mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2021, M. B A doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise le 4 juin 2021 par Pôle emploi à son encontre, portant sur un indu d'allocation spécifique de solidarité d'un montant total de 5 031,25 euros, incluant les frais de 4,85 euros, à la charge du débiteur en vertu de l'article L. 111-8 du code des procédures civiles d'exécution.
Il soutient que :
- les décisions lui notifiant un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique ne lui ont pas été notifiées ;
- l'indu d'allocation de solidarité spécifique n'est pas fondé dès lors qu'il s'est présenté à plusieurs entretiens avec Pôle emploi, qu'il a transmis ses déclarations mensuelles et les documents de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales concernant la création de son entreprise le 12 février 2018 ; aucun dysfonctionnement ne lui a alors été signifié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, Pôle emploi, représenté par Me Zimmermann, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 900 euros soit mise à la charge de M. B A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'indu notifié à M. A est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Bruneau, conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 31 mai 2016 et bénéficiaire de l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter du 31 mai 2017 pour une durée de 365 jours, a bénéficié à compter du 31 mai 2018 de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour une période de six mois et renouvelée jusqu'au 31 mars 2019. Le directeur de l'agence Pôle emploi de Villeneuve d'Ascq lui a notifié, par un courrier du 16 février 2021, un indu d'ASS, correspondant à des versements pour la période allant du 31 mai 2018 au 31 mars 2019, d'un montant de 5 026,40 euros. Par un courrier du 26 avril 2021, Pôle emploi a mis en demeure M. A de rembourser sa dette. En l'absence de paiement, le directeur de Pôle emploi a émis, le 4 juin 2021, une contrainte afin de recouvrer la somme de 5 026,40 euros correspondant à cet indu, à laquelle s'ajoutent des frais de 4,85 euros portant le montant total à 5 031,25 euros, qui lui a été signifiée par voie d'huissier le 7 juillet 2021. Par sa requête, M. A doit être regardé comme formant opposition à cette contrainte.
Sur l'opposition à contrainte :
2. Aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d'emploi, ceux dont le contrat de travail a été rompu conventionnellement (), aptes au travail et recherchant un emploi, ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Selon les dispositions de l'article L. 5421-2 du même code : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : / 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre I ; / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre II () ".
3. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 5426-22 du même code : " Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur général de Pôle emploi ordonnant le reversement d'un indu de prestations n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle emploi dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent.
5. Il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de solidarité spécifique en cause a pour origine l'absence de déclaration par M. A de son activité professionnelle non salariée en tant qu'entrepreneur individuel sur la période allant de mai 2017 à mars 2019. M. A ne conteste pas avoir créé son entreprise le 11 janvier 2018 et bénéficié pendant la période litigieuse de l'ASS. Il résulte également de l'instruction, et contrairement aux dires du requérant, qu'il lui a été demandé à plusieurs reprises, notamment par un courriel du 12 juillet 2018, lors d'un entretien du 8 mars 2019, et par un courrier du 22 mars 2021, de justifier de son activité professionnelle. Si, pour contester le bien-fondé de la contrainte litigieuse, M. A soutient qu'il a déclaré à Pôle emploi son activité professionnelle et qu'il a communiqué ses ressources, l'intéressé ne justifie cependant pas de l'exercice d'un recours administratif préalable contre la décision du 16 février 2021 lui notifiant l'indu d'ASS, alors même qu'elle mentionnait les voies et délais de recours. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement invoquer devant le tribunal des moyens tirés de l'absence de bien-fondé de l'indu à l'origine de la contrainte litigieuse émise le 4 juin 2021. Au demeurant, dès lors qu'il est constant que les montants dont M. A a bénéficié pendant la période litigieuse ne lui étaient pas dus, les versements opérés à tort par l'opérateur, ont pu valablement fonder la décision de récupération d'indu d'ASS notifiée à l'intéressé par Pôle emploi. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à former opposition à la contrainte émise le 4 juin 2021 à son encontre. La requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
La magistrate désignée,
signé
M. C
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026