lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 juillet 2021 et le 1er septembre 2022, M. C A, représenté par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Tourcoing l'a maintenu en disponibilité d'office pour la période du 23 février 2021 au 22 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tourcoing la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il ne comporte pas la mention du prénom de son signataire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est insuffisamment motivé en fait et en droit, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de consultation préalable de la commission de réforme, consultation pourtant prescrite par les articles 4 et 38 du décret n° 87-602 ; aucune expertise médicale n'a par ailleurs été diligentée pour constater son inaptitude à l'exercice de ses fonctions ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il était apte à reprendre son activité, comme l'établissent l'avis rendu par le comité médical le 12 février 2021 et sa reprise effective d'activité à compter du mois de mai 2021 ;
- il est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commune, qui y était tenue, s'est abstenue de lui proposer un reclassement.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2021, la commune de Tourcoing, représentée par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 2 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 septembre 2022.
Par une décision du 27 septembre 2021, la demande présentée par M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guilmain, représentant la commune de Tourcoing.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, adjoint technique territorial, a été employé en qualité de concierge du complexe sportif Léo Lagrange par la commune de Tourcoing à compter du 1er octobre 2006. Il a été placé en congé de longue durée du 14 décembre 2012 au 13 décembre 2017. M. A a repris son activité le 15 décembre 2017 et a été affecté sur un poste d'agent d'entretien en crèche. M. A a de nouveau bénéficié d'un congé de maladie ordinaire du 23 février 2018 au 22 février 2019. Par un arrêté du 2 octobre 2019, la commune de Tourcoing a placé son agent en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée d'un an pour la période du 23 février 2019 au 22 février 2020. Par un arrêté du 29 février 2020, la commune a maintenu M. A en disponibilité d'office pour une durée d'un an, soit pour la période du 23 février 2020 au 22 février 2021. Enfin, par un arrêté du 21 mai 2021, le maire de la commune de Tourcoing a renouvelé la disponibilité d'office de M. A pour la période du 23 février au 22 juin 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : () f) La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement () ". Selon l'article 17 du même décret : " () Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable (), il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme () ". Aux termes de l'article 38 du même texte : " La mise en disponibilité visée aux articles 17 et 37 du présent décret est prononcée après avis du comité médical () ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'agent a épuisé ses congés de maladie mentionnés à l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 précité, il peut notamment être placé en disponibilité, prononcée d'office, pour raison de santé. Toutefois, l'agent ne peut être placé d'office en position de disponibilité pour maladie qu'après que l'avis du comité médical départemental a été recueilli sur son inaptitude à reprendre ses fonctions et qu'à la condition qu'il soit inapte à une telle reprise.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été placé en congé de maladie ordinaire du 23 février 2018 au 22 février 2019. A l'épuisement de ces droits à congé de maladie, il a été placé en disponibilité d'office pour la période du 23 février 2019 au 22 février 2020. Cette disponibilité d'office a été renouvelée pour un an, du 23 février 2020 au 22 février 2021, puis par l'arrêté attaqué du 21 mai 2021, pour la période du 23 février au 22 juin 2021. Toutefois, par un avis du 12 février 2021, antérieur à la décision attaquée et à l'expiration de la précédente période de disponibilité d'office de M. A, le comité médical départemental s'est prononcé défavorablement sur l'inaptitude définitive et totale de l'agent à toute fonction et favorablement à sa réintégration sous réserve d'un changement d'affectation. Si la commune de Tourcoing pouvait, à la suite de cet avis, maintenir M. A en disponibilité, un tel maintien n'était possible qu'à la condition d'être conservatoire, dans l'attente de pouvoir lui proposer un poste correspondant à son grade. Or, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni de ceux du courrier que la commune a adressé à son agent le 31 mars 2021 qu'elle aurait entendu tenir compte de l'aptitude de l'intéressé à reprendre ses fonctions en le maintenant en disponibilité à titre provisoire, et il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le poste d'agent d'accueil au conservatoire, sur lequel M. A a été effectivement affecté à compter du 18 mai 2021, était vacant à la date d'édiction de la décision attaquée. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le maire de la commune de Tourcoing a commis une erreur de droit en le maintenant en disponibilité d'office pour la période du 23 février au 22 juin 2021.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Tourcoing l'a maintenu en disponibilité d'office pour la période du 23 février au 22 juin 2021.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Tourcoing demande au titre frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens. Par ailleurs, M. A n'a pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, toutefois, de mettre à la charge de la commune de Tourcoing le versement à M. A de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Tourcoing a renouvelé le placement de M. A en disponibilité d'office pour raison de santé est annulé.
Article 2 : La commune de Tourcoing versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Tourcoing sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Tourcoing.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
N. B
La présidente,
signé
A-M. LEGUINLa greffière,
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026