jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | INGELAERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2021, Mme B A, représentée par la SELARL Ingelaere et Partners Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date des 22 avril 2021 et 28 avril 2021 par lesquelles le directeur du centre hospitalier de Roubaix a renouvelé son congé de longue durée à plein traitement du 2 juin 2020 au 20 février 2021, puis l'a placée en position de congé de longue durée à demi-traitement du 21 février 2021 au 26 avril 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 29 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Roubaix la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions attaquées sont entachées d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le centre hospitalier de Roubaix conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Par une ordonnance en date du 8 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, infirmière au centre hospitalier de Roubaix, a été placée en position de congé de longue durée à compter du 21 février 2018. Elle demande au tribunal d'annuler les décisions en date des 22 avril 2021 et 28 avril 2021 par lesquelles le directeur du centre hospitalier de Roubaix a renouvelé son congé de longue durée à plein traitement du 2 juin 2020 au 20 février 2021, puis l'a placée en position de congé de longue durée à demi-traitement du 21 février 2021 au 26 avril 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 29 juin 2021.
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. () / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie, le congé ne peut être attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée ". Aux termes de l'article 30 du décret du 19 avril 1988 susvisé, relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, alors en vigueur : " Le bénéficiaire d'un congé de longue maladie ou de longue durée ne peut reprendre ses fonctions à l'expiration ou au cours dudit congé que s'il est reconnu apte, après examen par un spécialiste agréé et avis favorable du comité médical compétent ". Aux termes de l'article 31 de ce décret : " Si, au vu de l'avis du comité médical compétent et, éventuellement, de celui du comité médical supérieur, dans le cas où l'autorité investie du pouvoir de nomination ou l'intéressé juge utile de le solliciter, le fonctionnaire est reconnu apte à exercer ses fonctions, il reprend son activité, éventuellement dans les conditions prévues à l'article 32 ci-après ". Aux termes de l'article 32 de ce décret : " Le comité médical consulté sur la reprise des fonctions d'un fonctionnaire qui avait bénéficié d'un congé de longue maladie ou de longue durée peut formuler des recommandations sur les conditions d'emploi de l'intéressé, sans qu'il puisse être porté atteinte à sa situation administrative ".
3. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le comité médical compétent déclare qu'un fonctionnaire hospitalier bénéficiant d'un congé de longue maladie ou de longue durée est apte à reprendre ses fonctions à condition que son poste soit adapté à son état physique, il appartient à l'autorité administrative de rechercher si un poste ainsi adapté peut être proposé au fonctionnaire. Si l'administration ne peut pas lui proposer un tel poste, le congé se poursuit ou est renouvelé, jusqu'à ce que le fonctionnaire ait épuisé ses droits à congé pour raison de maladie ou ait été déclaré définitivement inapte à exercer ses fonctions.
4. Mme A soutient que les décisions de prolonger son congé de longue durée à plein traitement, puis à demi-traitement, sont entachées d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elles avaient pour seul objet de l'empêcher de reprendre son activité dans des conditions adaptées à son état de santé.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en position de congé de longue maladie à compter du 21 février 2018. L'intéressée a ensuite été placée en position de congé de longue durée à compter du 21 février 2019. Par un avis en date du 20 septembre 2019, le comité médical départemental a donné un avis favorable au renouvellement de son congé de longue durée jusqu'au 13 octobre 2019 et à la réintégration de Mme A à temps partiel thérapeutique à compter du 14 octobre 2019. A la suite de l'examen médical de Mme A, le médecin du travail a précisé le 3 octobre 2019 que la reprise d'activité de l'intéressée nécessitait un poste de jour et fixe, l'absence de nuit et d'heures supplémentaires ou, à défaut, un poste à temps plein avec repos le lendemain. Il est constant que le centre hospitalier de Roubaix a reçu Mme A afin de lui présenter les opportunités de postes aménagés au sein de différents services et que d'autres agents nécessitant également un poste adapté ont été retenus. Le centre hospitalier a alors sollicité le renouvellement du congé de longue durée de Mme A dans l'attente d'un poste adapté à sa réintégration à temps partiel thérapeutique, renouvellement auquel le comité médical départemental a donné un avis favorable le 15 mai 2020. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'en raison de la situation sanitaire liée à l'épidémie de Covid 19, le centre hospitalier de Roubaix s'est trouvé dans l'impossibilité de proposer à Mme A un poste fixe, de jour et ne nécessitant pas la réalisation d'heures supplémentaires. Ainsi, le 16 avril 2021, le comité médical départemental a une nouvelle fois donné un avis favorable au renouvellement de son congé de longue durée à compter du 2 juin 2020 et jusqu'à la date d'une reprise effective à temps plein sur un poste fixe et de journée en liaison avec la médecine préventive. La direction des ressources humaines a alors reçu Mme A pour envisager une reprise du travail dans le respect des recommandations médicales. Lors de cet entretien, Mme A a fait part de l'existence d'une fiche de poste en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes correspondant à son grade et adapté à son état de santé. Dès lors, Mme A a repris son activité professionnelle à compter du 27 avril 2021. Dans ces conditions, par des décisions en date des 22 avril 2021 et 28 avril 2021, le directeur du centre hospitalier de Roubaix a renouvelé le congé de longue durée à plein traitement de Mme A du 2 juin 2020 au 20 février 2021, puis, l'intéressée ne pouvant plus bénéficier d'un congé de longue durée à plein traitement, l'a placée en position de congé de longue durée à demi-traitement jusqu'à la date de sa reprise effective le 27 avril 2021. Dans ces conditions, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions en litige. Ses conclusions à fin d'annulation doivent dès lors, et en tout état de cause, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Roubaix.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
signé
C. COURTOISLe président-rapporteur,
signé
O. LEMAIRE
La greffière,
signé
P. CARPENTIER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026