mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET INDIVIDUEL DIMITRI DEREGNAUCOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 août 2021, 25 juillet et 24 octobre 2023, la société civile immobilière (SCI) Les Préos, représentée par Me Deregnaucourt, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de l'autoriser à déplacer un poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau immatriculé H62125-1300, situé à Beuvrequen ;
2°) d'annuler la décision implicite du 28 juin 2021 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande tendant au déplacement de ce même poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la décision implicite contestée n'est pas une décision confirmative ;
- l'arrêté du 16 mars 2021 est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 2 septembre 1976, lequel porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété garanti par l'article 1er du protocole n° 1 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 544 du code civil, et crée une rupture d'égalité de traitement entre les citoyens en violation des dispositions de l'article 1er de la Constitution du 4 octobre1958 et de l'article 1er de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- l'arrêté du 16 mars 2021 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le déplacement du poste fixe sollicité contribue à assurer des meilleures conditions de sécurité et qu'il n'aurait pas d'incidence négative sur la faune et la flore ;
- la décision implicite du 28 juin 2021 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet du Pas-de-Calais ne pouvait rejeter sa demande pour les mêmes motifs que ceux retenus dans son arrêté du 16 mars 2021, alors qu'elle s'est engagée à neutraliser le poste fixe H62125-593 ;
- la décision implicite contestée est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article R. 424-19 du code de l'environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 juin et 8 août 2023, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que la décision implicite contestée est confirmative de l'arrêté du 16 mars 2021, lequel est devenu définitif.
La clôture d'instruction a été fixée au 10 novembre 2023 par une ordonnance du 26 octobre 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé d'autoriser la SCI Les Préos à déplacer une hutte, présentées dans la requête introductive, dès lors qu'il a été régulièrement notifié le 18 mars 2021.
Des observations, enregistrées le 5 février 2024 ont été produites pour la SCI Les Préos en réponse à ce moyen relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leuliet, substituant Me Deregnaucourt, représentant la SCI Les Préos.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 mars 2021, le préfet du Pas-de-Calais a refusé d'autoriser le déplacement d'un poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau immatriculé H62125-1300, propriété de la SCI Les Préos au motif que la localisation envisagée méconnaissait les dispositions de son arrêté du 2 septembre 1976 modifié portant réglementation de la construction des huttes de chasse en ce qui concerne, d'une part, la distance entre le plan d'eau sur lequel il est envisagé d'édifier l'installation et un autre plan d'eau comportant une installation similaire, et, d'autre part, la distance entre l'installation envisagée et une autre installation similaire située sur le même plan d'eau. Le 28 avril 2021, cette société a de nouveau sollicité de ce préfet le déplacement de ce poste fixe, en faisant valoir qu'elle s'engageait à condamner le second poste de chasse, immatriculé H62125-593, présent sur le même plan d'eau, si l'autorisation de déplacer le poste H62125-1300 lui était délivrée. Cette demande a été implicitement rejetée par une décision née le 28 juin 2021. Par la présente requête, la SCI Les Préos doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté précité du 16 mars 2021 et de la décision implicite de rejet de sa seconde demande, née le 28 juin 2021.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Et, aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. La requérante doit être regardée comme sollicitant dans sa requête introductive l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé le déplacement du poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau n° H62125-1300 dont elle est propriétaire. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle s'est vue notifier cet arrêté, qui comporte la mention des voies et délais de recours, le 18 mars 2021. Le délai de recours contentieux de deux mois était par suite expiré lorsqu'elle a, le 23 août suivant, sollicité l'annulation de cet arrêté. De telles conclusions sont dès lors tardives et ne peuvent qu'être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 juin 2021 :
4. En premier lieu, s'il est soutenu que le préfet du Pas-de-Calais ne pouvait retenir, pour fonder sa décision implicite, les mêmes motifs que ceux retenus dans son arrêté du 16 mars 2021, tenant à la présence d'une autre hutte de chasse en face de l'emplacement projeté pour la nouvelle implantation du poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau n° H62125-1300, dans la mesure où la société demanderesse s'était engagée à la condamner, il n'a toutefois pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en maintenant pour les mêmes raisons son refus dès lors que la seule attestation non circonstanciée et non étayée des représentants de la société Les Préos faisant état de ce que cette hutte serait " neutralisée " après obtention de l'autorisation sollicitée ne pouvait être considérée comme suffisamment probante et engageante.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 424-19 du code de l'environnement : " Tout déplacement d'un poste fixe de chasse de nuit au gibier d'eau déclaré en application de l'article R. 424-17 est soumis à l'autorisation préalable du préfet. / La demande d'autorisation comporte les renseignements mentionnés à ce même article, ainsi qu'une évaluation des incidences sur la faune et la flore sauvages de l'installation du nouveau poste fixe et de la pratique de la chasse de nuit à partir de ce poste. / L'autorisation peut être refusée si le déplacement projeté est susceptible d'avoir une incidence négative sur la faune et la flore sauvages. Ce refus est motivé. / L'installation du nouveau poste fixe est subordonnée à la démolition ou à la désaffectation préalable du poste fixe auquel il se substitue ".
6. Si ces dispositions ne faisaient pas obstacle, comme le soutient la requérante, à la délivrance d'une autorisation conditionnelle ou assortie de prescriptions, elle n'imposait cependant pas au préfet du Pas-de-Calais de faire usage d'un tel pouvoir discrétionnaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit à n'avoir pas délivré une autorisation conditionnelle doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet du Pas-de-Calais née le 28 juin 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SCI Les Préos demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Les Préos est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Les Préos et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La rapporteure,
signé
C. PIOU
La présidente,
signé
A-M. LEGUINLa greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026