jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | THOOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2021 et le 12 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Thoor, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite par laquelle le maire de la commune de Leers ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société Cellnex France pour le déplacement de trois antennes existantes et l'ajout de trois nouvelles antennes supplémentaires nouvelle génération, ensemble la décision du 2 juin 2021 par laquelle ce dernier a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Leers la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- le pétitionnaire ne peut être identifié précisément ;
- le projet méconnait les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal applicable à la zone agricole ;
- le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de construire en application des dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnait les dispositions de la Charte métropolitaine des antennes-relais de téléphonie mobile et de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des télécommunications.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, la commune de Leers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 4 novembre 2021 et le 29 juillet 2022, la société Cellnex France, représentée par Me Bon-julien, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société Axione qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Thoor, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Leers ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société Cellnex France pour le déplacement de trois antennes existantes et l'ajout de trois nouvelles antennes supplémentaires nouvelle génération, ainsi que la décision du 2 juin 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours tendant à l'annulation d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, sans pour autant exiger du requérant qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de son recours. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet.
4. Il ressort des pièces du dossier que les travaux en litige consistent uniquement à déplacer trois antennes existantes et en ajouter trois nouvelles sur un support de 35 mètres de hauteur, hors paratonnerre, déjà existant. Si ce projet conduit à la modification de l'aspect extérieur de l'installation en place, il n'a pas pour effet de modifier la hauteur du pylône support qui est implanté depuis plusieurs années à l'arrière d'un bâtiment industriel d'une hauteur de 31 mètres. Il apparaît en outre que seule la partie supérieure de l'installation est visible depuis la propriété de M. B, située à cent mètres du projet en litige et séparée du terrain d'assiette par plusieurs parcelles et bâtiments, l'intéressé ne pouvant, dans ces circonstances, être regardé comme un voisin immédiat du projet. Si le requérant allègue de l'existence d'un préjudice visuel en ce que la largeur du nouvel ensemble serait plus importante que celle de l'existant, il n'établit pas en quoi la modification extérieure de l'installation est de nature à affecter directement les conditions d'utilisation, d'occupation ou de jouissance de son bien alors qu'il est constant qu'il dispose déjà d'une vue sur les antennes à remplacer. Par ailleurs, si M. B se prévaut également d'un risque sanitaire dû aux ondes électromagnétiques émanant des antennes 5G qui seront installées, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'équipement projeté ne respecterait pas les normes édictées par les pouvoirs publics en matière d'émission et de réception d'ondes électromagnétiques par les dispositifs de radiotéléphonie ni qu'en l'état des connaissances scientifiques actuelles, l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques émis par l'installation envisagée comporte un risque pour la santé humaine. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas de son intérêt pour agir et la fin de non-recevoir opposée par la société Cellnex France doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre fin de non-recevoir soulevée par la société Cellnex France, que la requête de M. B doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Leers, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la société Cellnex France au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Cellnex France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Leers, à la société Cellnex France et à la société Axione.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERE
Le président
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026