mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | DECAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2021, l'association Au Pas de Cal'Anes, représentée par Me Decat, demande au tribunal :
1°) de condamner le département du Pas-de-Calais à lui verser la somme de 1 840 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 mai 2021, avec capitalisation des intérêts à compter de cette date, en réparation du préjudice matériel subi du fait des agissements d'un mineur confié à la garde de cette collectivité ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les faits commis par M. A, mineur placé dans son établissement et dont le département était le gardien, sont établis par le rappel à la loi effectué le 14 décembre 2020 ;
- la responsabilité du département du Pas-de-Calais, qui avait la garde de ce mineur confié à l'aide sociale à l'enfance, est engagée, même sans faute ;
- les dommages, matériel et moral, non pris en charge par une assurance, justifient une indemnité globale de 1 840 euros.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 12 juillet 2022, département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- par les pièces qu'elle produit, l'association Au Pas de Cal'Anes n'établit pas que les dégradations dont elle se prévaut, autres que celles sur les murs du foyer, ont été commises par M. A ;
- le chiffrage réalisé par ses soins n'a aucune valeur probante ;
- s'agissant des dommages aux murs, l'association requérante ne justifie pas du défaut d'indemnisation de son préjudice par son assurance ;
- l'association requérante a manqué à son devoir de surveillance au moment des faits.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête relatives aux préjudices immobiliers pour défaut d'intérêt à agir, dès lors que la requête précise que l'immeuble appartient à M. D.
Par ordonnance du 21 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fougères, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. Fougères, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, alors mineur pour être né le 20 juin 2001, a bénéficié d'une mesure de placement, par décision du juge des enfants C, auprès de l'aide sociale à l'enfance du département du Pas-de-Calais. Il a, dans ce cadre, été confié à l'association " Au Pas de Cal'Anes ", gérant un lieu de vie et d'accueil situé sur la commune de Le Ponchel (62) à compter du 6 avril 2016. Toutefois, il a été mis en examen le 9 décembre 2019 par le juge des enfants C pour des faits de destruction de biens destinés à l'utilité publique commis du 1er au 18 juin 2016 au préjudice de l'association " Au Pas de Cal'Anes " à Le Ponchel, avant de faire l'objet d'un rappel à la loi le 14 décembre 2020 par le procureur de la République près le tribunal judiciaire C. Par courrier reçu le 3 mai 2021, l'association Au Pas de Cal'Anes a sollicité du président du département du Pas-de-Calais l'indemnisation de ses préjudices, sans obtenir de réponse. Par la présente requête, l'association Au Pas de Cal'Anes demande la condamnation du département du Pas-de-Calais à l'indemniser des préjudices matériels qu'elle a subis du fait des agissements commis par M. A.
Sur les conclusions principales :
2. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : 1° Les mineurs qui ne peuvent demeurer provisoirement dans leur milieu de vie habituel et dont la situation requiert un accueil à temps complet ou partiel, modulable selon leurs besoins, en particulier de stabilité affective, ainsi que les mineurs rencontrant des difficultés particulières nécessitant un accueil spécialisé, familial ou dans un établissement ou dans un service tel que prévu au 12° du I de l'article L. 312-1 ; () 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil, des articles 375-5, 377, 377-1, 380, 411 du même code () ". La décision par laquelle le juge des enfants confie la garde d'un mineur, dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative prise en vertu des articles 375 et suivants du code civil, à l'une des personnes mentionnées à l'article 375-3 du même code, transfère à la personne qui en est chargée la responsabilité d'organiser, diriger et contrôler la vie du mineur. En raison des pouvoirs dont le département se trouve ainsi investi lorsque le mineur a été confié à un service ou établissement qui relève de son autorité, sa responsabilité est engagée, même sans faute, pour les dommages causés aux tiers par ce mineur ; cette responsabilité n'est susceptible d'être atténuée ou supprimée que dans le cas où elle est imputable à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
