vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2021, Mme A B, représentée par Me Michaël Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) d'annuler " la décision du 4 avril 2020 en tant qu'elle refuse son inscription en master 2 études slaves, retire son admission du 22 août 2019 et refuse de lui délivrer son diplôme de master 1 ainsi que celle rejetant implicitement son recours gracieux " ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Lille une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une absence de motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle ne comporte ni les nom et prénom, ni la qualité de son auteur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle aurait dû bénéficier du système de compensation prévue par les dispositions des articles 4.3, 4.4.1 et 4.4.3.1 du règlement des études ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où elle avait sa place en master 2 eu égard aux notes qu'elle a obtenu en master 1.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022 et un mémoire non communiqué, enregistré le 8 novembre 2023, l'université de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête, présentée hors délai, est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance en date du 24 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 novembre 2023 à 14 heures.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2021 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Babski,
- et les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, inscrite en master 1 Etudes slaves au sein de l'Université de Lille au cours de l'année 2018/2019, a été destinataire d'un relevé de notes et de résultats du 22 août 2019 la déclarant admise, mention bien, avec une moyenne de 14,625 sur 20. Par un courriel du 12 septembre 2019, le gestionnaire pédagogique du Pôle Masters de la faculté de langues, littératures et civilisations étrangères (LLCE) l'a informée que son relevé de notes comportait une erreur dès lors qu'il portait la mention " admis " concernant l'UE 6 " Pratique de la langue et mémoire " alors qu'elle ne l'avait pas validé et qu'elle devait, dès lors, se réinscrire en master 1 pour l'année universitaire 2019-2020 pour refaire son mémoire et valider son semestre 2. Par une délibération du 9 octobre 2019, le jury de master Langues et société a déclaré l'intéressée défaillante. Ayant constaté, le 4 avril 2020, que son relevé de notes avait été rectifié, la déclarant ainsi désormais défaillante, Mme B a formé un recours gracieux le 12 octobre 2020, auprès du président de l'université de Lille. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions, révélées par le relevé de notes édité le 4 avril 2020, portant refus d'inscription en master 2, retrait de son admission en master 1et refus de délivrance de son diplôme de master 1 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Mme B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées dès lors que les décisions attaquées, révélées par le relevé de notes et résultats édité le 4 avril 2020, n'ont pas été formalisées. Par suite, ce moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Selon l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration du délai de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. Mme B, n'ayant pas demandé à l'université de Lille les motifs des décisions révélées par le relevé de notes et résultats édité le 4 avril 2020, ne peut utilement se plaindre d'un défaut de motivation de celles-ci. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être rejeté.
6. En troisième lieu, Mme B soutient qu'elle aurait dû bénéficier de la mise en œuvre de la compensation semestrielle, pour son unité d'enseignement (UE) 6 pour laquelle elle a obtenu la note de 8,5 sur 20, telle que prévue au point 4.4.3.1 du règlement des études 2019-2020. Toutefois, comme le fait valoir à juste titre l'université de Lille en défense, le règlement des études, applicable en l'espèce, était celui correspondant à l'année universitaire 2018-2019. Or, selon les dispositions du point 4 de ce règlement consacré au règlement des études du master langues et sociétés, et notamment son paragraphe 1, dédié aux règles de progression : " Pour réussir le semestre, l'étudiant doit valider chaque UE séparément (en obtenant une note égale ou supérieure à 10/20), les UE ne se compensant pas au sein d'un même semestre. Pour réussir l'année (M1 ou M2), l'étudiant doit valider les deux semestres, pair et impair, séparément (en obtenant une note égale ou supérieure à 10/20). Les deux semestres d'une même année ne se compensent pas entre eux. ". Ainsi, le règlement ne prévoyant pas de compensation entre les UE et la requérante ayant obtenu la note de 8,5/20 à l'UE 6, elle ne pouvait, dès lors, être déclarée admise en master 1. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'université de Lille a commis une erreur de droit en refusant de lui accorder une compensation.
7. En dernier lieu, l'université de Lille n'a pas, contrairement à ce qui est soutenu par la requérante, commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant son inscription en master 2, ce refus n'étant fondé que sur l'examen de ses seuls mérites et notamment sur l'absence de validation de son année de master 1, qui faisait ainsi juridiquement obstacle à son inscription en master 2.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'université de Lille, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Lille, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'université de Lille et à Me Michaël Bouhalassa.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. BABSKI
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026