mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUBRULLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 juillet 2021, le 21 décembre 2022 et le 17 février 2023, M. et Mme B A, représentés par Me Jean-Baptiste Dubrulle, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision d'opposition à déclaration préalable du 3 juin 2021 du maire d'Audinghen ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Audinghen la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté du 3 juin 2021 constitue le retrait illégal d'une décision tacite de non-opposition ;
- le projet consiste en la réfection d'un bâtiment existant, il doit donc être autorisé au titre des aménagements légers prévus à l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne porte pas atteinte à la qualité du site.
Par des mémoires en défense enregistrés le 8 novembre 2022, le 14 janvier 2023 et le 19 mars 2023, la commune d'Audinghen, représentée par Me Pierre Etienne Bodart, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et, subsidiairement, que le projet pouvait faire l'objet d'une opposition pour les motifs tirés de ce qu'il méconnait l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et qu'il nécessitait le dépôt d'une demande de permis de construire.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 avril 2023 à 12 heures par une ordonnance du 21 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Perrin,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bodart représentant la commune d'Audinghen.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B A sont propriétaires des terrains cadastrées AE 217 et 218 situés 119 chemin départemental dit " rue du Musée " à Audinghen. Ils ont déposé le 8 avril 2021 une déclaration préalable portant sur des travaux de changement des menuiseries, de réfection de l'étanchéité de la toiture et de pose d'un système d'assainissement individuel sur un bâtiment existant. Par un arrêté du 3 juin 2021, le maire s'est opposé à cette déclaration. Par la présente requête, M. et Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 3 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables () " et aux termes de l'article R. 423-24 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : / a) Lorsque le projet est soumis, dans les conditions mentionnées au chapitre V, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par d'autres législations ou réglementations que le code de l'urbanisme () ". Enfin aux termes de l'article R. 425-30 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France. ". Il résulte de ces dispositions que l'auteur d'une déclaration préalable ou d'une demande de permis est réputé être titulaire d'une décision de non-opposition ou d'un permis tacite si aucune décision ne lui a été notifiée avant l'expiration du délai réglementaire d'instruction de son dossier.
3. Le délai d'instruction de la déclaration déposée par M. et Mme A, pour des travaux portant sur un bâtiment qui se situe dans le site inscrit du cap Gris-Nez, était de deux mois en application des dispositions précitées du code de l'urbanisme. La décision contestée du 3 juin 2021 est intervenue avant l'expiration de ce délai.
4. Si le courrier adressé aux pétitionnaires le 22 avril 2021 à la suite du dépôt de leur déclaration mentionnait sur sa deuxième page que la demande serait acceptée à défaut de réponse dans le délai d'un mois, il précisait néanmoins à la première page, sous l'encadré intitulé : " modification du délai d'instruction ", que le projet situé dans le site inscrit des caps Blanc-Nez et Gris-Nez nécessitait l'avis de l'architecte des Bâtiments de France et que son délai d'instruction était en conséquence de deux mois. Il mentionnait également que ce délai de deux mois à compter du dépôt de la demande " annule et remplace " le délai d'un mois mentionné dans le récépissé de demande. Dans ces conditions, aucune décision tacite de non-opposition n'était née à la date du 3 juin 2021 à laquelle le maire s'est opposé à la déclaration préalable. La mention erronée présente sur la deuxième page du courrier du 22 avril 2021, contradictoire avec les précédentes indications, n'a pu avoir pour effet de rendre les pétitionnaires titulaires d'une décision tacite avant l'expiration du délai d'instruction légalement applicable.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. " et aux termes de l'article L. 121-24 du même code : " Des aménagements légers, dont la liste limitative et les caractéristiques sont définies par décret en Conseil d'Etat, peuvent être implantés dans ces espaces et milieux lorsqu'ils sont nécessaires à leur gestion, à leur mise en valeur notamment économique ou, le cas échéant, à leur ouverture au public, et qu'ils ne portent pas atteinte au caractère remarquable du site. ". Enfin aux termes de l'article R. 121-5 du même code : " Seuls peuvent être implantés dans les espaces et milieux mentionnés à l'article L. 121-24, dans les conditions prévues par cet article, les aménagements légers suivants, à condition que leur localisation et leur aspect ne dénaturent pas le caractère des sites, ne compromettent pas leur qualité architecturale et paysagère et ne portent pas atteinte à la préservation des milieux : / () / 3° La réfection des bâtiments existants et l'extension limitée des bâtiments et installations nécessaires à l'exercice d'activités économiques ; / () / Les aménagements mentionnés aux 1°, 2° et 4° et les réfections et extensions prévues au 3° du présent article doivent être conçus de manière à permettre un retour du site à l'état naturel. ".
6. En adoptant les dispositions de l'article L. 121-24 du code de l'urbanisme, le législateur a entendu déroger à l'interdiction de construction dans les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques posée par l'article L. 121-23 du même code, en déterminant les conditions dans lesquelles des aménagements légers peuvent être implantés dans ces espaces ou milieux. Il résulte par ailleurs de la combinaison des dispositions des articles L. 121-24 et R. 121-5 du code de l'urbanisme que les équipements légers énumérés ne pourront être implantés dans les espaces et milieux mentionnés à l'article L. 121-23 du même code que s'ils respectent l'ensemble des conditions prévues à l'article L. 121-24 de ce code, et notamment s'ils sont nécessaires à leur gestion, à leur mise en valeur notamment économique ou, le cas échéant, à leur ouverture au public.
7. Le projet litigieux se situe à l'intérieur du site inscrit des caps Blanc-Nez et Gris-Nez et en limite du site classé des mêmes caps. Il n'est pas contesté qu'il constitue un espace remarquable du littoral au sens des dispositions précitées. Si les requérants font valoir que les aménagements refusés peuvent recevoir le qualificatif d'aménagements légers au sens des dispositions de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, ils n'établissent ni même n'allèguent au demeurant que ces aménagements, qui visent à rendre habitable pour un usage privatif une construction existante, seraient nécessaires à la gestion, à la mise en valeur économique ou encore à l'ouverture au public de l'espace remarquable dans lequel ils prennent place. Par suite, c'est à bon droit que le maire d'Audinghen s'est opposé à leur déclaration préalable au motif que les travaux envisagés ne faisaient pas partie des occupations du sol admises par l'article L. 121-24 du code de l'urbanisme.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2021 par lequel le maire d'Audinghen s'est opposé à leur déclaration préalable.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Audinghen, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A le versement à la commune d'Audinghen de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront la somme de 1 500 euros à la commune d'Audinghen au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et à la commune d'Audinghen.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Perrin, premier conseiller,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
D. PERRINLa présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026