3. Il est constant que le département du Pas-de-Calais, à qui la garde de M. A avait été confiée à compter du 15 juillet 2015 en vertu de jugements d'assistance éducative du juge des enfants C, était investi, à la date des faits litigieux, de la responsabilité d'organiser, diriger et contrôler la vie de ce mineur à l'époque des faits, alors même qu'à cette période, M. A était accueilli par l'association Au Pas de Cal'Anes dans son établissement de Le Ponchel. Dès lors, la responsabilité sans faute de département du Pas-de-Calais est susceptible d'être engagée à raison des agissements de ce mineur.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A a, comme il a été dit au point 1, été mis en examen puis a fait l'objet, non d'une condamnation mais d'un simple rappel à la loi par le ministère public près le tribunal judiciaire C, dépourvu de l'autorité de chose jugée, pour des faits de destruction de biens destinés à l'utilité publique commis du 1er au 18 juin 2016 au préjudice de l'association " Au Pas de Cal'Anes ". Toutefois, par les pièces qu'elle produit, et notamment une attestation manuscrite datée du 4 novembre 2016, non signée par le représentant légal du mineur, par laquelle M. A reconnaît sa responsabilité " pour les dégradations renseignées sur un dossier photos le 6 juin ", sans autre indication sur la nature de ces dégradations, ni signature du dossier photographique versé aux débats par le mineur et son représentant légal, alors qu'aux termes de son audition par les services de la gendarmerie le 19 septembre 2016, M. A n'a reconnu que des coups de poing et de pieds dans les murs du foyer sans indication sur la localisation précise des éventuelles dégradations occasionnées par ces faits, l'association Au Pas de Cal'Anes, qui ne produit aucune attestation circonstanciée de témoin, ne rapporte pas la preuve de ce que les dommages aux biens mobiliers dont elle sollicite réparation sont en lien avec les faits ayant donné lieu au rappel à la loi et imputables à un mineur dont la garde a été confiée au département du Pas-de-Calais. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de ses préjudices mobiliers.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. A a reconnu lors de son audition du 19 septembre 2016 des coups de poing et de pieds dans les murs du foyer occupé par l'association requérante, sans que la preuve d'un défaut de surveillance de la part de l'association requérante ne soit rapportée, de sorte que le dommage mural au niveau d'une chambre, mentionné en page 6 du dossier photographique produit par l'association requérante et nécessitant la pose d'une plaque de plâtre BA 13, enduit compris, pour un montant de 160 euros hors taxe, soit 176 euros toutes taxes comprises, outre des frais de déplacement pour partie en lien avec ce dommage, doit être regardé comme imputable à M. A, mineur confié au département du Pas-de-Calais. Il ne résulte cependant pas de l'instruction que les autres dommages immobiliers allégués, non reconnus par M. A, notamment au niveau d'une porte-fenêtre et de la cheminée, ou encore les dommages qui seraient consécutifs à des brûlures de cigarettes, seraient imputables à M. A ou à un mineur relevant de la responsabilité du département du Pas-de-Calais.
6. Compte tenu du devis produit par l'association requérante, tandis qu'il ne résulte pas de l'instruction que le dommage mural précité ait été pris en charge par son assureur, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le département du Pas-de-Calais à la somme de 187 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que l'association Au Pas de Cal'Anes est seulement fondée à solliciter la condamnation du département du Pas-de-Calais à lui payer la somme de 187 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
8. La somme allouée à l'association Au Pas de Cal'Anes sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 mai 2021, date de réception de sa demande préalable. Les intérêts échus à la date du 3 mai 2022 à minuit, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates afin de produire eux-mêmes intérêts.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du département du Pas-de-Calais une somme de 800 euros au titre des frais exposés par l'association Au Pas de Cal'Anes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le département du Pas-de-Calais est condamné à verser à l'association Au Pas de Cal'Anes la somme de 187 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 mai 2021. Les
intérêts échus à la date du 3 mai 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le département du Pas-de-Calais versera à l'association Au Pas de Cal'Anes la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Au Pas de Cal'Anes et au département du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
V. FOUGÈRES
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026