jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2021, M. et Mme E et C A, représentés par la SCP Bignon-Lebray, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mai 2021 par laquelle le maire d'Auchy-Lez-Orchies a refusé d'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine séance du conseil municipal l'abrogation partielle du plan local d'urbanisme de la commune ainsi que sa révision ;
2°) d'enjoindre au maire d'Auchy-Lez-Orchies d'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine séance du conseil municipal l'abrogation partielle du plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'il classe les parcelles B 0323, B 0335, B 0336, B 0878, B 1 274, B 1 277, B 1281 en zone agricole ainsi que sa révision aux fins de classer lesdites parcelles en zone à urbaniser ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Auchy-Lez-Orchies la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 11 mai 2021 n'est pas suffisamment motivée ;
- le classement en zone agricole des parcelles en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2021, la commune d'Auchy-Lez-Orchies, représentée par la SELARL Ressources Publiques Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public ;
- les observations de Me Mercier, représentant M. et Mme A ;
- les observations de Me Marcilly, représentant la commune d'Auchy-Lez-Orchies.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 octobre 2019, le conseil municipal
d'Auchy-Lez-Orchies a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune.
Le 2 avril 2021, M. et Mme A ont sollicité l'inscription à l'ordre du jour du prochain conseil municipal l'abrogation de ce document en tant qu'il classe leurs parcelles cadastrées B 0323, B 0335, B 0336, B 0878, B 1 274, B 1 277 et B 1281 en zone agricole ainsi que sa révision afin de classer lesdites parcelles en zone à urbaniser. Par une décision du 11 mai 2021, le maire d'Auchy-Lez-Orchies a refusé de faire droit à leur demande. Par la requête susvisée, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ne résulte d'aucun principe ni d'aucune disposition législative ou réglementaire que la décision par laquelle le maire d'une commune refuse d'inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal la question de l'abrogation et de la révision du plan local d'urbanisme et par suite refuse d'abroger ou de réviser un tel document à caractère réglementaire, doive être motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée ne peut, par suite, qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code, " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". L'article R. 151-22 dudit code dispose que " Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
4. D'une part, il résulte des articles L. 151-5, L. 151-9 et R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
5. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment des orientations retenues dans le plan d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme litigieux, que la communauté d'Auchy-Lez-Orchies a entendu, d'une part, préserver la zone agricole existante et limiter la consommation de l'espace, en comblant notamment les dents creuses situées dans le centre du village. En outre, le rapport de présentation expose que le plan local d'urbanisme doit préserver, valoriser et développer les reliquats de vergers qui ceinturent les poches urbaines et cadrent l'urbanisation linéaire. En l'espèce, les parcelles dont les requérants contestent le classement en zone agricole forment une unité foncière de 2,8 hectares d'un seul tenant et bordée sur trois de ses quatre côtés par la zone urbaine du centre-village et jouxtent de nombreuses maisons d'habitation. Toutefois, les parcelles en litige sont vierges de toute construction et si cette ancienne peupleraie n'est plus exploitée, elle n'est pas pour autant, au regard de ses dimensions et de sa configuration consistant en un rectangle de 300 mètres sur 90 mètres dans ses parties les moins larges, dépourvue de tout potentiel agricole. En outre, son flanc nord ouvre vers un secteur agricole composé de champs dépourvus de construction. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, les parcelles litigieuses, eu égard à leur superficie globale et à leur largeur supérieure à 90 mètres, ne peuvent être regardées comme constituant au sein de la zone urbaine une " dent creuse " dès lors que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme mentionne que celles-ci peuvent avoir une largeur maximale d'une cinquantaine de mètres. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les besoins de la commune en extension urbaine identifiés par le rapport de présentation du plan local d'urbanisme se limitaient à 2,1 hectares, soit une surface inférieure à celle du terrain des requérants. Dans ces conditions, eu égard aux partis d'urbanisme retenus et en dépit de ce qu'elles seraient desservies par les réseaux d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et par la voie publique, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant les parcelles en litige en zone agricole.
7. En troisième lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Auchy-Lez-Orchies, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Auchy-Lez-Orchies et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune d'Auchy-Lez-Orchies la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E et C A et à la commune d'Auchy-Lez-Orchies.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026