ce code dispose que : " L'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 vérifie d'urgence, et au plus tard dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de remise ou de réception de la lettre de l'employeur ou de son représentant, le caractère approprié des mesures prises pour faire cesser la cause de danger grave et imminent. ". Selon l'article R. 4731-6 de ce code : " La décision d'autorisation ou de refus d'autorisation de reprise des travaux motivé par l'inadéquation ou l'insuffisance de mesures prises pour faire cesser la cause de danger grave et imminent est notifiée dans les formes et les délais définis aux articles R. 4731-2 et R. 4731-3. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1, et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : /() / 5° Aux dispositions prises pour l'application des obligations de l'employeur relatives aux () mesures relatives aux prescriptions techniques de protection durant l'exécution des travaux de bâtiment et génie civil prévues au chapitre IV du titre III du livre V de la même partie pour ce qui concerne l'hygiène et l'hébergement. ". Aux termes de l'article L. 4752-1 de ce code : " Le fait pour l'employeur de ne pas se conformer aux décisions prises par l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 en application des articles L. 4731-1 ou L. 4731-2 est passible d'une amende au plus égale à 10 000 euros par travailleur concerné par l'infraction. ".

4. Il appartient au juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 4751-1 du code du travail : " Les amendes prévues au présent titre sont prononcées et recouvrées par l'autorité administrative compétente dans les conditions définies aux articles L. 8115-4, L. 8115-5 et L. 8115-7, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1. / La décision de l'autorité administrative peut être contestée conformément à l'article L. 8115-6. ". / Aux termes de l'article L. 8115-5 de ce code : " Avant toute décision, l'autorité administrative informe par écrit la personne mise en cause de la sanction envisagée en portant à sa connaissance le manquement retenu à son encontre et en l'invitant à présenter, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, ses observations. / A l'issue de ce délai, l'autorité administrative peut, par décision motivée, prononcer l'amende et émettre le titre de perception correspondant. / () ". Aux termes de l'article R. 8115-1 du même code, dans sa version alors applicable : " Lorsqu'un agent de contrôle de l'inspection du travail constate l'un des manquements aux obligations mentionnées à la section 2 du présent chapitre, il transmet au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi un rapport sur le fondement duquel ce dernier peut décider de prononcer une amende administrative. ". Aux termes de l'article R. 8115-2 du même code : " Lorsque le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi décide de prononcer une amende administrative, il indique à l'intéressé par l'intermédiaire du représentant de l'employeur mentionné au II de l'article L. 1262-2-1 ou, à défaut, directement à l'employeur, le montant de l'amende envisagée et l'invite à présenter ses observations dans un délai de quinze jours./ A l'expiration du délai fixé et au vu des observations éventuelles de l'intéressé, il notifie sa décision et émet le titre de perception correspondant. / L'indication de l'amende envisagée et la notification de la décision infligeant l'amende sont effectuées par tout moyen permettant de leur conférer date certaine. ". Enfin, selon les termes de l'article R. 8115-10 du même code : " Par dérogation à l'article R. 8115-2, lorsque le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi décide de prononcer une amende administrative sur le fondement des articles L. 4751-1 à L. 4754-1 et L. 8115-1 à L. 8115-8, il invite l'intéressé à présenter ses observations dans un délai d'un mois./ Ce délai peut être prorogé d'un mois à la demande de l'intéressé, si les circonstances ou la complexité de la situation le justifient. ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière / () ". Aux termes de l'article L. 122-2 du même code : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant ".

7. La procédure contradictoire qui précède la décision d'appliquer une amende administrative en vertu du code du travail étant prévue par les dispositions de l'article L. 8115-5 du code du travail, les dispositions des articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration qui fixent les modalités de mise en œuvre de la procédure contradictoire mentionnée par les dispositions générales de l'article L. 121-1 du même code ne lui sont pas applicables. En outre, aucun texte législatif ou règlementaire n'impose à l'administration de transmettre le rapport établi par l'inspecteur du travail qui constitue un document interne à l'administration et préparatoire à la sanction infligée.

8. Il résulte de l'instruction que la société requérante a été informée, par un courrier du 8 septembre 2020, des griefs qui lui étaient reprochés et de l'intention du DIRECCTE de prononcer à son encontre une sanction administrative. Elle a également été mise à même de présenter ses observations écrites ou orales, sur les griefs reprochés dans un délai d'un mois. La société requérante a ainsi présenté ses observations, par un courrier du 23 septembre 2020. Ainsi qu'il résulte des dispositions citées aux points 5 et 6, l'absence de communication spontanée du rapport de l'inspectrice du travail du 20 juillet 2020, est sans incidence sur la régularité de la procédure. De même, à supposer que la société fasse référence à ce rapport, la société requérante ne peut utilement invoquer l'absence de communication de l' " entier dossier ", demandée à l'occasion de son recours gracieux, pour contester la sanction prononcée à son encontre. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure doivent être écartés.

