jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107139 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBRULLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 septembre 2021 et les 28 février 2022 et 22 août 2023, M. D B et Mme C A demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Maing a déclaré non réalisable l'opération envisagée sur la parcelle A 1404 située rue de Cantraine sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Maing de rétablir le libre accès à leur parcelle.
Ils soutiennent que :
- la voie desservant leur propriété peut être empruntée par les engins et véhicules de secours et de lutte contre les incendies ;
- le raccordement de leur parcelle aux réseaux, à leur frais, est faisable ;
- le maire ne peut s'opposer à leur projet pour des motifs tirés de la desserte de la parcelle en cause par les réseaux d'eau et d'assainissement ou bien ayant trait aux obligations liées aux constructions de second rang.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 janvier 2022 et le 1er juin 2023, la commune de Maing, représentée par Me Dubrulle, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B et de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle ne comporte pas de conclusions à fin d'annulation d'une décision ;
- les conclusions tendant au rétablissement de l'accès à leur parcelle sont présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Elle sollicite, en outre, une substitution de motif, le projet méconnaissant les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Valenciennes Métropole relatives à la largeur des accès pour les constructions en second rang.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Hau, substituant Me Dubrulle et représentant la commune de Maing.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. B et Mme A demandent l'annulation du certificat d'urbanisme délivré par le maire de la commune de Maing le 27 juillet 2021, en application des dispositions du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, et par lequel leur projet consistant en la construction d'une maison d'habitation individuelle sur la parcelle A 1404 située rue de Cantraine sur le territoire communal a été déclaré non réalisable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ".
3. En premier lieu, il ressort des termes de l'acte contesté qu'il a été édicté en raison, d'une part, de l'impossibilité pour la commune de déterminer la date à laquelle le terrain d'assiette du projet sera desservi par le réseau public de distribution d'électricité et, d'autre part, de l'atteinte que le projet est susceptible de porter à la sécurité publique en raison de ses conditions de desserte. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire ne peut s'opposer à leur projet pour des motifs tirés de la desserte de la parcelle en cause par les réseaux d'eau et d'assainissement ou bien ayant trait aux obligations liées aux constructions de second rang doit être écarté en tant qu'il est inopérant, le certificat n'ayant pas été pris au vu de tels motifs.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
5. Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient la délivrance d'un certificat d'urbanisme négatif sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
6. En l'espèce, si la parcelle constituant le terrain d'assiette du projet est uniquement desservie par une voie atteignant, à son droit, une largeur de 2,86 mètres, il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration de cette voie ne permet pas aux véhicules de lutte contre l'incendie d'y accéder et que le projet des requérants serait, pour ce seul motif, de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Dans ces conditions, M. B et Mme A sont fondés à soutenir qu'en se fondant sur un tel motif pour leur délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel négatif, le maire de Maing a entaché la décision contestée d'illégalité.
7. Toutefois, pour déclarer le projet des intéressés non réalisable, le maire de la commune de Maing s'est également fondé sur un autre motif.
8. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ".
9. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraint, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement du réseau public de distribution d'électricité et de garantir sa cohérence et son bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Une modification de la consistance de celui-ci ne peut ainsi être réalisée sans l'accord de l'autorité compétente. Il en résulte qu'un certificat d'urbanisme négatif doit être délivré lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité de ce réseau sont nécessaires à la desserte de la construction projetée, et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
10. En l'espèce, le projet de M. B et de Mme A qui tend à la construction d'une maison individuelle relève des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, celles-ci ne trouvant pas à s'appliquer uniquement aux résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs contrairement ce que les requérants font valoir. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis rendu le 6 juillet 2021 par la société Enedis en sa qualité de concessionnaire du réseau public de distribution d'électricité qu'en raison de la distance séparant le réseau existant de la parcelle des intéressés, leur projet implique des travaux d'extension de ce réseau, un simple branchement tel que prévu par la norme NF C 14-100 n'étant pas suffisant. Il nécessite donc une modification de la consistance du réseau public de distribution d'électricité à la charge de la commune de Maing. Celle-ci fait valoir sans être sérieusement contestée qu'elle n'est pas en mesure d'indiquer les délais dans lesquels ces travaux sur le réseau seraient réalisables, la seule circonstance invoquée par les requérants tenant au caractère suffisant d'un branchement d'une capacité inférieure à celle retenue par la société Enedis dans son avis étant sans incidence sur la question de savoir si une extension du réseau est nécessaire. Par ailleurs, l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme mentionné par les requérants ne permet une participation financière du pétitionnaire que pour des travaux de raccordement aux réseaux et non pour des travaux d'extension. Il ne saurait donc trouver à s'appliquer au présent litige. Par suite, le maire de la commune de Maing n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme en indiquant, sur leur fondement, que le projet mentionné dans la demande de certificat d'urbanisme n'est pas réalisable.
11. Il résulte de l'instruction que le maire de Maing aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur ce seul motif.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de faire droit à la demande de substitution de motifs présentée par la commune de Maing dans ses écritures en défense ni de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions de M. B et de Mme A tendant à l'annulation l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Maing leur a délivré un certificat d'urbanisme négatif doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B et Mme A la somme demandée par la commune de Maing au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Maing présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et Mme C A et à la commune de Maing.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
M. LECLERE
Le président,
signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026