9. En deuxième lieu, il ressort de la combinaison des articles L. 4751-1 et L. 8115-5 du code du travail, citées au point 4, que la décision infligeant une sanction administrative, sur le fondement de l'article L. 4752-1 du code du travail doit être motivée. Aux termes de l'article L. 411-5 de ce code : " La décision rejetant un recours administratif dirigé contre une décision soumise à obligation de motivation en application des articles L. 211-2 et L. 211-3 est motivée lorsque cette obligation n'a pas été satisfaite au stade de la décision initiale. / () ".

10. La décision du 30 décembre 2020 du DIRECCTE des Hauts-de-France énonce les constats effectués par les agents de contrôle de l'inspection du travail à l'occasion des contrôles des 29 mai 2020 et 23 juin 2020, et relate les différents échanges avec la société intéressée, rappelés au point 1. Elle en conclut que la société requérante a poursuivi les travaux de pose de couvertines qui avaient été interrompus le 29 mai 2020, sans autorisation préalable de reprise, en méconnaissance des articles R. 4731-4 à R. 4731-6 du code du travail, et qualifie ces faits de manquements aux articles R. 4731-1 et suivants du code du travail, pris en application, notamment, de l'article L. 4731-1 du code du travail. En outre, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée, que pour prononcer la sanction administrative en cause et le montant de l'amende, le DIRECCTE a pris en compte les circonstances et la gravité du manquement ainsi que le comportement de son auteur et relevait l'absence de communication, de la part de la société requérante, d'informations quant à ses ressources et à ses charges. Ainsi, la décision attaquée énonce les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement, permettant à la société requérante de la contester utilement. Dès lors, l'administration n'ayant pas eu à se prononcer au vu de circonstances de fait ou de droit nouvelles la société requérante ne peut utilement contester le caractère suffisant de la motivation de la décision implicite prise sur son recours gracieux, qui lui a été communiquée le 12 mai 2021. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

11. En troisième lieu, il résulte tant du courriel du 3 juin 2020 de M. C, du courrier du 21 juillet 2020 de l'entreprise et de ses observations du 23 septembre 2020, que celle-ci avait bien connaissance du bâtiment concerné par l'arrêt temporaire de travaux du 29 mai 2020 par l'inspection du travail : le bâtiment Pierre et Marie Curie. Par ailleurs, elle produit une attestation de M. C, directeur de travaux présent sur les lieux lors du contrôle, selon laquelle l'arrêt de travaux ne concernait pas le bâtiment Bell, ce dernier étant simplement le lieu où il s'est vu remettre, par les agents de contrôle, la décision d'arrêt temporaire des travaux de pose de couvertines. Ainsi, les travaux de pose de couvertines ont été temporairement arrêtés sur le bâtiment Pierre et Marie Curie du chantier de réhabilitation situé rue Guérin à Douai. Si la société requérante affirmait, dans son courrier du 21 juillet 2020, ne pas avoir procédé à une reprise des travaux interrompus sur le bâtiment Pierre et Marie Curie, elle produit une attestation de M. B, chef de chantier, dont il ressort que les travaux de pose de couvertines, c'est-à-dire ceux désignés par la décision d'arrêt temporaire des travaux, ont été poursuivis sur le bâtiment Pierre et Marie Curie, le 16 juin 2020, avant toute décision d'autorisation de reprise des travaux. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à la matérialité des faits doit être écarté.

12. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il résulte de l'instruction que les inspectrices du travail ont constaté, le 23 juin 2020, que les travaux de pose de couvertines sur le bâtiment Pierre et Marie Curie, arrêtés temporairement le 29 mai 2020, avaient été entièrement effectués sans que la société Luc Daniel Couverture ait obtenu l'autorisation de leur reprise. La circonstance que, par courriel du 3 juin 2020, M. C ait indiqué à l'inspectrice du travail que " le solde des couvertines à poser [sur le bâtiment Pierre et Marie Curie] sera réalisé à l'aide d'une nacelle articulée téléscopique en pied de Bâtiment avec grille HERAS de protection ", à supposer que cette mention constitue une demande de reprise des travaux, est sans incidence sur la matérialité du non-respect de la décision de l'inspection du travail prise en application de l'article L. 4731-1 du code du travail. Par ailleurs, il ne résulte d'aucune disposition, y compris dans le contexte particulier lié à la crise sanitaire de la covid-19, que l'autorisation de reprise des travaux puisse être tacite. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à l'existence d'une situation de reprise non autorisée des travaux interrompus doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 30 décembre 2020 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi des Hauts-de-France a prononcé à son encontre une amende d'un montant de 10 000 euros pour non-respect d'une décision temporaire d'arrêt des travaux et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Hauts-de-France, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la société Luc Daniel Couverture est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Luc Daniel Couverture et au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2105399

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